GRANDE MODE DANS L'AFRIQUE INTÉRIEURE
Les Vouagouhha nous frappèrent par leurs coiffures compliquées. Beaucoup d'entre eux divisent leur chevelure en quatre parties ; de chacune de ces masses ils recouvrent des coussinets ; puis ils font des nattes de la portion terminale, y ajoutant de faux cheveux, s'il est nécessaire.
Les quatre nattes sont ensuite attachées derrière le chignon, où elles forment une croix. Des brochettes, ou de nombreuses épingles de fer ou d'ivoire, épingles à grosse tête, plantées à la naissance des cheveux, composent un bandeau ; parfois on les remplace par deux rangées de cauris.
AFRIQUE CENTRO-AUSTRALE. i75
Des élégants mettent aussi dans leur chevelure le couteau dont ils se servent pour le tatouage ; ils surmontent le tout de bandes (le fer poli, disposées en arceaux qui s'entre-croisenl, comme dans une couronne royale. De petits ornements en forme d'éteignoir sont suspendus au bout des nattes ; et un enduit, composé lie terre rouge et d'huile, recouvre les tresses : mode d'un effet saisissant, mais mode malpropre.
D'autres Vouagouhha se tordent les cheveux, après les avoir r>(>:alement divisés, et s'en font quatre cornes, dont l'une, celle (]tii est au-dessus du front, se recourbe en arrière
Les classes supérieures de l'Oubadjoua portent le même costume, les mêmes ornements, le même tatouage que les Vouaroua et les Vouagouhha, et semblent appartenir à la même race. Les gens du peuple, qui, autant que je puis le croire, sont les aborigènes, différent complètement des notables par le costume et par les traits. Leui's femmes se font, dans la lèvre supérieure.
un li'ou qu'elles agrandissent peu h peu en y insérant d'abord
des clievillettes, puis des morceaux de bois ou de pierre, jusqu'à
faire saillir la lèvre d'un pouce et demi à deux pouces : ce qui
les défigure d'une façon hideuse et les empêcbe de parler
dtslinclement.
Pour costume, elles ont d'un à trois coussinets de cuir, faits sur le patron des cornes de buffle; ces cornes, appliquées par leur base, ont la pointe en avant; un petit morceau de feutre d'ôcorce, d'environ six ponces de large sur huit ou dis de lon- (îiieur, s'y accrocbc et sert de tablier. Les hommes se barbouillent la chevelure de graisse et d'argile ronge ; leur vêlement consiste en un Uiblier de peau. Hommes et femmes se tatouent la figure au noir de fumée : tatouage mal fait, qui leur donne l'air d'avoir été profondément égralignés par un chat dont les griffes, au lieu de sang rouge, ont fait venir du sang noir.
Mais gens de haute et de basse classe et gens des deux sexes portent, snspendues au rou ou bien attachées en haut du bras, de petites images sculptées, comme préservatifs contre les mauvais esprits. Ces amulettes sont ordinairement creux et remplis d'ordures qu'y a mises le félicheur....
Camedok. a travers l'Afrique.
{Tour du Monde.)
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