‹ MoehlerChapitre 5 sur 27 · L UNITE DANS L EGLISE 9D · texte numérisé non relu

L UNITE DANS L EGLISE 9D

foi (jui lU' peut ctrc cliaiii^éc t*n aucune manière, car Jésus-Christ est aujourd'hui, et en toute éternité, le même! — Tertullien tlit aussi, avec raison, que le christianisme, ayant un caractère déterminé et certain, nr peut pas être l'objet d'une perpétuelle investijjfation ; que si l'on établit rinvestii»;ation comme un |)rincipe fondamental, il n'y a pas d'espoir de parvenir jamais à la foi, cecjui, néanmoins, est le but su()posé de rinvesti<ration ; et il n'y a pas de raison non plus de renoncer à l'investig^ation, puis qu'il existe un nombre infini d'écoles cju'il est juste tl'examiner toutes : i^ar là, la majeure partie des chrétiens serait mal pourvue, au point de vue religieux, et le christianisme même serait réellement une sini^ulière institution pour opérer le salut des hommes. De la manière dont nous avons jusqu'ici fait connaître le principe de l'hérésie, il résulte en même temps que, comme telle, l'hérésie renonçait proprement à la possibilité de jamais déterminer ce (jue c'est que le christianisme, et qu'elle fit ainsi, de la chose la plus objective et la plus réelle, une chose simplement subjective ; de là le reproche ({u'on adresse aux hérétic[ues d'enscig"ner sinon tout à fait l'indifférentisme, du moins (luelcjne chose de très approchant.

L'hérésie commence, selon saint Aus^ustin, par la réflexion, lorsque l'homme ne tenant pas au tout par l'amour, et dès lors n'étant pas retenu par lamour, connaissant la relig-ion chrétienne d'une façon médiate par des concepts intellectuels, et incapable de s'y retrouver, croit y découvrir descontradic-

t ions, etc., et y renonce pour cette raison. On se place au point do vue lé^jitimc, selon saint Au;:(ustin, lors(|iu*, malgré de semblables perturbations, qui chez plusieurs personnes durent assez lon;rtemps, l'on persiste à rester dans lacoinniunauté,ron y reçoit la vie sainte qui émane de TM^rlise, l'on s'en pénètre entièrement, et (ju'on ])roduit ainsi, d'une façon autonome, la foi de l'I^g-lise en soi : saint Augustin ne pense pas que lorsqu'on est parvenu à ce point, l'on coînprcjine tous les articles de foi en général ; il dit au contraire en plusieurs endroits qu'il n'est pas possible de les ramener à des idées adéquates et qu'il faut chercher à se mettre au-dessus des idées ; qu'on doit vivre dans la vérité, ce cjui, en effet, vaut mieux qu'une connaissance que l'on doit aux idées. Et ici l'union avec l'Eoflise devient intime et vivante, tandis que jusqu'ici on ne la connaissait pas encore et qu'on espérait seulement d'y atteindre. \Jainonr qui, d'abord inconscient, unit l'àme à l'Eglise mystérieusement et par une opération secrète du Saint-Esprit, la sainteté qui dès lors s'écoule dans la vie de chaque chrétien et la remplit d'une force div^ine, et enfin Idivén'té : tout cela ne fait qu'un, d'une unité vivante. Il n'est pas nécessaire de remarquer que saint Augustin est entièrement d'accord avec les saints Pères des trois premiers siècles de l'Eglise. wSi nous faisons attention aux commencements de l'hérésie, nous trouvons qu'elle se présente tout de suite comme gnosis, tandis que l'Eglise se présente comme ne prêchant et n'exigeant que la foi ; cette différence reflète leurs diversités ; l'hérésie se

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ll.utait de coiDiaitrc ^//5'.sv'A>»/,tan(lis (lue l'I^j^lise croyait d'abord, et ce nV-st (qu'après cet acte de foi que s'ensuivait la connaissance de la foi. De là proviennent nécessairement cette grande sécheresse et ces connaissances superficielles ([u'on reniar(|ue chez les hércti(|ues. Cf)nformément à ce caractère primitif, l'H^lise ne peut jamais établir la liberté de penser comme principe fondamental ; mais L!lle doit établir la vie, l'amour et la foi dans la communauté, d'où la liberté SI' développera d'elle-même ; l'hérésie, au contraire, parvenue à son développement, devra toujours professer d'abord l.i liberté de penser, si elle veut rester fidèle à son orii^ine et ne pas être en contradiction avec elle-même ; elle ne peut pas se débarrasser de son néant sans s'anéantir elle-même. Du reste, (|ue ce rapport de la foi avec la connaissance a existé de tout temps, c'est ce que saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, prouve en disant souvent : Non scio lit crcdani , scd credo ut sciaiii ( i ).

