MINEURS DU PAYS DE GALLES.- LA MISÈRE A MERTHYR-TYDVIL
Aux alentours de Tusine, le long des crassiers où Ton rejette les cendres et les scories de tous les foyers métallurgiques de cet immense établissement, allaient, le dos courbé vers la terre, de pauvres filles déguenillées.
Que venaient-elles (aire en ces lieux? Chercher, au milieu de ces tas encore fumants, quelques débris de coke ou de charbon l)our allumer le foyer domestique. La misère était donc bien grande en ce pays industriel et travailleur, pour que de pauvres familles d'ouvriers en fussent réduites à ces tristes expé- ^lienls!
Les pauvrettes faisaient mal à voir, vêtues de loques, de haillons immondes, un sale mouchoir noué autour dn la tète, parfois même la tête couverte d'une capeline défoncée qui avait peutêtre abrité jadis le chef d'une grande dame. Les unes allaient nu-pieds, d'autres portaient des chaussures éculées, ramassées dans la rue, souvent dépareillées, ayant quelquefois primitivement servi poiu* des pieds d'homme. Quelle misère, grand Dieu! et se peut-il que dans un pays en apparence si riche, si industriel, il y ait des gens à ce point déshérités! A Londres seu
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lemcnt, dans les quartiers les plus sales, les plus misérables, nous devions rencontrer pareil abandon; mais là a» moins la chose s'expliquait par la paresse, le vire, l'absence de travail
suivi, tandis qu'à Merllijr-Tjdvil on pouirait croiri.' que le nombre des usines à fer, des mines de charbon et de toutes les exploitations industrielles du pays doit donner du pain à tout le monde. Il n'en est rien, paraît-il, et, soit qu'il y ait de la faute
(les habitants, soit qu'il y ait de la faute des grands industriels du pays (ce que nous ne saurions croire) , la misère s'étale à Merthyr-Tydvil au grand jour, à la vue de tous, de la façon la plus lanienlable.
L« Simonin, Tour du monde.
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