VISITE CHEZ LA^NOURRICE
(Litliographie de Victor Adam.)
^rès ; mieux valait, à tout prendre, l'allaitement mercenaire que l'allaitement artificiel. Il était loin le temps oh on en était réduit à ce qu'on appelait la nourriture au petit pot I
L'allaitement à la cuillère ou au petit pot a toujours €u ses partisans : un passage de la Bible semblerait indiquer que les Hébreux connaissaient l'usage du petit pot, le précurseur du biberon.
Les premiers biberons étaient en terre ou en verre. Tantôt ik reproduisaient la forme de la mamelle, taiilôl ils ressemblaient à de petits vases, munis de deux ouvertures : l'une, pour introduire le lait ; l'autre, pour le laisser s'écouler.
Comme chez nos ancôtres gallo-romains, le biberon était connu dans l'ancienne France ; mais tant que rallaitement maternel fut pratiqué, son usage fut très restreint.
Le roman de Robert le Diable, qui date du XIII* siècle, atteste que le bi;beron était employé dès cette époque. Un siècle plus tard, on on retrouvé des modèles variés en terre émaillée, soit sous forme de barillet, à pied, avec anses ; soit de bouteilles de grès, comme les laboureurs en portent parfois en bandoulière : dans les deux, l'orifice unique des vases était si étroit, qu'il forçait l'enfant à humer.
La tétine ne fut imaginée que vers la fin du XVI* siècle, en §uède.
Le prédécesseur de notre biberon actuel était en étain et ressemblait à une petite bouteille ; le bouchon en était traversé par un tube très court, que l'on mettait dans la bouche du bébé, après l'avoir recouvert d'un morceau de linge ou d'une peau percée