L9 séparatisme chrétien est incompatible avec la vie chrétienne.

Les fidèles forment tous ensemble un tout or^anitiue ; par la communication différente d'un seul et même esprit d'après le caractère et le besoin particuliers de chacun, ils sont tous, les uns à l'égard des autres, lies parties intégrantes ; ils ont un rôle les uns à l'égard des autres. Celui (jui a reçu la foi est complète par celui qui a été jugé digne du don de la

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connaissance ; si celui-là se sépare, il a une force aveu^^Ic ; si celui-ci se sépare, il ne possède qu'une faiblesse lucide ; tous deux unis ensemble forment un tout complet. Comme le même l£sprit se manifeste dans tous les vrais fidèles et qu'il est en tout temps aussi le même, il ne produit (jue la paix, la joie et l'unité. On s'en forme une idée indigne de lui, lors- (ju'on ne se le représente pas comme dirigeant avec un accord admirable et pénétrant le tout et ses parties ; lorscju'on ne regarde pas tous les chrétiens comme se complétant les uns les autres par lui et par conséquent comme inséparables ; lorsque l'on conçoit qu'il doive faire tout à coup irruption (quelque part pour créer des formes isolées, d'où résulterait la dissolution de l'unité organique par la séparation et par la désunion. Où il se développe une telle vie isolée qui trouble la paix de toute l'unité, là ne se manifeste pas le Saint-Esprit, mais Terreur de l'homme. Saint Irénée dit nettement que de pareilles gens nient l'arrivée du Saint-Esprit, telle que l'Evangile de saint Jean l'annonce.

Comme l'Eglise regardait le principe qui produit la foi comme le même que celui qui fonde la communauté, elle admit nécessairement, comme nous l'avons dit, que celui qui n'aurait pas le premier, ne posséderait l'autre que d'une façon obscurcie, et inversement. Tout être isolé, détaché, séparatiste, devait, par conséquent, être tout à fait antipathique à l'Eglise ; elle devait le considérer comme un être dans lequel le rapport intime avec Jésus-Christ est déjà affaibli dès le principe ; dans lequel le véritable chris-

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tianismc doit s'éteindre à la fin, ou, comme s'exprime saint Cyprien, dans lecjuel la vie se dessèche comme le rameau (jui se détache de l'arbre, comme le ruisseau (fui se sépare de la source, comme le rayon (jui, isolé du soleil, ne peut exister. On conçoit donc que si la nouvelle vie ne s'opère en nous (jue par la communauté des fidèles, elle doit s'éteindre nécessairement par la séparation d'avec ceux-ci . C'est pour ce motif (jue saint Iq^nace dit : « Ne tentez pas de vous révéler, personnellement, séparément, comme (luelijue chose de raisonnable ; mais il faut qu'il n'y ait (ju'une même prière, un même esprit, une même espérance dans l'amour et dans une félicité pure. 11 n'existe cju'//;/ Christ, et rien de meilleur cjue lui. » Le rapprochement est né de cette pensée profonde que Jésus-Christ, dans une séparation égoïste, ne se présente pas clairement à notre esprit : lorsque nous vivons détachés de la communauté des fidèles, nous avons un penchant secret à souhaiter quelquechosede meilleur (jue lui, cjue nous ne connaissons pas, puis- (ju'il ne peut être reconnu que dans l'amour, selon la pensée fondamentale de saint Ignace ; c'est pour(|uoi dans un autre passage, il signale expressément régoïsme comme la cause de la séparation, et dit que Dieu n'habite pas là où il y a isolement, et nomme le retour à l'unité une conversion à l'unité de Dieu ; la vie dans l'unité de l'Kglise produite par l'amour, lui parait une preuve si évidente d'un rapport intime avec Dieu, (jue c'est dans cette vie qu'il trouvait la connaissance de rimmortalité, et qu'il lui était impossilîlc de concevoir comment on pourrait un jour

