‹ Moeurs et caractères des peuplesChapitre 103 sur 132 · UN DUEL CHEZ LES AMARRAR, EN NUBIE - ETBAYE ET BICHARIEH · texte numérisé non relu

UN DUEL CHEZ LES AMARRAR, EN NUBIE - ETBAYE ET BICHARIEH

Les duels parmi les peuples de la Nubie ne sont pas rares. J'ai été témoin de l'un d'eux, dont les armes étaient de simples courbaches. Il en est aussi à l'arme blanche.

Chez les Amarrar par exemple, lorsque quelque cas grave conduit deux individus sur le terrain, les chefs de la tribu les y ont précédés; ils s'assoient accroupis, suivant leur coutume, et de manière à former un cercle au milieu duquel se placent, posés à califourchon, l'un contre l'autre, les champions. On leur donne alors un couteau, dont le plus favorisé se sert pour frapper le premier son adversaire, après quoi il lui présente l'instrument pour que celui-ci le frappe à son tour, et ils continuent ainsi, non pas jusqu'à ce que la mort s'ensuive, car il est défendu de frapper des coups mortels, mais jusqu'à ce qu'il plaise aux cheikhs, juges du combat, d'y mettre fin. Ceux-ci, pendant que les combattants se tailladent les bras, les cuisses, les mollets, les épaules, avec une espèce de courtoisie sauvage qui implique l'éloge ou le blâme du dernier coup porté, ceux-ci, dis-je, fument et boivent du lait que l'on fait circuler à la ronde dans des courges, des outres ou d'autres vases. Leurs yeux ont suivi toutes les péripéties du duel, et, quand ils pensent que le sang a suffisamment coulé, ils se lèventet séparent les deux antagonistes qui s'avouent satisfaits et s'en retournent tranquillement.

' LiNANT DE BeLLEFONDS.

NUBfE ET ABYSSISIE.

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