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LES ARABES DU MAROC

Le costume des soldats est aussi noble dans son ensemble qu'il est simple dans ses détails : les jambes sont nues ; une robe ronge î\ larges manches, unie ouijlrodée, suivant le grade, tombe jusqu'à mi-jambe; une ceinture de cuir rouge la serre autour des reins ; un tarbouch rouge, de forme conique, coiffe ces tètes rasées, comme la corne menaçante des antiques Orientaux ; un ample burnous laisse à peine entrevoir la tunique écarlate. Quand ces blancs cavaliers, fièrement assis sur leurs chevaux à longs crins.

BARBARIE ET SAHARA. 231

passent à Thorizon, enveloppés dans un nuage de plis flottants, le plus humble parmi eux semble grand comme un César.

Si on les compare à ces fashionables qu'on voit, dans nos grandes villes, parader sur leurs chevaux luisants et promener en radence leur mesquine et bizarre silhouette, on est forcé de reconnaître que l'avantage n'est pas du côté de nos élégants ; poussez plus loin le parallèle, vous vous convaincrez que, dans notre Europe savante et industrieuse, le sentiment du beau va chaque jour s'affaiblissant. Vous retrouverez, au milieu de ces populations barbares, les vestiges de la flamme antique, le souffle puissant du génie des arts et de la poésie. Tout chez les Arabes révèle un goût fécond et respire une grâce naïve qui sait rompre victorieusement les entraves d'une industrie grossière et éclater aux yeux les plus inhabiles : architecture, ornementation, costumes, céramique, tout est grand, ingénieux, noble, élégant. Ils ont surtout un merveilleux instinct pour combiner en mille façons les lignes les plus variées et pour en faire des arabesques délicates. Ils ont un vif sentiment des contrastes et des couleurs, ils emploient avec prédilection les plus brillantes et les plus pures: Técarlate, le bleu céleste, le vert pré, l'orangé, le jaune vif, le violet, se mêlent hardiment dans Un ensemble riche et cependant harmonieux. Ils recherchent l'éclat des broderies d'or et d'argent, les perles et toutes les pierres précieuses, les mosaïques variées et de couleurs brillantes. Ils ont horreur des vêtements étriqués, et savent porter avec majesté les belles draperies dont les plis rappellent les statues de la Grèce, les marbres de Phidias.

Narcisse Cotte, le Maroc contemporain.

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