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ressusciter sans cet amour. Aussi dit-il avec un cœur compatissant : « lis mourront en se disputant ; // leur serait plus utile d'aif/fer, afin qu'ils pussent ressiiseiter. » — vSaint Clément de Rome (jui, par son l^jjitri- aux Corinthiens, avait à éteindre un schisme, y insère i)artout des réflexions sur les principes fondamentaux du Christianisme, provenant du sentiment ou de la conviction intime que ceux-ci ne peuvent exister nulle part dans toute leur force, là où des isolements et des séparations sont possibles. De là, cette g-rande pensée : « Plus la foi du chrétien sera solide, plus sa sainteté grande et sa sagesse profonde, moins il sera égoïste, et moins il se séparera de la vie commune. » Saint Irénée s'exprime de la même manière :«Xous confondons ceux qui, de quelque manière que ce soit, soit par amour-propre, soit par une vaine gloire, soit par aveuglement et par mauvaise intention, forment des réunions hors de l'Kglise. » C'est pourquoi il dit aussi : « Le vrai disciple de Jésus-Christ évitera ceux qui occasionnent des séparations, parce qu'ils n'ont pas l'amour de Dieu, qui n'ont en vue qu'eux-mêmes et non la communauté de l'Eglise ; qui, pour des motifs futiles et de nulle importance, divisent et déchirent le grand et vénérable corps de Jésus-Christ, et qui le mettent en dissolution autant qu'ils le peuvent ; qui parlent toujours de paix, mais qui allument sans cesse la guerre ; qui, eji vérité, sont des mouches , mais qui avalent des chameaux. Ils ne peuvent réparer, par une bonne action, le tort de la séparation. » Clément d'Alexandrie s'exprime encore de même à cet égard. Mais

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personne* ne j).irle avec plus créncr<^ic,- (jue saint Cypricn : « Les hérésies, dit-il, ont souvent eu lieu autrefois, et ont encore lieu aujourd'hui, parce (juc l'esprit pervers n'a aucun repos, et tpie la perfidie désunie ne conserve pas l'unité. » Comme il résulte donc de ce principe que l'existence de la communauté des fidèles n'est possible que par la réunion des forces (pie |ésus-Christ lui a donnét^s par la rédemption, et qu'elle ne peut être conservée que par la coopération de [ésus Christ et du Saint-l'^sprit ; la séparation, pour Cyprien, semble être un coml)at contre Jésus- Christ, un acte d'éloin^-nement à l'endroit de l'amour, et par suite à l'endroit de Jésus-Christ et de Dieu, acte (]ue le martyre même ne peut réparer ; en disant cela, il s'en rapporte à l'L^pitre I'"" aux Corinthiens, chap. 13, 2-3. Lorsqu'on cherchait donc à justifier la séparation d'avec l'ICg^lise en disant (pi'il y a beaucoup de mal dans l'i'^s^lise, il répondait : « (^)uoiqu'il y ait de l'ivraie, cela ne doit pas arrêter notre foi et notre amour, de manière à nous séparer nous-mêmes de l'h^s^lise. A'(J//s n'av())is qu'à ikuis efforcer d'être dit froment, afin que, lors(iue le vSei teneur le ramassera, nous soyons mis dans ses orantjes » (i).

L^hérésie est un égoïsme qui s'éloigne de l'unité de Dieu.

On sentira toute la profondeur de la vérité exprimée par les saints Pères, lorsqu'ils appelaient le retour à l'unité des fidèles une conversion à l'unité de Dieu ;

(i) lun/ieii, p. 85-89.

