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Les myéloplaxes se présentent sous plusieurs aspects diffé-
rents. Leur protoplasma est coloré en rose plus ou moins foncé; quelquefois il prend très vivement la couleur. Leur
forme est variable : tantôt arrondis, ils sont souvent triangulaires ou ovalaires, quelquefois leur forme est irrégulière. Ils mesurent en général de 27 à 40 . Quelques-uns, très petits, n’ont que 219,5 et contiennent un gros noyau vésiculeux assez analogue à celui des leucocytes mononucléaires avec sa mème enveloppe nucléaire et son fin réseau chromatique. Le noyau, vivement teimté en violet présente des dimensions qui varient en général de 16 à 20 y. Il peut affecter plusieurs dispositions: souvent il forme au centre de la cellule une masse arrondie d'aspect muriforme ; à un très fort grossissement on constate que le noyau est formé par une sorte de boudin contourné sur lui-même, envoyant des bourgeons latéraux; ce boudin est limité par une mince membrane nucléaire à contoùrs nets et contient un fin réseau chromatique avec de petits points nodaux : le boudin est plus ou moins contourné sur lui-même, affectant les dispositions les plus variées; 1£ noyau siège le plus souvent au centre de la cellule, mais quelquefois il est refoulé vers l’un des pôles. D’autres fois le noyau n’est pas unique, mais il existe cinq à six
noyaux secondaires, moins colorés que ceux des cellules précé-
dentes et groupés en fer à cheval ou en couronne. Enfin il existe quelques rares myéloplaxes mesurant en moyenne 24 y, qui sont arrondis et qui semblent simplement constitués par un noyau.
Ajoutons que l’on trouve souvent dans les travées une cer-
taine quantité de substance amorphe semblant agglutiner les
éléments. | D'autre part, on constate aussi la présence de cellules oblongues appliquées sur les travées de la moelle présentant un
noyau plus ou moins allongé ; ce sont des cellules fixes du tissu
conjonctif; ces éléments sont très importants à connaître au
point de vue de l’histogénèse du tubercule, comme nous le
verrons par la suite. Les caractères du noyau, la forme du protoplasma, permettent de les diagnostiquer sans grande difficulté.
Ajoutons enfin que toutes les cellules ne présentent pas un aspect net et typique qui permet de les faire entrer dans l’une quelconque de ces classes. Entre les cellules à aspect caractéristique, il s’en trouve d’autres qui présentent des propriétés intermédiaires et qui établissent des transitions, entre les diftérents types que nous avons admis.
La moelle osseuse du lapin rapidement décrite, il nous faut maintenant étudier l'anatomie topographique de celle de
l’homme. Nous insisterons surtout sur les différences de texture
et de structure de ce tissu chez l'un et chez l’autre. Nous nous guiderons pour cela sur le travail que M. Roger et moi avons publié sur ce ie MY
Anatomie médicale de la moelle des os de l'homme. — Pour faire l'étude de lhistologie topographique de la moelle osseuse normale on se heurtait à une première difficulté: les individus qui succombent sont atteints de maladies, infectieuses ou non, qui peuvent avoir modifié l'aspect histologique du tissu. Cependant, en comparant un très grand nombre de préparations provenant de sujets décédés dans 4 conditions les plus diverses, nous avons rencontré deux /moelles qui nous semblent avoir conservé un aspect normal. Ces deux moelles ont été recueillies, l’une sur un homme de vingt et un ans ayant succombé à une tuberculose aiguë, l’autre sur une femme de vingtans, morte de scarlatine puerpérale, sans aucune infection streptococcique.
Ce qui frappe tout d'abord quand on examine une coupe de
moelle osseuse humaine normale à un faible grossissement, c’est
qu'elle ne présente pas cette division si nette en trois régions : que nous avons observée chez le lapin; on ne trouve pas un sinus central avec son artère, une couche moyenne aréolaire, et une zone corticale formée par un tissu fibrillaire condensé et bourré de cellules. On constate sur la coupe la présence de plusieurs sinus, mais ces sinus sont beaucoup plus petits, beaucoup moins neltement délimités que chez le lapin. Dans chacun.de
(1) Rocer et Josué, Sociélé de biologie, 21 mars 1897.