‹ Moelle Osseuse Des Tuberculeux Et Histogénèse Du TuberculeChapitre 23 sur 59 · TN FAURE · texte numérisé non relu

TN FAURE

consistance molle qui l'infiltrent, à la congestion intense qui s’y produit, enfin à la diminution ou à la disparition de la graisse médullaire.

Étude topographique. — Déjà à l'œil nu on distingue facilement les coupes de moelle proliférée quand le processus est ‘très intense; la coloration des coupes est beaucoup plus marquée; elles paraissent plus opaques que les coupes de moelle graisseuse. Ces dernières en effet sont si transparentes qu'on ne les voit presque pas sur la lame sans le secours du microscope, ce qui est dû à la délicatesse du tissu qui les compose. Le farcissement cellulaire ne se fait pas d'emblée sur toute

l'épaisseur de la moelle. L'envahissement par les cellules

n’est d’abord que partiel ; certaines portions sont bourrées de cellules alors que d’autres présentent à peu près leur texture normale ou le plus souvent des altérations d’un autre ordre. D'une façon générale, quand la prolifération cellulaire ne porte pas sur toute la coupe, elle présente une distribution vaguement systématisée. H semble qu'elle procède lobule par lobule. Certains lobules, c’est-à-dire certaines régions constituées par un sinus entouré d’une portion de parenchyme médullaire sont modifiées, tandis que les voisins ne présentent pas de

prolifération. Quelquefois la délimitation entre ces parties est

nette et brusque. Mais il ne faut pas oublier que cette manière

d'interpréter la distribution des altérations médullaires est poùr une grande part schématique et qu'il est souvent impossible de délimiter les lobules de la moelle de l’homme.

Quand la prolifération cellulaire est peu marquée on voit

dans une région plus ou moins étendue de la moelle osseuse les travées élargies. Celles-ci, comme nous l'avons dit, et comme on peut s'en se compte sur la planche, ne sont représentées à l'état normal que par un simple trait dont il est souvent difficile de distinguer le double contour ; elles sont limitées par deux très minces fibrilles accolées, extrèmement grèles et légèrement sinueuses. Les éléments cellulaires s’infiltrent entre

les fibrilles, les écartent et finalement donnent à la travée

l'aspect d’un boyau plus ou moins large suivant la quantité de cellules qui s’y trouvent. Entre les fibrilles limitantes on voit des trainées de cellules qui s'unissent et s'anastomosent aux points nodaux du réseau. À ce niveau, c’est-à-dire dans les régions où plusieurs travées s'unissent, il existe souvent des masses de cellules plus considérables. Par suite de l’augmentation d'épaisseur des travées, la graisse des ceilules graisseuses situées dans les mailles a diminué de quantité ; les aréoles ont perdu ce que les travées ont gagné. D'une façon générale le tissu semble comme épaissi; il a perdu sa gracilité délicate. Par places au milieu des régions proliférées on peut voir de véritables lacs sanguins; les Ales rouges sont quelquefois

infiltrés dans les travées mêmes et mêlés aux cellules; par

places ils forment des amas où ils ne sont pas mélangés à d’autres éléments. Les lacs sanguins sont arrondis, ovalaires ou irréguliers : ce sont de vrais sinus dans lesquels manque seulement la présence d’une artère. Dans cerlaines moelles ces

lacs sont très étendus et très nombreux ; quelquefois de larges traînées sanguines situées dans des travées viennent s’y Jeter ou.

bien unissent deux lacs entre eux. A ce faible degré d’infiltration cellulaire, les coupes de moelle ont encore conservé vaguement l'aspect normal; on y reconnaît les travées, les bles graisseuses, les sinus.

Il n’en est plus de même quand les modifications sont très

marquées. Des régions entières de la coupe se présentent sous

l'aspect de nappes cellulaires plus ou moins étendues. Jamais

cependant chez l’homme les modifications n'existent au même

degré dans une grande étendue. Toujours on trouve des régions, sur la même coupe le plus souvent, où elles se présentent avec l'aspect décrit précédemment. Dans cette nappe de cellules on distingue par places des aréoles graisseuses perdues pour ainsi dire au milieu des cellules; elles sont beaucoup plus petites que normalement, et semblent comprimées, écrasées par l’abondante prolifération cellulaire. Les fibrilles sont noyées au milieu des cellules et cachées par elles ; on les distingue cependant à un fort grossissement. On ieconnaît facilement un certain nombre

PR Ge.

de myélophaxes répandus sur la coupe et des amas de pigment sanguin | jaune brillant; tous ces détails se voient déjà à un faible grossissement. Enfin ici également on trouve des lacs sanguins analogues à ceux que nous avons déjà décrits; rarement ils présentent la disposition typique entourant une artère. En somme les modifications sont analogues à celles que nous avons étudiées précédemment, mais beaucoup plus marquées. Dans le premier cas les travées étaient encore nettes et se distinguaient facilement quoique épaissies et infiltrées de cellules; ici au contraire les travées ont presque complètement

disparu et sur toute la coupe, ou du moins sur la plus grande

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