SCÈNE III LE GRAND VJZIR, LE KAÏMAKAN
LB GRAND Y|ZIRy fiant.
Gloire à Dieu , ces Giaours sont bien drôles I LE KÂisiAKAN, riaut aussi,
Tu parles comme le livre saint; ils sont bien drôles.
LE GRAND VIZIR
Pour une clef?
LE KAÏMAKAN
Comme tu le dis, sage des sages, pour une clé.
LE GRAND VIZIR
Mais, par I9 tombe du Prophète , j'ai un moyen de les mettre d'accord. Un moyen parfait!
LE KAÏMAKAN
Tout ce que tu trouves est parfait I Tu es toimême la perfection, lumière des mondes.
LE GRAND VIZIR
Oui, un moyen parfait, qu'Allah m'assiste !
* LE KAÏMAKAN
Parle , flambeau de l'Islam : mes oreilles s'ou-
vrent à tes paroles comme les fleurs aux rayons du
soleil.
LE GRAND Y izin , éFun ait profofid.
Je leur ai promis cette clef à tous deux ; que le Prophète me pardonne !
LE KAÏHAKAN.
Oui, saint des saints et qu'importe? Ce sont des Giaours.
LE GRAND VIZIR , fiant.
Eh bien I je ne la donnerai à aucun. C'est le moyen de ne point faire d'envieux I Gloire à Dieu ; Dieu est grand. Que dis-tu du stratagème?
LE KAÎMAKAN, fortatit son enthotisiasme jusqu'au
plus haut paroxysme.
Oh ! divin I divin ! Tu es plus profond à toi seul que tous les ulémas de la Mecque. Hais si les Giaours se fâchent?
LE GRAND VIZIR
Alors, je la donnerai à tous les deux.
LE KAÏHAKAN, stupéfatt éFadmiratioti.
Que je baise le pan de ton vêtement I C'est le Prophète qui t'inspire? Décidément tu es le grand
candélabre de llslam; il n'y a point de clarté qui ne Tienne de toi.
[Use séparent là-dessus pour rentrer tous deux
dans leur harem.)