I.ES RA
(Gravure tiiee de
ÎTITE VkUOLE.
atholoi/ie pittoresque).
33o MŒURS INTIMES DU PASSÉ
sa sriMir, Mnio de Bauvcau, chanoissesse do Rcmirc-
IllOllt.
Il nous faudrait encore citer Mirabeau, Danton, le farouche Euloge Schneider (i)... mais ne poursuivons pas (2) ; signalons seulement, au passage, cette particularité ignorée, que Mirabeau écrivit tout un Iraito sur l'inoculation (^).
Cv irai té, Mirabeau l'avait adressé à sa maîtresse, la fameuse Sophie de Monnier, dont il avait eu une lille. La leilre dont il avait accompagné son mé-
(i) Euloge Schneider était alors u un homme de 35 ans environ, laid, gros, court de taille ; aux membres ronds, aux épaules rondes, à la tête ronde. Ce qu'il y avait de plus remarquable dans sa face d'un gris livide, frappée çà et là de quelques routeurs et criblée de petite vérole, c'était le contraste de ses cheveux noirs coupés très ras avec ses sourcils bruns et touffus, sous lesquels étincelaicnt deux yeux fauves ombragés de cils roux. » Les dernières années d^ Alexandre Dumas (1864-1870), par Gabriel pEnny, 278.
(a) Nous pourrions ajouter aux noms cités, celui de Talleyi\A>D, qui cul la variole à douze ans. Il dut quitter le collège; ses parents envoyèrent ime chaise à porteurs pour le transporter non pas dans la maison familiale, mais chez une garde-malade, me Sainl-.Tacqucs ; il eut la chance d'échapper à la maladie, sans en garder de traces.
(3) Cette production du tribun a paru dans une revu*, où nous l'avons retrouvée au cours de nos fouilles rétrospectives. Le manuscrit autographe, signé Gabriel, comprenait 87 pages in-A". Il était intitulé : De Vinoculation considérée politiquement et moralement. 1779. Il a passé en vente le 3o avril 1860 (Catalogue de M. Lucas de Montigny ; Paris, Laverdet, i«6o). -
moire mériterait d'être entièrement reproduite; nous n'en retiendrons que ces lignes :
Crois-moi, ô bien-aimée de mon cœur I Après la petite vérole de Saint-Preux, il n'y en a qu'une de bonne, ^ et c'est l'artificielle. Epargnons à Gabriel-Sophie et à son Saint-Preux, l'épreuve si dangereuse et si triste de l'inoculation de l'amour (i)...
Nous en avons dit assez pour montrer combien les esprits étaient préoccupés de l'inoculation à l'avant-dernier siècle ; mais notre historique resterait incomplet, si nous nous en tenions à ce bref exposé.
(i) Une anecdote, à propos de Mirabeau et de la variole.
Comme il s'agissait d'élire un président à la première constituante, Mirabeau prit la parole et fit le portrait de l'homme qu'il fallait, selon lui, placer à la tête de cette importante assemblée. Et ce portrait, il le traça en termes tels et si précis, que tout le monde comprit où l'orateur trouvait l'idéal en question. Or, Talleyrand craignant néanmoins que l'allusion échappât à quelques-uns, s'écria :
« — Mirabeau a raison... pourtant il manque un trait à la proposition : c'est que le président doit être marqué de la petite vérole ».