LES CORSES
L'histoire témoigne du patriotisme des Corses, de leur vaillance, de leur mépris de la mort, de leur respect de la foi jurée ; mais elle raconte aussi leurs folles ambitions , leurs rivalités jalouses, leurs furies de vengeance. Vers le milieu du siècle dernier, la vendetta, qui régnait entre les familles de génération en génération, coûtait chaque année à la Corse un millier de ses enfants; des villages entiers avaient été dépeuplés; en certains endroits, chaque maison de paysan était devenue une citadelle crénelée où les hommes se tenaient sans cesse à l'affût, tandis que les femmes, protégées par les mœurs, sortaient librement et vaquaient aux travaux des campagnes. Terribles étaient les cérémo-
oies funèbres quand on apportait à sa famille le corps d'un parent assassiné. Autour du cadavre se démenaient les femmes en agitant les habits rouges de sang, tandis qu'une jeune fille, souvent la sœur du mort, hurlait un cri de haine, un appel furieux à la vengeance. Ces voceri de mort sont les plus beaux chants qu'ait produits la poésie populaire des Corses.
Grâce à l'adoucissement des mœurs, les victimes de la vendetta deviennent de moins en moins nombreuses chaque année. La fréquence des scènes de meurtre pendant les siècles passés devait être attribuée surtout à la perle de l'indépendance nationale ; l'invasion génoise avait eu pour résultat de diviser les familles. D'ailleurs, la certitude de ne pas trouver d'équité chez les magistrats imposés par la force obligeait les indigènes à se faire justice euxmêmes ; ils en étaient revenus à la forme rudimentaire du droit, le talion.
Le peuple corse, d'où sortit un maître pour la France, était pourtant un peuple essentiellement républicain, aussi bien par ses mœurs de sauvage indépendance que par la nature abrupte du pays qu'il habite.
Elisée ^eclds. Nouvelle Géographie universelle.
ANf.),ETERRE.
L'AMOLAIS (L'HOMME PHYSIQUE -
En voyaat ses épaules charaues, son cou épais et masculin, sa poitrine proéminente, on devine le rude travailleur, le marin intrépide, le fabricant infatigable, le soldat qui se fait tuer à son poste, mais qui résiste mal aux marches forcées et à la faim. Sescheveux blonds ou roux, sa peau blancbe, ses yeux gris, disent les brumes de son pays; sa nuque peu saillante et l'ovale peu accusé de son crâne disent qu'il y a du sang danois dans ses veines ; la force de ses maxillaires et le volume de ses dents disent ses préférences pour le régime animal. 11 a le froni élevé du penseur, mais non les longs yeux de l'artiste. L'état insulaire de l'Angleterre, sa belle situation sur l'Atlantique, ses ports nombreux et magnifiques, ses cours d'eau et la facilité de sa navigation intérieure, tout fait pressentir un grand commerce maritime et les mœurs qui s'y raltacbenl. Mais ce que ne peuvent dire ni le sol, ni le climat, ni la position géographique, ce sont les aptitudes importées par les races.
Dans l'Anglais il y a deu examen superficiel peut se
Le Celte, que l'absence i antérieure fait considérer comme indigène, se rapproche des races néo-latines et surtout des Français actuels. H n'existe guère à l'état d'agglomération que dans quelques districts montagneux du pays de Galles et de l'Ecosse. Son crâne et ses traits indiquent des aptitudes artistiques. Il préfère le christianisme sous sa forme catholique et anglicane. Comme l'ancien Gaulois, il aime le vin, le rire, le jeu, la danse, la causerie, la raillerie, la bataille. Il est
spirituel et porte l'instinct ducomique. Il est fi-anc et hospitalier; mais sa versatilité le reod incapable de mûrir et de poursuivre une entreprise, de se donner les avanta9;es de la réflexion, de se réserver l'avenir. Faute de savoir coordonner ses forces et agir avec ensemble, il est devenu la proie d'un ennemi qui n'était son supérieur ni en nombre, ni en bravoure, ni même en intelligence. La vieille, la joyeuse Angleterre et la verte Irlande ont subi le joiig du Danois, du Saxon et du Normand ; elles ont perdu leur gaieté proverbiale, leurs bardes, leur génie démocratique
et leur civilisation
Le Saxon trouve moyen de spéculer sur tout et de manœuvrer avec babiletédans le dédale de ses lois commerciales. Son tempérament flegmatique fait qu'il ne subit ni les entraînements de l'enthousiasme ni les déceptions du découragement. Il voit juste dans le présent et l'avenir. En luttant dç finesse avec ses adversaires, il apprend à se cuirasser contre les- entraînements du cœur. Sa figure trahit rarement sa pensée intime ; ses traits sont dénués d'une mobilité qui serait un désavantage.
C'est ainsi que l'Anglais joint l'habileté à la volonté, d'où dérive sa puissance dans l'action. Etant fort habile, il prend en lui-même une confiance qui dégénère facilement en orgueil et qui le sauve des petitesses de caractère. Il n'est nî obséquieux ni flatteur ; il rejette les ralTinemenls de politesse, qui lui paraissent une humiliation pour celui qui les emploie; il garde le serment qu'il ne is il fait valoir tous ses avanins laquelle on doit triomne savent pas combattre cl le pas pitié et ne l'accorde guère; il n'a pas la cruauté, qui est une sorte de faiblesse, mais il sait supprimer un ennemi quand il y trouve un avantage marqué.
EnadjoignantàrAoglaisrinitialive individuelle qui se retrouve dans toutes les branches de l'arbre germanique, on doit s'attendre à le voir amoureux de la Hherlé, sans laquelle ses forces ne pourraient prendre leur essor.
Mais cette liberté le conduirait vite à sa perte s'il ne lui adjoignait Tespi it de conduite et s'il ne la tempérait par l'amour de Tordre, qu'il puise dans ses habitudes industrielles et commerciales, r
D' C.LAVEL,
les Races humaines et leur part dans la civilisation.