PREMIÈRE PARTIE
L'Unité dans l'Église
La communication du Saint-Esprit est la condition par laquelle nous recevons le christianisme en nous.
Lorsciuc saint Pierre dit au Christ : « \'ous êtes le Christ fils du Dieu vivant, » Jésus ne considère pas cette déclaration comme le fruit de l'esprit humain abandonné à lui-même, mais comme inspirée par la puissance divine cjui agissait sur ce disciple ; et saint Paul nous représente souvent la foi en Jésus-Christ comme l'opération du Saint-Ksprit. A répo(|ue qui suivit immédiatement le temps des Apôtres, on était (le même convaincu tjue la toi en Jésus-Christ, et tout ce (|ui s'y rapporte, ne pouvaient exister sans l'intervention du Saint-l^sprit. Bientôt, pour se représenter ces opérations du Saint-I-lsprit en nous, on consi déra (ju' i 1 sr cotntniotiqnc esse fit ici lcniciit(fi'j':KÙvAtv^
MOKIILHR
aux ri(K!lcs ; conception mysti(|u<- qui est fondée sur l'essence du catliolicisme, et avec laciuelh- la véritabKmanièrcde sereprésenterlesacrementde l'I-lucharistie est dans le rapport U- plus intime... lin disant (|ue le Saint-hZsprit gouverne rM;^lisc, nous ne nous figurons pas (ju'il la L^ouverne comme on conduit des chevaux et un char, nous ne songeons à aucun mécanisme. Les mots : Jésus-Christ est notre vie ; il est en nous et nous sommes en lui, ne signifient pas seulement que nous connaissons sa doctrine, mais qu'il s'unit à nous d'une façon vivante, réelle et substantielle, ce qui est clairement exprimé par la doctrine de l'Eucharistie. — La mysticité catholicjue a reconnu et proclamé tout ce que la méditation la plus profonde a pu imaginer au sujet de notre union avec Dieu et de notre façon d'être en lui ; cette mysticité est même la base de l'Jiglise catholique (i).
L'Esprit réunit tous les fidèles en une communauté spirituelle, l'Église.
Cet esprit qui pénètre et qui anime ainsi tous les fidèles, devait par cela même les réunir en une grande communauté et produire une société spirituelle, une unité de tous les fidèles. « Pourquoi, dit saint Clément de Rome dans son Epître aux Corinthiens, pourquoi y a-t-il parmi vous dispute et haine, désunion, séparation et guerre ? N'avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même Saint-Esprit
(i) Einheit, p. 3 et 254.
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qui s'est répandu sur ikjus, uiu- mcme vocation en Jésus-Christ ? l*ourquoi séparons-nous et déchironsnous les membres du Christ, pourquoi nous révoltons-nous contre notre propre corps, à un tel point de démence que nous oublions (jue nous sommes les membres du même corps ? »
Saint Clément, dans ce passaq-e, exprime en même temps l'esprit de son ^rand maître, l'esprit de saint Paul, (jui donne le nom de corps de Jésus-Christ à la réunion de tous les fidèles, qui représente ainsi Jésus- Christ comme un principe vivifiant et org^anisateur. Tous forment ainsi entre eux-mêmes une unité spirituelle, de même (|ue le principe sublime qui les a engendrés et formés est lui-même un {)rincipe uniciue. Ces mêmes idées se retrouvent dans le lan- ^ao^e fij^uré par lequel le bon Pasteur d'Hermas nous rend visible la formation de ri\glise. Il nous la représente sous la fi^^ure d'une tour assise sur un rocher : toutes les parties de la tour doivent être choisies et préparées par le Saint-l^sprit, pour (ju'elles puissent toutes servir à son aciièvement et pour cju'elles ne soient pas retranchées comme inutiles. Il dit ensuite, dans l'explication de ces imajres : « Le Fils de Dieu est le rocher et la porte de la tour ; vous voyez donc toute la tour ctroitcnicnt unie an roc/icr, comme si elle était faite d'utie seule pierre. C'est ainsi que ceux qui croient en Dieu par son Fils se sont revêtus de cet esprit : Ecce iiitus erit s/>irifns et iiiiKni corpus. » Cette imajTfe, dont se sert déjà saint Pierre (I Pctr., 2, I ), exprime très bien que fésus-Christ anime parle Saint -Esprit les fidèles (jui sont tenus ensemble par
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lui et unis en un trjiit, de sorte* (|uc l'esprit inn'fjne des tîdêles est l'opération de l'esprit iniiqttc de Dieu. S.'iint Cyprien dit d'une manière très brève <!t très concluante : « Comme celui qui habite en nous est un et le même, il attache et unit partout ensemble les siens par le moyen du lien et de l'unité ,> (i).
