OBSERVATIONS
OBSERVATION I Prolifération des cellules de Ia moelle.
. Tuberculose pulmonaire chronique. — Infiltration tuberculeuse des deux sommets.
Le nommé T.., âgé de 27 ans. Élève en pharmacie. Entré le 19.
février 1897, salle Corvisart, n° 21, à l'hôpital de la Charité.
Tuberculose pulmonaire chronique, vulgaire avec fièvre. Symptômes
de ramollissement de tout le poumon gauche, ràles sous-crépitants au sommet droit. Le foie déborde les fausse côtes de deux travers de doigt. La rate est normale. Le malade meurt le 15 Mars, à 2 heures de l'après-midi après avoir présenté de violents accès de dyspnée. -
L’autopsie est pratiquée le {7 mars à 10 heures 1/2 du matin, 40 heures après la mort:
Les deux poumons présentent de l'infiltration —tuberculeuse, le point de départ de cette lésion récente semble être d'anciens tubercules qe deux sommets.
La moelle osseuse extraite d'après les procédés déerits au début de ce travail est rouge et molle dans certaines régions.
Examen taire de la moelle osseuse. — Déjà à un faible gros-
sissement, on constate une prolifération intense des cellules de la
moelle osseuse. Les régions proliférées n'oceupent pas toute l'étendue
de la coupe. À côté des parties modifiées, on en trouve d’autres ayant l'aspect normal. La distribution des parties proliférées semble prendre assez nettement la forme lobulaire, c'est-à-dire qu'elles semblent commandées par la présence d'un sinus plus ou moins net. Dans les portions atteintes on constate une prolifération cellulaire assez marquée, sans que cependant la disposition trabéculaire n'ait disparu en aucun point. On y distingue facilement, même à un faible grossissement, la présence
d'un assez grand nombre de myéloplaxes. Au niveau des parties non proliférées la moelle présente son aspect normal. Nulle part il n'y a d’épaississement des artères ; les fibrilles ont leur minceur et leur gracilité normales. Par places on voit des amas de globules rouges qui forment de véritables lacs sanguins ; la congestion est donc marquée en certains points de la moelle.
À un fort grossissement on constate des leucocytes mononucléaires assez nombreux. Ils présentent leur aspect ordinaire, Le noyau est vésieuleux et présente un réseau chromatique moins délicat que chez le lapin avec des points nodaux. Le protoplasma est de forme et de volume variables. Les leucocytes polynucléaires quoique abondants également, sont beaucoup moins nombreux que les éléments précédents.
Les Iymphoéytes sont assez nombreux. Ils sont de volumes très différents. On trouve par places des éléments ayant un aspect intermédiaire “entre celui des leucocytes mononueléaires et les lymphocytes.
Les globules rouges à noyaux sont assez nombreux ; ils sont mélangés aux autres éléments.
Des cellules du tissu conjonctif assez nombreuses el volumineuses sont appliquées sur les travées. |
Enfin on trouve des myélopiaxes très beaux et très nombreux. Leur - volume est cependant beaucoup moins considérable que chez le lapin. Les noyaux de ces éléments ont le plus souvent la forme d’une couronne bosselée. D'autres fois on trouve des noyaux multiples situés dans l'intérieur de la cellule, dans la partie centrale de l'élément.
Il existe de plus un assez grand nombre d'éléments dégénérés ayant perdu leur noyau, et représentés seulement par une masse de protopläsma souvent volumineuse, dont les contours sont peu nets. On peut se demander si ces altérations cellulaires ne sont pas cadavériques et dues à ce que l’autopsie n’a pu être faite que tardivement. Un fait est remarquable, c’est que malgré l'heure tardive de l’autopsie, la plupart des cellules sont conservées et faciles à reconnaitre. Tel est l'aspect des parties proliférées. .
Dans les régions non proliférées on trouve la structure normale de la moelle avec ses travées grêles, où il n'existe que de très rares cellules.