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épithélioides, considérées d'abord comme e spécifiques et permet-. tant de reconnaître la nature tuberculeuse d'une lésion, ne sont. pas particulières à la tuberculose, mais peuvent survenir dans
maintes aulres circonstances. Plus tard, Laulanié(1) ne constatet-il pas chez le chien des granulations ayant l'aspect et les carac-
ières du tubercule, causées par les œufs du strongylus vasorum.
Hip. Martin détermine de même par. inoculation intraveineuse
de poudres inertes des granulations du poumon. à ; ï
Origine de la cellule géante. Théories de la période prébactérienne. —
Si les auteurs discutent la valeur diagnostique de la cellule
géante et des cellules épithélioïdes,. ils cherchent à se rendre
compte en même temps du mode de formation de ces Éurieuses. cellules. Dès le principe, Langhans pose le problème dans son remarquable travail, il admet “déue hypothèses possibles ; ou la
cellule géante se développe aux dépens d'une seule cellule
altérée et modifiée, ou bien elle est conslituée par | a réunion et
la confluence de plusieurs cellules. Considérée par Koster comme résultat de la prolifération de Fendothélium lymphatique, par
‘Liegler comme se développant aux dépens des globules blancs émigrés, Ja cellule géante a été tour à tour attribuée par Schup- |
pel à l'hyper tophie d'un leucocyte avec multiplication de ses
noyaux, puis à là coupe d'un vaisseau dont le centre contient
un coagulum, l’endothélium formant les 1 noyaux périphériques ;
il admet ensuite qu'elles sont dues ainsi que tout le tubercule au bourgeonnément d'un protoblaste intravasculaire. Cette origine A LE ten de la cellule géante a été admise par de nom- breux auteurs. Brodowskv (2) suppose que la cellule géante est . constituée par une cellule vasoformatrice arrètée ne Sa croissance avant d’être canalisée. Cornil (3) croit pouvoir prouver
que la cellule géante a une origine intravasculaire, elle repré-
sente un vaisseau dont la paroi et le contenu sont modifiés par
(1) LauLanré. Archives de Physiologie, 1884, L. IT, p. 487, et Thèse, Hyon 1888.
(2) Bronowsky. Virchow’s Archiv., 187B,-vol« K3, p. 113. $ ]
(3) Corni. Société de biologie, 1878, p. 100.
linflammation spéciale de la tuberculose. Mais Malassez (1)
n'admet pas cette manière de voir, il a observé des cas où les cellules géantes sont si nombreuses et si rapprochées qu'elles se touchent presque, il est donc dificile d'accepter qu’elles représentent autant de vaisseaux. De plus, dans des dissociations, ces cellules ne sont pas régulièrement arrondies comme sur, des coupes, mais elles présentent de nombreux prolongements. Cet auteur se demande si ces cellules géantes ne dérivent pas des cellules vasoformatrices. Kiener admet également celte opinion déjà émise par Brodowsky. Enfin, Charcot et Gombault (2) pensent que la cellule géante est causée par un amas de cellules tassées les unes contre les autres. Plus tard, ces éléments subissent la transformation vitreuse qui amène la fusion des cellules. Les noyaux entrent en prolifération active, Puis survient la caséification qui procède du centre vers la périphérie de la cellule géante.
Telles étaient les opinions des auteurs sur l'histogénèse du tubereule-et des cellules géantes tuberculeuses, ui en 1881 la découverte du bacille de la tuberculose par Koch vient modi- fier en les précisant nos connaissances sur la tuberculose. L'élément spécifique qu'on n'avait pu trouver par les constatations anatomiques, la bactériologie nous le faisait connaître. Avant la découverte du bacille, la seule chose qu'on pouvait considérer comme spécifique e’élail, comme le faisait remarquer Baum- garten, non pas la structure du tubercule, non pas la présence de cellules géantes ou épithélioïdes, mais l'évolution: la tendance à la dissémination et à la généralisation et la transformation caséeuse. |
Période Bactérienne.
Après la découverte de Koch, les méthodes de recherche PTE RS |
(1) Mazassez. 1bid., 1878, p. 105.
(2) Cnarcor et Gougaucr. Ibid, 1878, p. 281.
2 06 2 furent changées, c'est par l'infection tubereuleuse expérimentale dont on peut suivre jour par jour l’évolution dans différents organes que l’on s “efforce de précisez l'histogénèse du tubercule. CUT | 4 Ces travaux ont amené les auteurs à deux opinions contraires.