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tic iiK-niu (juc s.'iint Paul, recommandant l'unité de la foi, (Ir)nnait cette raison (|ue nous avons un Dieu et ////Jésus-Christ. Chaciuc secte se représente nommément Dieu, d'après son caractère, et comme l'égoïsme lui sert de base, elle ne peut s'élever fju<! vers un Dieu, vers un Christ limité et d'un esprit étroit, (jui s'entoure d'un petit nombre de personnes éclairées et (jui abandonne tous ceux qui ne sont pas compris dans ce troupeau. C'est l'é^oïsme perfectionné lorsque la théorie est obligée de donner des bases à ces vues étroites ; car on ne peut révoquer en doute (|ue le système des Gnosticjues rapportant au Dieu suprême leur propre orio^ine et au Démiurge imparfait l'origine des catholiques, prenne sa source dans leur égoïsme : chaque catholique qui embrassait leur doctrine était aussitôt considéré comme une semence de choix, et, si tous l'avaient fait, c'est-à-dire, si les Gnostiques étaient parvenus à avoir le dessus, leur théorie, parla même, se serait certainement évanouie. — Comme, de plus, il est dans la nature du système catholique, ou, pour mieux dire, du christianisme, qu'une société de tous les fidèles ait été fondée en Jésus-Christ par la rédemption, et que ce ne soit que dans cette société qu'on puisse parvenir à la connaissance du Christ et de sa divinité, il résulte qu'en poussant l'égoïsme ecclésiastique aussi loin que possible, ou en consommant l'hérésie, état dans lequel chacun croit pouvoir trouver le Christ par lui-même, on doit nécessairement nier aussi la véritable rédemption et voir s'évanouir Jésus-Christ et toute la dignité du christianisme. C'est ce que nous

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rciiuirciuons clans les Cinosti(iu(!S et clans leurs principes ; c'est ce cpie nous reinarcjuons à l'époque moderne dans le protestantisme, où, aprc*s (|ue le principe ég-oïste eut c^puisé' ses consécjuences, après cjue l'idée d'unité de ri^s^lise tut été rejetée comme une absurdité, on vit, pour ceux (jui se flattaient de «penser», le Christ déchoir au rang" d'homme, la rédemption disparaître, le christianisme tomber en ruine. Mais dej^uis ciue le christianisme recommence à être respecté et la dignité du Christ appréciée, il se manifeste de toutes parts le désir d'une réunion, et surtout chez les plus profonds thcolooiens protcstiDits ( i ). Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le iioitveait Créateur, ne peut être compris cjue clans la communauté de ses fidèles, cjue lorsc|ue l'individu se regarde comme un membre du tout, de la iioitvelle création, comme Dieu le Père, le Créateur du tout, ne peut être compris cjue dans l'accord de l'individu avec le tout. Séparés de la société des fidèles c]ui sont réunis par Jésus- Christ et en Jésus-Christ en un tout, notre point de vue est trop resserré pour la grandeur du Christ ; la réunion de tous est son grand ouvrage, sa révélation ; il veut être reconnu en elle et par elle : dans la séparation complète, Jésus-Christ est rabaissé nécessairement jusqu'à la simple condition de l'homme ; c'est pour cette raison c]ue, dans l'I^glise primitive, la séparation de la communauté des tklèles fut si souvent appelée un abandon, un désaveu du Christ et une lutte contre lui ; de même cjue la dissolution de l'har-

(i) Voir à ce sujet Goyau, L'Allemagne religieuse, le caUwlicisme (1800-184'?), livre III, chap. iv. (Xole de l'éditeur).

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inonic <ntr<! I.i vie individuttll»! et la vie universelle! {!st (Il nirinc temps aussi une apostasie à l'éj^ard cU: \)'h'u. Il ir< st pas sur[)renant, — (juoifju'en considérant la chose superficiellement, cela puisse paraître étrange, — cjue celui c|ui ne sent (ju'en lui tout seul les effets de la rédemption, ne puisse pas, dans la nouvelle création (|ui s'est opérée en lui, connaître la force créatrice du Christ, sa fonction de médiateur cntreDieuctleshommes, et par consécjuent la réunion de la divinité et de l'humanité en lui ; car, par cette réconciliation et par cette nouvelle réunion que le Christ a opérées avec Dieu, il a effectué en même temps la réconciliation et la réunion avec tous ceux qui ont été réconciliés; ainsi, il a effectué la communauté de tous. C'est dans cette union de notre vie avec celle de tous ceux cjui ont été rachetés que nous apprenons seulement à connaître la véritable union avec le Christ, comme dans l'harmonie qui rè^i^ne entre la vie individuelle et la vie universelle, nous apprenons à connaître celle qui nous attache à Dieu. Ainsi, notre propre et véritable réconciliation parle Christ et notre communauté avec lui sont réellement et essentiellement liées à la communauté de tous ceux qui ont été rachetés ; elle est identique avec celle-ci ; elle ne peut pas en être séparée, et c'est pour cette raison que la foi en la divinité du Christ ne peut pas exister dans la séparation. En d'autres ternies, l'égoïsme, quelque subtil qu'il soit, n'est pas la règle avec laquelle nous mesurons Jésus-Christ ; nous ne trouvons de cette manière qu'un Christ semblable à nous, parce que nous ne trouvons rien de véritable-

