‹ MoehlerChapitre 23 sur 27 · MOKHLliK · texte numérisé non relu

MOKHLliK

resterait douteux si Dieu a créé le monde, si Jésus- Christ a été réellement homme, jusqu'à ce cju'on eût décidé ces dog-mes par ri^Lcriture ? Non ; appuyée sur

la tradition, sur l,i parole vivante, elle proclama qu'alors même (ju'on pourrait disputer sur la doctrine des Livres saints, la foi constante, universelle se prononçait d'une manière assez décisive, et (|ue tous ceux qui voulaient s'attacher à Jésus-Christ, le choisir pour le pasteur de leurs âmes, ne pouvaient secouer le joua- de cette autorité. vSans doute les docteurs de l'Eg^lise réfutèrent les g-nosticjues par l'Ecriture ; sans doute ils la citèrent ; mais c'étaient là des raisonnements opposés à des raisonnements : deux partis étaient en présence, et l'Écriture des deux côtés.

Le fidèle pouvait se convaincre par la parole écrite, nous le savons, que les gnostiques étaient tombés dans de graves erreurs ; mais comme ces sectaires avaient aussi la conviction subjective de leur doctrine, le christianisme aurait disparu comme institution positive objective, si la Bible avait été la. seule autorité, s'il n'y avait eu une autre règle de foi^ la tradition universelle. Sans cette règle, sans ce critérium, jamais on n'aurait pu déterminer avec certitude quelle était la vérité chrétienne ; tout au plus chaque catholique aurait pu dire aux sectaires : Voilà mon sentiment à moi, voilà le sens que j'attache à l'Ecriture. En un mot sans la tradition, plus de doctrine de l'Eglise, mais le doute et l'opinion ; plus; de société des fidèles, mais seulement des individus, des chrétiens isolés.

l'églisk 325

Ai)rès les «(iKJsiiqucs cl pour arriver à des conclusions inverses de celles des t^nosiiques, les unitaires pr<:len- <lirent s'appuyer uni(|ueinenl sur les Livres saints.

Que devait faire l'I^^lise dans cette conjoncture ? Déclarer ijue chacun resterait dans son opinion en attendant que l'étude de l'Mcriture eut fourni une .solution satisfaisante ? Oui, sans doute, elle l'aurait <lù, si clK; n'eut eu aucune idée de son établissement, <k' son essence ni de sa constitution ; mais elle lit précisément le contraire, et de son action, voici les conclusions (jul résultent. La doctrine du Sauveur est itrrnc'llement certaine pour les siens. La parole vivante et la parole écrite, la parole gravée dans les C(curs par le Saint-l^sprit et la parole tracée sur le papier par les auteurs inspirés sont une ; les doutes <|ui s'élèvent sur la seconde disparaissent au flambeau de la première. La doctrine enseig^née dans le commencement, la foi constante de toute TL^^i^lise, voilà le cn'tcn'iun, la règle infaillible dans l'interprétation de l'bxriture sainte ; et, selon cette règle, il est à jamais certain (|ue notre divin Sauveur est Dieu et (lu'il nous a remplis d'une vertu divine (i).

Ce que serait une foi exclusivement fondée sur rÉcriture.

Celui cjui fonde sa foi sur l'I^criture, c'est-à-dire sur les résultats où l'ont conduit ses recherches bibli- (jucs ; celui-là n'a point la foi, n'a pas la moindre

(i) Symbolik, p. 3o2 -J04.

Page 1