» Suivant les uns, ce sont les cellules migratiles qui jouent le
rôle essentiel dans la formation du tubercule. Ce dernier serait surtout constitué par les cellules qui ont été désignées par Mets-
chnikoff sous le nom de phagocytes. Ce scraiént les globules
- blancs du sang et les cellules Iymphatiques qui engloberaient les bacilles tuberculeux comme ils le font pour les autres germes et qui en se. transformant et s'altérant consécutivement constitueraient le tubercule. Si les éléments fixes du tissu
jouent un rôle, et tous les auteurs partisans de cette théorie ne:
l'admettent pas, ce rôle esl minime et secondaire. Ce qui prime-
rait tout dans l’histogénèse du tubercule, c’est le phagocyte
destiné à s'emparer du bacille de Koch et à le tuer. Dans le camp opposé se trouvent les auteurs qui attribuent surtout aux cellules fixes du tissu l'édification du néoplasme tuberculeux. Ce ne sont pas des cellules accourues dans le tissu pour s’emparer de l’envahisseur qui constituent le tubercule; le tubercule
n’est pas une sorte de néoformation surajoutée, constituée aux
dépens de cellukes venant d'autres parties de l'organisme et
arrêtées au point où se trouve le microbe pour lutter contre.
lui. Mais ce sont les éléments constitutifs mêmes du tissu ; cellules du tissu conjonctif, cellules épithéliales qui forment le nodule tuberculeux. Le néoplasme n'est pas une tumeur ajoutée au tissu, une sorte de partie étrangère résultant de la lutte du
bacille contre des cellules n’appartenant pas en propre à l'or-.
gane atteint, mais appelées à ce niveau pour englober, digérer et annihiler l'ennemi; c'est une tumeur faisant partie intégrante du tissu et développée à ses dépens. Certes, ici encore, dès leucocyles peuvent accourir ; mais ce n’est qu’à titre secondaire, les éléments migratiles entrant en Jeu alors que le tubercule est déjà constitué. Pour ces auteurs, l'élément essen-
tiel, celui qui concourt vraiment à l'édification du tubercule,
c'est la cellule fixe du tissu ; les cellules migratiles ne jouent qu'un rôle tout à fait secondaire. — En un mot, pour les uns, le tubercule est constitué par les cellules migratiles ; PEU les autres, c’est aux dépens des cellules fixes qu’il se forme. Les deux opinions s'appuient sur des arguments tirés de Mn pathologique et de P expérimentalion.
Théorie de l'origine migratile du tubercule. — Parmi les auteurs
partisans de la première théorie, parmi ceux qui admettent
que le tubereule se développe aux dépens des cellules migratiles, il faut citer en première ligne Koch lui-même. Et
cependant cel auleur n’est pas absolument affirmatif; il émet
des doutes à certains moments et semble admettre que les cellules propres du tissu puissent prendre uné certaine part dans l'édification du tubercule; cependant il penche plutôt vers
l'opinion contraire. Suivant lui, le bacille englobé par une cellule migratile s'arrête en un point. Koch se demande si le leuco-
. cyte se détruit et met en liberté le bacille qui pénètre alors dans
les éléments voisins, ou si les cellules migratiles mêmes forment sur place les cellules épithélioïdes : cette dernière opinion lui semble plus probable. Quoi qu'il en soit, les sécrétions du bacille agissant sur les cellules voisines, fixes ou migratiles les transforment en cellules épithélioïdes.. Quant à la cellule qui primitivement contenait le bacille, il suppose qu’elle se transforme en cellule géante. On voit que cet auteur n’est pas afhrmatif. Suivant lui, c'est par la cellule migratile que le bacille -englobé est transporté dans les organes et il n'est pas éloigné de croire que ces mêmes cellules donnent naissance aux éellates épithélioïdes et aux cellules géantes ; si ses préférences sem-
blent acquises à la théorie migratile, il admet pourtant que les cellules fixes puissent jouer un rôle dans l'édification du tuber- -cule. Puis
Si Koch n'ose pas se prononcer, Metschnikoff (1) et ses élèves sont tout à fait affirmatifs. On connaît les beaux travaux de ce
(4) METSCHNIKOFE. Virchow’s Archiv., 1888, vol. 113, p. 65. * JOSUÉ e 7