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ment L^r.iiul. rien de vcritablemeiu divin effectue' en nous. Nous connaissons vraiment Jésus-Christ par la conscience d'être admis dans la communauté des fidèles (lui! a rachetés chèrement au prix de son san^, d'v vivre, d'v pouvoir vivre et d'y devoir vivre. Si du reste la rédemption se trouve ici liée si étroitement à la communauté des fidèles, ce n'est pas à dire que celui «jui ne la connaît pas sous le rapport dont nous venons de parler, et ce cas se présente bien souvent dans l'ivi^lise même, ne soit sauvé ; nous aitiions bien souvent la vérité sans la connaître, et nous sommes bien souvent meilleurs que ne le sont nos idées, et réciproipiement : je ne cherche (ju'à faire sentir le rai)port (jui existe entre les deux choses, rapport (jue saint Paul et avec lui Tl^glise primitive a exprimé de la manière la plus claire. — ( )fi ne dira pas non î)1us (pi'il suffit (jue l'on reconnaisse qu'un or.nul nombre d'hommes ont été sauvés par le Christ et tju'on vit avec eux dans une communauté spirituelle et idéale ; car tout ce ciui est réellement idéal est en même temps réel. La véritable communauté spirituelle et idéale a toujours été reo^ardéc, depuis le temps de saint Paul, comme une force en acte. La véritable communauté spirituelle et spirituellement vivante, non celle (lue nous nous bornons à concevoir, n'est telle que lors(iue nous nous trouvons réellement dans la communauté, non lorsque nous y appliquons seulement nos concepts, lors(iue nous nous reconnaissons et regardons comme membres de tout le corj^s, lorscjue nous y vivons et y sommes avec tout ce (jue saint Paul en inférait

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<léj;i(l:ins s;i pri-inicTc l'.pitrc: .lux Corinthiens, cliap. 12 et IV l-'i commun.'iutô des fidèles n'est donc i(l( mIc (l.'ins le sens propre (ju'.'iut.'int (ju'elleest réelK- ; (il! même (ju'ellc ne pouvait devenir réelle que parce (lu'elle est idéale. — Comme en déplaçant ce rapport éternel (|ui existe entre l'individu et le tout qui est la condition delà vraie connaissance de Dieu, chaque nation eut des divinités modifiées et limitées d'une manière particulière, ainsi les hérésies dans le christianisme correspondent aux cultes des nations païennes, et comme le i)olythéisme nacjuit du péché oriorinel, ainsi il sortit de l'hérésie une certaine polychristie, et il serait très intéressant de rechercher en général d'après quelles lois, selon le caractère intrinsèque de chaque hérésie, s'est formée proprement l'idée du Christ. — Comme, dans les religions des peuples du paganisme, il y avait encore des dieux supérieurs à la conception de la divinité à laquelle pouvait atteindre l'homme absolument isolé, il est certain que, si quelqu'un vit dans une communauté de fidèles même limitée, il a toujours une plus haute idée du Christ que s'il veut rester tout à fait seul; et inversement tous ceux qui aperçoivent quelque chose de divin en Jésus-Christ, cherchent à ne pas demeurer isolés et sont forcés de former toujours des sectes. En outre, là où le Christ est encore reconnu comme Dieu, et où l'inévitable nécessité de la communauté n'est pas formellement professée, on s'est toujours représenté le Christ comme s'il avait seulement d^xlaré notre justification, comme si Dieu nous regardait comme justifiés

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