‹ MoehlerChapitre 22 sur 27 · I. i:c,i.i^F 3ji · texte numérisé non relu

I. i:c,i.i^F 3ji

Le sens catholique garantit que le chrétien perçoit sans erreur la vérité infaillible.

Comment l'hoiiimt! est- il mis en possession de la vraie doctrine du Sauveur ? ou, pour nous exprimer d'une manière plus générale et en même temps avec plus de justesse : comment l'homme arrive-t-il à la connaissance certaine de l'institution de salut (jui nous est offerte en Jésus ? Le protestant répond : Par riCcriture sainte, quiest infaillible ; le catholitiue dit : Par ri':«,dise, (jui, seule, donne l'intelliorence de l'Kcriture sainte. Sans doute, poursuivent nos maîtres dans la foi, l'I'xriture sainte renferme les communications divines, par consécjuent la vérité pure ; nous supposons même, pour le moment, (ju'elle contient toutes les instructions nécessaires à l'Iiommc. L'Kcritureest donc l'infaillible parole de Dieu ; mais par cela seul tiu'elle porte en elle-même le caractère d'infaillibilité, nous ne sommes pas encore à l'abri de toute erreur. Nous ne le sommes que si nous percevons sans erreur la paroK- (pii en soi est exempte d'erreur. Comment donc sommes-nous certains que nos perceptions sont toute la vérité et rien (pie la vérité ?

Acetégfard, voici ce ciuensei^rne la doctrine catholi(]ue. L'Ksprit de Dieu qui «gouverne et vivifie ri-Vlise, enfante dans l'homme, en s'unissantà lui, un instinct, un tact éminemment chrétien, (|ui le conduit à toute vraie doctrine. L'attache constante à l'organe perpétuel d'apostolat, l'éducation, l'instruction et la vie dans l'I^irlise développent une sorte d'intuition profondément religieuse, un sens propre

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à l.'i i)c:rc('.i)ti()n de l.i Parole écrite, car il répond à rj'Lsprit (lui l'a dictée ; et lorscjue le chrétien la lit avec ce sens, la vérité rêvée passe sans altération essentielle dans son intelligence ; disons mieux, quand il a été ainsi formé par l'apostolat et la culture ecclésiasti(iue, il n'a plus besoin de l'Mcriture pour connaître les enseignements divins.

Telle est la route ordinaire (jui mène à la con- , naissance de la véritable doctrine (i).

La tradition :

sa nécessité pour fixer le canon des Écritures.

La tradition, si nous la considérons dans son sujet, est la parole de Dieu vivant éternellement dans le corps des fidèles ; c'est le sens chrétien existant dans l'Eglise, sens qu'on ne peut séparer des vérités qu'il renferme, puisqu'il est formé de ces vérités et par ces vérités. C'est à ce sens catholique qu'est confiée l'interprétation de l'Ecriture sainte ; l'explication donnée par lui forme le jugement de l'Eglise, qui est appelée pour cette raison le juge des controverses en matière de foi. Mais si nous considérons la tradition dans son objet, elle est la croyance universelle de l'Église, sa foi perpétuelle consignée dans les monuments de sa doctrine et de son histoire. Prise dans ce sens, la tradition est ordinairement appelée la règle de foi, le critérium dans l'interprétation de r Ecriture sainte.

Sous ce rapport, la tradition et l'Ecriture ne sont

(i) Syjnbolikj p. 354-356.

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<iu'une, elles renferment toutes deux la même somme de vérités. Mais il est plusieurs do<ifmes indubitables, revêtus de la plus haute certitude, enseignés par les apôtres, ([ue l.i parole écrite ne contient en aucune façon ou tout au i)lus d'une manière bien ifuplicite. \'oilà l'enseignement de l'I^glise catholique, enseignement de la plus grande importance, et sur lequel s'élève à certains égards tout l'édifice chrétien. C'est à ces traditions orales qu'appartient l'enseignement du canon et de l'inspiration de l'I^criture ; car en aucune partie de la Bible on ne trouve désignés les livres dont elle se compose ; et cjuand elle renfermerait cette indication, resterait à prouver l'authenticité, l'infaillibilité de ce témoignage.

C'est donc la société fondée par le Sauveur (jui nous certifie l'inspiration des Livres saints. A présent on doit comprendre, nous l'espérons, la nécessité de l'autorité de l'ICglise. Où est le chrétien cjui ne reconnaisse le doigt de Dieu dans la conservation des I^critures ? Mais il faut bien en convenir, c'est riCglise ([ui a opéré ce miracle, c'est l'ICglise (jui a sauvé les monuments de notre foi ( i ).

L'Église a-t-elle répondu aux premiers hérétiques (gnostiques, unitaires) en alléguant rÉcriture seule ?

Lors donc cju'on vit l'impossibilité de ramener les gnostitjues par l'hLcriture, l'Eglise déclara-t-elle cju'il

(i) Symbolik, p. 357-358 et 373-374.

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