‹ Moeurs et caractères des peuplesChapitre 44 sur 132 · LE MONTAGNARD DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

LE MONTAGNARD DES PYRÉNÉES

C'est une race d'hommes spirituelle, entreprenante et fière. Je leur ai trouvé cette fermeté de ton qui, chez les hommes vifs et prompts, annonce Texpérience des situations difficiles, un choix d'idées qui n'appartient qu'à un esprit cultivé, la politesse naturelle que donne une sensibilité exercée autant que délicate ; je conviens cependant que le caractère que ces dehors font présumer doit être fort irritable. Si l'on y joint le goût des aventures périlleuses, un penchant déterminé à faire la guerre des frontières, un sentiment de liberté, favorisé par des boulevards inexpugnables et aiguisé par le mépris des lois prohibitives, de pareilles gens doivent être difficiles à manier pour quiconque est divisé d'intérêt avec eux. Mais ces contrebandiers, hommes adroits autant que déterminés, familiarisés avec tous les périls, toujours près de la mort, et dont le premier mouvement est un coup de fusil qui ne manque jamais son but, ces hommes qui, pour la plupart des voyageurs, sont un sujet de terreur, moi, seul et désarmé, je les ai rencontrés sans inquiétude et fréquentés sans crainte. On n'a rien à redouter des hommes auxquels on sait n'inspirer ni défiance ni envie. Les lois naturelles existent encore pour celui qui a secoué le joug des lois civiles. En guerre avec la société, il est quelquefois en paix avec son semblable.

Ramond.

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