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LES HABITATIONS DES DIOUR ( HAUT NIL

Dans toute la partie de l'Afrique que j'ai visitée, je n'ai pas rencontré une seule tribu dont l'architecture m'ofl'rît une disposition qui ne lui fut particulière. Les cases des Dioûr ne ressemblent pas a celles des Ghillouk, qui sont en forme de champignon, ni aux habitations des Dinka, habitations plus massives que distinguent des appentis et des porches. Ce sont en général des constructions fort simples, sans ornements d'aucune sorte, mais qui néanmoins présentent dans leur structure le soin et la symétrie que tous les nègres paraissent apporter dans l'érection de leurs demeures. Un clayorinage fait de bois ou de bambous, et recouvert d'argile, en constitue la muraille. La toiture est simplement une pyramide de chaume qui aurait pour section .un triangle équilatéral.

Chacune de ces huttes contient un large récipient de la forme d'une bouteille, énorme jarre de vannerie dans laquelle qp serre le grain. Pour les protéger contre les attaques des rats, ces

paniers sont recouverts d'une couche épaisse d'argile ; ils ont souvent cinq ou six pieds de hauteur et occupent une grande partie de la hutte. Quelquefois ces récipients sont faits d'un mélange de terre et de paille hachée. Il arrive fréquemment qu'ils survivent aux cases qui les renfermaient; on les prendrait alors pour les anciens fours des habitations détruites. Ce meuble, qui en arabe du Soudan s'appelle goK^gahy a été emprunté aux Dinka par les Dioûr ; on ne le trouve ni chez les Bongo ni chez les Niam-Niam, qui se font des greniers en dehors de leurs rases.

George Sohweinfukth, Au cœur de V Afrique^ trad. par M'"'' IL Loreaii {Tour du monde).

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