savant sur la phagocytose. Il conclut de ses recherches d’anatomie comparée et expérimentale que ce sont les éléments migratiles issus du feuillet moyen du blastoderme quisont chargés de protéger l'organisme contre les germes en les englobant et les digérant. Le processus n'est point différent pour le bacille de Koch. Étudiant l’action de cultures de tuberculose aviaire sur un petit rongeur, le spermophile, il affirme que les cellules géantes et épithélioïdes ne sont pas des formes régressives, des PS TRS de mourir des cellules. Au contraire, ces éléments sont doués suivant lui d'un pouvoir phagocytaire considérable. IL donne comme preuve les formes régressives des bacilles que 2 l'on trouve englobés dans leur protoplasma. Les microorganismes sont plus gros que normalement; ils se colorent mal. La partie centrale ne garde pas la couleur, quelquefois c'est la partie périphérique qui présente la même altération. Souvent le bacille se transforme en un corps jaunâtre ayant la forme d’un saucisson où l’on constate parfois un canal très mince ; les bacilles déformés peuvent se réunir en masses ayant la form d'un mor ceau d’ambre. Les cellules épithélioides et géantes englobent | donc les bacilles, les altèrentetles digèrent ; elles appartiennent . bien à la classe de phagocytes. Weigert({i) s'élève contre cette manière de voir; il se demande si les bacilles n'étaient pas déjà tués et altérés hvant de pénétrer dans les cellules; enfin il ne peut admettre le rôle phagocytaire de ces éléments qui sont des cellules dégénérées et qui, par conséquent ne présentent pas une grande activité vitale. Metschnikoff (2) revient plus tard sur l'histogénèse du tubercule et cherche de nouveaux arguments en faveur de la constitution du tubercule par les haie dans l'étude des tubercules microscopiques que l’on observe au niveau du foie, à la suite d’injections intraveineuses de tuberculose aviaire au lapin. Les cellules épithélioïdes et les cellules géantes se développent, suivant cet auteur, aux dépens des phagocytes, c’est-à-dire des
(1) Weicerr. Forschr. der Med., 1888, p. 809. à (2) Merscunirorr. Annales de l'Institut Pasteur, 1888, p. 604.
grands leucocytes mononucléaires et accessoirement de l'endo- … thélium des capillaires intra-acineux. Jamais la cellule hépatique ou une cellule épithéliale quelconque ne prend part au processus. Si l’on constate des figures Karyocinétiques dans les cellules du foie, celles-ci sont enrapport uniquement avecla régénération du tissu. D’autres variétés d'éléments migratiles peuvent contribuer : également à la constitution du tubercule: es lymphocytes peuvent subir la transformation épithélioïde ; par contre, si les leucocytes polynucléaires englobent facilement les: bacilles, ils périssent rapidement et deviennent la MES des coca mononucléaires, ou macrophages. En somme, « le tubercule est composé d’une réunion de phagocytes d'origine mésodermique qui affluent vers les endroits où se trouvent des bacilles: et les englobent ».
Gilbert et Girode étudiant la tuberculose hépatique admettent également que le tubereule se forme aux dépens des éléments migratiles ; les cellules née dose disparaîtraient par atrophiet
D'ailleurs Yersin (1), élève de Metschnikoff, avait déjà étudié le développement des tubercules dans les différents organes à la suite d'injection intravasculaire de cultures de tuberculose, aviaire sans doute. Il avait montré des bacilles arrêtés dans les capillaires, y déterminant consécutivement des coagulations fibrineuses. Puis les leucocytes viendraient entourer les bacilles pour les englober et se transformeraient ensuite en cellules épithélioïdes.
Borrel (2), étudiant l’ histogénèse du tubercule dans le poumon et le rein à l’aide de ire de tuberculose humaine, arrive à des conclusions à peu près identiques. Les bacilles inoculés dans les veines sont aussitôt englobés par les leucocytes polynucléaires; ceux-ci s'arrêtent dans le poumon et y meurent; des leucocytes mononucléaires surviennent alors ct englobent les amas bacillaires ; ils se transforment ensuite et finissent par
(1) Yersin. Thèse, Paris, 1888, et Annales de l'Institut Pasteur, 1888, p. 24ÿ. (2) Borne. Ibid., 1893, p.593, et ibid., 1894, p. 65.
constituer les éléments du tubercule. Dans les alvéoles les cel-
lules à poussières jouént le même rôle que les leucocytes mononucléaires. Dans le rein le processus est tout à fait analogue.