La tradition est l'action permanente de l'Esprit.
L'Ji)sprit divin, (jui réside toujours parmi les hommes, s'était d'abord communiqué aux Apôtres, qui le reçurent immédiatement. Susceptibles de le recevoir et d'agir après l'avoir reçu, ils en étaient saisis et pénétrés ; il leur avait insufflé un nouveau principe de vie qui devait être communiqué />^r^//.r à quiconque est susceptible de le recevoir, afin que personne ne pût plus, comme eux, le recevoir immédiatement, mais que de la nouvelle vie qui s'était opérée en eux, il s'en formât une semblable dans les autres. De même que la vie physique de l'homme ne sortit qu'une fois immédiatement de la main du Créateur et que, là où elle doit désormais exister, elle ne le peut qu'après avoir reçu la force vitale d'un être préexistant, ainsi la nouvelle vie divine devait, à la façon d'un flux, découler de ceux qui avaient déjà reçu la vie. La nouvelle vie ne se répandit que là où les Apôtres demeuraient et agissaient ; et comme, de leur temps, ceux qui étaient éloignés les uns des autres, ne recevaient le même esprit que par la vie que leur communiquaient immédiatement les
(i) Einheit, p. 4-5.
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Apotres du Seigneur, de même ceux qui, sous le rapport du temps, se trouvaient éloignés d'eux, devaient le recevoir par l'entremise des membres (jui l'avaient reçu des Apôtres : ainsi, dans la série, les intermédiaires successifs n'ont d'autre rùle que de servir d'étapes pour la transplantation de l'csi^rit ; mais ceux ([ui le reçurent les derniers, aussi bien que ceux qui étaient, dans l'espace, le plus éloignés les uns des autres, devaient être animés d'un seul et même esprit, représenter ////^iT///^' et nie me conDuiDiautê, s'organiser pour une vie commune et former une l^glise. Si la communication immédiate du vSaint-l^sprit se renouvelait, s'il descendait sur telle ou telle personne sans passer par le canal de ceux qu'il a déjà vivifiés, il devrait être un esprit de la même nature, oui, le même esprit; et, pour cette raison, celui (jui en serait pénétré, devrait se sentir entraîné irrésistiblement vers ceux qui partageraient sa nature ; il devrait participer de leur vie spirituelle, comme ce fut le cas pour saint Paul, après sa conversion. Au contraire, le fait de s'organiser une vie isolée, l'absence du besoin de se réunir ou l'impossibilité de le faire, prouveraient la différence essentielle entre cet esprit naissant et le Saint-I^sprit et le feraient regarder comme un esprit faux et imposteur. Cette force vitale et spirituelle cjui, dans l'Mglise, se propage et se transmet, est la tradition, cjui en est le coté intérieur, mystique, et se dérobant à tous les regards ( i ) .
( I ) Einhcif, p. 8-q.
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Le christianisme n*est point une simple idée,
mais une vie.
D*ai)rès la doctrine de ri'l^^lise primitive, la vraie foi, la vrai(! connaissance de la religion, ne saurait exister sans le vSaint-I^sprit, et l'on ne saurait le recevoir sans être attaché à ri^^lise. Mais si nous examinons attentivement de (juelle manière on se représentait cette doctrine, nous arriverons à cette formule : Chaque individu doit, par une impression in/n/cdia/c, recueillir en lui la sainte vie répandue dans r Relise ; il doit, par une contemplation immédiate, transformer l'expérience de ri\(^lise en sa propre expérience ; il doit faire naître en lui de pieux sentiments et une sainte conduite, et du fond de son âme sanctifiée, il doit développer sa connaissance de la religion. Saint Clément de Rome inculque cette profonde vérité aux Corinthiens ; après leur avoir recommandé une sainte vie, il dit : « \'oilà la voie dans laquelle nous trouvons notre Sauveur Jésus- Christ : — Elevons par lui nos regards vers le ciel ; contemplons par lui la face du Dieu saint, du Dieu suprême ; par lui, les yeux de notre cœur s'ouvrent ; par lui, notre esprit borné et offusqué s'élève jusqu'à son admirable lumière ; par lui, nous devons, selon la volonté du Seigneur, goûter la connaissance immortelle. » C'est ainsi que la vie sainte nous est représentée comme la source de la connaissance de Jésus-Christ, par lequel nous parvenons ensuite à celle de son Père.
