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On voit donc que si cette lésion et cette modification du tissu médullaire coexistent le plus souvent dans les moelles de tuberculeux, elles ne siègent pas dans les mèmes régions ; elles
semblent pour ainsi dire indépendantes; il est très rare de
les trouver associées dans une même partie de la moelle. Il n'en est pas de mème expérimentalement. Chez tous les animaux qui ont présenté de la sclérose de la moelle des os
déterminée soit par des lésions tuberculeuses à distance, soit
par-Pinjection de tuberculine dans le tissu cellulaire souscutané, il existait en même temps de la multiplication très abondante des cellules de la moelle. Mais cette prolifération au lieu de siéger dans des régions différentes de celles qui sont
sclérosées se trouve dans les mèmes parties; des cellules aug-
mentées de nombre infiltrent les travées élargies qui, limitées d'autre part par des fibrilles épaissies, prennent un aspect très spécial. Tandis que les deux lésions sont en général nettement séparées chez l’homme chacune d'elles envahissant un dépar-
tement différent de la moelle; chez le lapin au contraire les deux altérations sônt superposées, les mêmes moelles élant à la
fois proliférées et sclérosées. C’est là une différence, en l'espèce peu importante, entre l’homme et le lapin au point de vue du mode de réaction du tissu médullaire dans la tuberculose.
Si les altérations et modifications précédentes sont fréquentes: chez les tuberculeux, il nous reste à décrire une lésion qui y
semble au contraire tout à fait exceptionnelle: la dégénéres-
cence amyloïde. | |
4 Dégénérescence amyloïde.
Nous n'avons observé cette lésion que dans un seul cas. Il s agissait d'un malade qui présentait des abcès froids multiples
au niveau des membres en mème temps que des lésions tuber-
culeuses peu avancées des sommets des poumons. A l’autopsie, il y avait de la dégénérescence amyloïde du foie, de la rate et des reins facile à déceler à l’aide de la teinture d’iode.
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La moelle osseuse (1) de l'extrémité supérieure du fémur est très rouge, sa consistance est très diminuée, elle est presque
diffluente, en un mot elle présente l’aspect de la moelle lym-
phoïde. La teinture d’iode ne donne pas de réaction nette, ce
qui est dû à ce que, comme nous le verrons, la dégénérescence de la moelle est tout à fait au début de son évolution.
= Sur des coupes colorées à la façon ordinaire, on constate une
prolifération très considérable des cellules de la moelle portant .
surtout sur les leucocytes mononucléaires, les autres variétés de cellules étant beaucoup moins abondantes. NAN Sur les coupes colorées par le violet de méthyle et montées dans la glycérine, on constate d'une façon manifeste des lésions de dégénérescence amyloïde au niveau des petites artères. En effet, sous l'influence de ce réaclif, certaines parties des parois artériellés prennent une coloration rouge intense tranchant sur
la couleur bleue violette des autres éléments anatomiques. La
lésion est très limitée ; elle ne porte que sur un certain nombre
de vaisseaux; quelques-uns sont atteints dans toute leur circon-
férence mais cela est exceptionnel; le plus souvent c’est une partie très restreinte du vaisseau qui est lésée; l’altération
d'autre part ne s'étend pas à toute l'épaisseur des tuniques, elle
semble nettement cantonnée à l’endartère. Dans certaines coupes on trouve trois ou quatre artères atteintes, tandis que
dans d’autres il est fort difficile d'en trouver une. En somme il :
s’agit là de lésions tout à fait au début au niveau de la moelle osseuse. Tous les autres organes étaient atteints de cette même lésion et à un degré beaucoup plus intense que dans la moelle osseuse: le système artériel de ce tissu participait aux lésions
qui existaient dans d’autres parties 1 mais à un degré ere
moindre.
Nous voilà arrivés au terme de la description des lésions et modifications à distance que l’on peut trouver dans la moelle des os des tubercaleux. L'une de ces modifications la plus fréquente n’est pas à proprement parler une altération mais elle
. A A \ . , y “ (4) Je.remercie mon camarade et ami Carnot qui m à procuré;cette pièce.
semble subordonnée à la fonction même du tissu médullaire.
Les autres sont de vraies altérations: ce sont la sclérose de la moelle et la dégénérescence amyloïde de ses artères. La première
de ces lésions peut se montrer isolée, mais elle est le plus souvent associée à la prolifération des cellules médullaires ; la seconde s'accompagnait dans le seul cas que nous ayons eu l’occasion d'observer de multiplication des éléments cellulaires du tissu de la moelle.
- Expérimentalement nous avons reproduit et la prolifération à la sclérose avec quelques légères différences cependant entre l'animal et l’homme, Hrehos inhérentes à des degrés dans l'activité de ce tissu chez l’un et chez l’autre. La moelle réagit
plus facilement et plus vite chez le lapin adulte que chez
l'homme; ce sont là des nuances dont il importe cependant de tenir compte. Nos expériences ont prouvé: 1° que la prolifération et la sclérose sont bien en rapport avec l'infection tuberculeuse et qu’elles ne sont pas dues aux infections secondaires
et intoxications ayant pu passer sur le malade: en effet l’inocu-
lation de cultures pures de bacilles de Koch en des points quelconques de l'organisme détermine chez l'animal des modifications ou lésions analogues de la moelle osseuse; 2° que c'est par les toxines que la tuberculose actionne la moelle osseuse ; en effet, l'injection sous-cutanée de tuberculine détermine la prolifération médullaire; l'injection par petites doses échelonnées donne naissance à des lésions scléreuses marquées au niveau de la moelle des os. |
Nous avons étudié jusqu’à présent les modifications à distance de la moelle osseuse, celles qui ne sont pas en rapport avec la présence du bacille au niveau même du tissu médullaire. Ce sont des manifestations éloignées de la lutte que soutient l’organisme contre les germes envahisseurs ou de sa déchéance, ce ne sont pas des lésions à proprement parler tuberculeuses, on peut seulement dire qu'elles sont sous la dépendance de l’infection par le bacille de Koch.
Nous allons maintenant aborder une Aihe partie de la question. Nous allons décrire le tubercule de la moelle, nous cher-
cherons à le reproduire expérimentalement et à suivre stade par stade son mode de formation. Par suite nous serons amenés à discuter les différentes théories qui ont été émises sur l’histogénèse du tubercule.