En résumé suivant tous ces auteurs, les bacilles sont englobés par les cellules migratiles. Ce sont ces cellules migratiles qui,
une fois qu'elles se sont emparées du bacille finissent par périr
en se transformant en cellules épirhéhoides et géantes; les élé-
ments fixes du tissu ne participent pas à la constitution du petit
néoplasme qui est une produclion surajoutée. Si l’on constate
des figures karyocinétiques des cellules fixes du tissu, celles-ci
sont en rapport avec les processus réparateurs et de régénération el non avec la formation même des cellules géantes et épithé- … lioïdes. D’autres fois ces figures de mytose sont dr à la division indirecte deleucocytesintravasculaires commé Cornil l’a observé.
Nous insistons avec intention sur la présence de ces figures
kayocinétiques et sur leur signification, car nous verrons que c’est de leur présence que les partisans de l origine du tubercule aux dépens des GR fixes tirent leurs principaux argu-
ments.
Théorie de la formation du tubercule aux dépens des cellules fixes.
— C'est la théorie de ces derniers auteurs que nous allons expo-
ser maintenant. Les cellules migratiles, pour eux, ne jouent qu'un rôle tout à fait secondaire et accessoire dans la génèse du tubercule. Ce qui constitue à proprement parler la granulation, ce ne sont pas des globules blancs plus ou moins dégénérés et modifiés, mais les cellules mêmes du tissu envahi, aussi bien - les cellules du tissu conjonctif que les cellules épithéliales. Le tubercule n’est pas dû à un processus parenchymateux. Toutes les parties constituantes, aussi bien la trame conjonctive du tissu que ses éléments nobles participent à l'édification du tubercule. Celui-ci n'est pas une production surajoutée mais le résultat des transformations du tissu lui-même.
C'est Arnold (1) qui le premier admet que les cellules épithé-
(1) Annozp. Virchow’'s Archiv., vol 82, 83, 81-88.
liales participent à la formation du tubercule. Cet auteur avait observé au sein du tubercule des cellules épithéliales en voie de division indirecte. Il conclut de ses recherches que les éléments épithéliaux jouent le rôle principal dans la formation des cellules épithélioïdes et géantes.
Baumgarten (1) étudie ensuite avec un à grand soin l’histogé-
ae gèse du tubercule ; il admet que Te se développe aux
dépens des cellules fixes, les éléments migratiles n'intervenant
que d’une façon tout à fait accessoire Fee l'édification du néoplasme. Il nous faut exposer en détail les expériences de cet
auteur à cause de leur importance et du soin avec lequel elles
ont été conduites. Baumgarten insère dans la chambre anté-
rieure de l'œil du lapin de la matière tuberculeuse et étudie
| je par jour l’évolution de la lésion. Jusqu'au cinquième jour,
il n’y a pas d° altération appréciable des tissus, autres que celles en rapport avec la cicatrisation de la petite plaie. À ce moment
on commence à voir dans les coupes voisines du point d’inocu-
- lation quelques bacilles en partie libres dans la substance inter-
cellulaire, en partie inclus dans les cellules fixes. On trouve alors pour toute lésion quelques figures karyocinétiques isolées :
dans les cellules fixes voisines du territoire envahi. Le sixième
jour on constate dans les places où les bacilles forment des amas plus abondants, des masses de cellules de nouvelle for-
mation qui ont les caractères des cellules épithélioïdes. Vers
le septième et le huitième jour le nombre des figures karyoci-
nétiques augmente. Vient-on à temps, on voit toutes les cellules
fixes en voie de division indirecte; le lendemain il existe de
nombreuses cellules épithélioïdes. Mais à ce moment survient un nouveau phénomène, c’est l’envahissement du tubereule
par des cellules migratiles: ce sont de petits leucocytes, à
noyau rond entouré d'une couche de protoplasma très mince, ce qui les distingue des cellules épithélioïdes à gros noyau vésiculeux très clair, à protoplasma gonflé. Plus tard le nom-
- bre des cellules migratiles augmente toujours; elles finissent
(1) BaumGarten. Lehrbuch der Pathologischen Myhologie, 1890, t. I, p. 556 à 59%,