L'auteur de l'admirable lettre à Diognète, égale-
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ment un des disciples des Apôtres, nous représente aussi lamanière de vivre adoptée dansTl^^glise comme la source de la connaissance du vrai caractère du christianisme ; car après en avoir donné une description, il continue de dire : « Alors, tjuoicjue vous soyez sur la terre, vous verrez (jue Dieu rè^^ne dans lescieux.» Saint Ignace, imatfe fidèle de l'apôtre saint Jean, saisit l'essence du christianisme, et, dans les métaphores les plus variées (jui s'échappent d'une àme toute d'amour, il nous présente cette idée cjui domine toutes ses lettres, à savoir (jue l'amour cjue nous devons puiser dans le sein de rh><i[-lise et qui unit tous les fidèles, nous apprend seul ce que c'est que Jésus- Christ, ce que c'est que le christianisme.
« L'homme régénéré, dit à son tour Clément d'Alexandrie, est seul délivré tout à coupdes ténèbres. Il reçoit aussitôt la lumière. — Comme ceux dont les yeux sont malades cherchent à les nettoyer, non en leur procurant du dehors une lumière cju'ils n'ont pas, mais en écartant de K-ur vue l'obstacle (jui les empêche de voir, et rendent ainsi à la faculté visuelle son libre mouvement ; ainsi nous autres qui sommes baptisés, après avoir, à l'aide de l'Esprit divin, écarté comme un nuaije les ténèbres des péchés, nous possédons un (cil divin tjui voit librement, clairement et sans obstacle. Avec cet œil seul nous contemplons la divinité, l'Esprit divin y pénétrant d'en haut : c'est ainsi qu'est constitué éternellement l'œil i\yii peut voir lalumière divine ; car iln'yacjuece qui se ressemble qui s'unisse étroitement : ce qui est saint ne peut donc s'itnir qu'à la source de tonte sainteté. » La
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Çran^ic pensée (jui sert de fondement à tout ce que nous venons de dire et (|ui en est la moelle, à savoir (|uc le christianisme n'est point une simple idée, mais une chose (jui s'empare de tout l'homme, (jui s'enracine dans sa vie et cjui n'est compréhensible {|u'en étant vécue, voilà ce (jue le même Clément exprime clairement. « Nous ne disons pas que la rcli^^ion consiste unicjuement dans des concepts, mais qu'elle est une science dfvifie, et i\w^ cette Inntfere que r obéissance envers Dieu fait naître dans /'à nie de !'h()]ninc et qui Ini révèle tout , Ini appreîid à se connaître lui -même, et à connaître Dieu » ( i ).
Les usages des premiers chrétiens attestent qu'ils jugeaient que le christianisme n'était intelligible qu'à la condition d être vécu.
Saint Justin raconte que c'est en examinant de près la vie des chrétiens qu'il se décide à embrasser le christianisme ; et il le répète de plusieurs autres personnes. Saint Grég"oire le Thaumaturge ne l'affirme pas moins de lui-même. Ce fut aussi cette vie sainte et divine, qui s'était propagée dans l'Eglise, qui, se répandant au dehors, saisit et attira d'une manière miraculeuse et irrésistible des personnes étrangères au christianisme. C'est pour ce motif que les apologistes du christianisme disaient que cette religion agit « avec esprit et force, » non comme les philosophes de l'école qui cherchent à convaincre et à faire des prosélytes par de simples idées. Origène réfute
(i) Einheity p. io-i3.
l'unité dans l'églisr (i\
victorieusement Celse qui tournait en ricliculejésus- Christ et ses Apôtres : « (Juiconciue peut examiner avec discernement et impartialité les actions des Apôtres, doit voir clairement cju'ils étaient doués d'une force divine pour annoncer la parole de Dieu. Car ce n'est pas par la dialecticpie et par la rhétoricjue qu'ils persuadèrent leurs auditeurs. » La manière dont on admettait les païens dans l'Kglise était parfaitement d'accord avec les notions fondamentales que nous avons exposées au sujet de la naissance du christianisme dans l'homme. On ne se contentait nullement de la déclaration qu'ils préféraient les Mes (lu cliristianisme à celles du paganisme ; on ne permettait pas d'embrasser le christianisme par suite d'une simple comparaison d'idées à la(iuelle seulement il devrait sa supériorité ; le païen devait avant tout être éprouvé par ses relations avec les chrétiens, et on ne l'initiait cjue lors(iu'on était parvenu à se convaincre cjue le christianisme était passé dans sa vie et (jue celle-ci lui donnait l'intime persuasion (lue la doctrine de Jésus-Christ est de Dieu. l^Lnfin, ri'lglise exprime admirablement cette conviction, en donnant le nom d'éclairés aux hommes régénérés et en appelant la vie du chrétien une pliilosopliic vraie et divine.
Le principe de l'I^Lglise, (jue l'homme ne saurait mener une vie chrétienne et par consécjuent connaître sa religion sans l'influence (ju'exerce sur lui la communauté des fidèles animés par le Saint-Ksprit, a une connexion intime avec les recherches profondes (ju'on a faites pour se représenter l'origine du paga-
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nismc. A l.i façon d'une preuve par l'inverse, elles (•xpli(iuent parfaitement la théorie ({uenous voulons développer. Théophile dérive le polythéisme de la dégradation morale de l'homme, <jui étouffe en lui la conscience de Dieu, en envelopf)ant son œil spirituel de profondes ténèbres, de sorte (jue la divinité ne peut j)lus se refléter en lui, ni y être reçue. Il ajoute que l'homme, dans cet état, regarde toujours vers la terre ; et (jue, comme il ne saurait absolument vivre sans Dieu, il se crée des divinités à sa Janlaisic, conséquemment des divinités terrestres. Pour cette raison, Théophile considère que la pureté des mœurs est indispensable pour comprendre le christianisme. De même donc que le péché naissait au milieu de la communauté des païens, avec tout le cortèg-e d'influences sous lesquelles se produisaient les fausses idées de Dieu et l'erreur en matière de foi ; ainsi, la vie du chrétien dans l'Eglise devait lui procurer la vraie connaissance de Dieu, la connaissance devait se développer comme un effet de la vie, et la connaissance et la vie, ensuite, devaient être connexes. De même que dans le paganisme l'incapacité et la mort morales de chaque individu, ainsi que de générations tout entières, leur étaient léguées de la part de la génération qui les précédait immédiatement, de sorte qu'en remontant, elles se rattachent au péché du premier homme ; ainsi, le don du principe de vie chrétienne, supposant, dans une série d'individus déterminée et dans chaque chrétien en particulier une alliance et une origine spirituelles qui les unissent à toutes les générations précédentes, remonte
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jus(iu'à |csus-Christ. De même (|ue celui (jui, dans le jiag-anisme, aurait pu éviter de descendre de^énérationsantérieures, n'aurait point hérité non plus delà dégénérescence spirituelle ; ainsi, celui (jui ne tire pas son ori)^ine spirituelle desg^énérations non interrompues de rj^L^lise, (ju'il le sache ou non, n'est pas spirituellement régénéré, et n'a pas de part à la filiation de Dieu. De même que celui (|ui se trouvait auparavant au nombre des pécheurs avait reçu en lui une limitation et uiu! négation de la vie, ainsi celui (jui participe à la vie de la sainte I^glise, a en partage les biens les plus réels. De même (jue l'homme, par naissance corporelle, avait déjà été réduit à l'esclavage du péché ; ainsi, il obtient maintenant, par la naissance spirituelle cjue lui donne l'Eglise, la liberté des enfants de Dieu (i).
Nécessité de connaitre l'Église, et de vivre en elle, et de la faire vivre en soi, pour connaitre le Christ.
Comme sous le rapport historique, nous ne savons rien de Jésus-Christ sans l'I^glise, ainsi nous n'apprenons à le connaitre en nous-mêmes que par l'Eglise et dans l'I^glise. Et plus nous recevons en nous la force divine cjui en découle, plus la communauté des fidèles devient vivante en nous, plus nous vivons intimement en elle, et elle en nous, plus notre conviction de la divinité de Jésus-Christ, et de ce c}u'il est et de ce (ju'il doit être pour nous, se montre une convic-
( I ) Einheit^ p . 15-19.
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tion vivante. C'est lui (jui a fondé la communauté des fidèles; c'est lui (|ui a ôté le mur de séparatir)n qui existait entre les hommes ; c'est lui qui a versé dans nos ccxiurs l'amour dans le Saint- Msprit. Comment pourrions-nous mieux parvenir à la connaissance de sa puissance et de sa dij^nité, (ju'en connaissant parfaitement et en admettant en nous la communauté des fidèles ? En outre, Jésus-Christ étant donné aux fidèles dès l'instant de la vie, il est devenu, pour cette raison, leur vie même et en est inséparable ; mais leur vie spirituelle n'en forme qu'une avec la vie de l'Kg^lise dont ils l'ont reçue, et c'est pour cela qu'elle en est inséparable (i).
L'Écriture Sainte ne peut être comprise hors de l'Église, de l'Église où l'Esprit vit.
La vie intérieure et spirituelle du chrétien, ouvrage de l'Esprit divin qui anime les fidèles, doit, aussitôt qu'elle se manifeste, chercheruneexpression ; elle doit s'épancher au dehors, se traduire ; de même qu'elle s'est aussi communiquée à l'aide de la parole, de la foi annoncée par d'autres. Mais la vie intérieure devait exister plus tôt, d'un côté, parce que la foi intérieure est la racine de la foi extérieure ; de l'autre, parce que celle-là, lorsqu'elle est bien entendue, est accordée avant la foi extérieure, avant
(i) Einheit, p. 20,