‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 109 sur 134 · Mémoires de dAr;/enson, t. IV · texte numérisé non relu

Mémoires de dAr;/enson, t. IV

2.. La Femme au dix-huitième siècle, par E. et J. vv. GoNr.ouHT, ch. XI (Paris, 1877).

H. La Mère du duc d'Enghien, par le comte Ducos, ch. ix (Paris, 1900).

Mit MOKI us I.MIMKS DU l'ASSK

A [)cinc a-L-oii liiii de jaser du coinle de Saiiil- Gerinaiii, celui qui parlait d(> ( ■.liailes-( hiiiit, dp François ^^ de Jésus-( dnisL, comme s'ils étaieuL ses coiilemporairis. (iiiOn aiitioiicc lari'ixée de l'extraordinaire (^aL;lioslro, (|ui preteud détenir les plus admirables secrets.

DOii sort donc cet a\enturier (^ui lait tourner toutes les tètes ? C'est à (jui, [>armi les chroni- (jneiirs. \oiidra (;ii paraître le nrieux iuslriiif.

« Un a sou[)(;ouné longtemps le comi»; de (iagliostro d'être un valet de chambre de ce fam(;u.\M. de Saint-Cieiiiiaiii, (|ui lit tant parler de lui sous le règnede M me Pompadour-, écrit lega/elierGiimin. On croit aujourd'hui qu'il est le lils d'un direc:teur c[es mines de Lima; ce ([u'il y a de certain, c'est qu'il a l'accent espagnol (quatje ans plus tard, on lui trouvera l'accent napolitain , el (|u'il [)aiait fort riche. Un jour qu'on le j)ressait, ciie/. Mme la comtesse de Brienne, de s'expli(|uer snil'origine d'une existence si surprenante et si niystéi'ieuse, il répondit en riant : « Tout ce que je puis « dire, c'est que je suis né au milieu de la mer « Rouge et que j'ai été élevé sous les ruines d'une « pyramide d'Egypte; c'est là, qu'abandonné de « mes parents, j'ai trouvé un bon vieillard ([ui a « pris soin de moi; je tiens de lui tout ce que je « sais. »

C'est de l'engouement, presque de l'idolâtrie,

ALTOUK DU BAyUET DK MESMEH Ml

pour ce |>eisoiirtage bizarre, dont nul ne connaît lew origines, ne soupçonne la nationalité.

« Vous avez peut-être déjà entendu parler du comte Cagliostro, qui est ici, mandait de Versailles une dame de la Gour^ C'est un homme bien singulier. On ne sait de quelle religion, ni de (juelle nation il est; il n'est en relation ni en correspondance avec personne, n'est adressé à aucun banquier, ne reçoit aucune lettre de change, vit bien, paye bien, fait des charités incroyables, a une femme, plusieurs domestiques, sans (ju'on sache où il prend pour fournir à toute cette dépense. Mais ce qui a fait sa plus grande réputation, c'est le concours incroyable de tous les malades qui viennent souvent, môme de fort loin, sur lesquels il fait les cures les plus merveilleuses et réellement innombrables, sans jamais prendre un sol de qui que ce soit, pauvre ou riche... Il y a déjà plusieurs mois que nous voyons tous les jours la même chose; en tàtantle pouls, il dit tous les maux qu'on a, et ceux qu'on a eus ; il avertit même de ceux dont on est menacé, et les moyens de les éviter ou prévenir. Je ne vous parle pas de ses autres connaissances, qui sont incompréhensibles. On parle toujours

1. Correspondance inédite du prince François-Xavier de Saxe (par Thévenot), 94 et suiv.

de la curiosité féminine, eh bien ! cet liomme extraordinaire est dans la même ville que moi; je n'entends parler que de lui ; il vient dans ma maison pour la fille borgne de M. de Belandt, et je n'ai pas encore vu sa physionomie. Qu'on dise encore que les femmes sont curieuses! »

Ce qu'on nous dit du désintéressement du bonhomme se trouve confirmé par ailleurs. A la sollicitation du cardinal de Rohan ^ Cagliostro a fait le voyage de Strasbourg à Paris, pour voir le prince de Soubise, dangereusement malade; il était déjà convalescent quand on lui annonça son sauveur.

Mais qu'on se garde de conclure qu'il ne recherche que la clientèle des princes; les petites gens étaient sûres de trouver accueil auprès du guérisseur.

'■( Quelques personnes de la société de M. le cardinal, ([ui ont été à portée de le consulter, se sont fort bien trouvées de ses ordonnances el n'ont jamais pu parvenir à lui faire accepter la moindre marque de leur reconnaissance. » Qui parle ainsi ? Un de ceux qui ont été témoins de ses cures et qui s'empresse de rendre hommage à sa

I. Le cardinal avait installé dcb' collections de physique cl d'histoire naturelle dans son palais de Saverne. Il s'intéressait beaucoup et principalement à la chimie et à la botanique (cf.FuNCK-BRENTANO, l'Affaire du collier, 2' édit., 80 et 96).

AUTOUR DU BAQUET DE MESMER 34«t

bienfaisance, à sa sollicitude pour les inalheureux. Quels étaient les remèdes dont le rusé compère faisait usage? Vn hasard providentiel nous en a fait découvrir la formule ^ que les biographes les mieux informés nous avaient laissé ignorer. Celui qui nous renseigne prétend avoir fait connaissance de Cagliostro lors du procès du collier.

« J'étais, écrit-il, alors, à Paris, et je voyais souvent un seigneur allemand, l'un des plus zélés adeptes de l'illuminé Napolitain. Ceseigiu ur avait depuis longtemps un catarrhe sur la poitrine, el son médecin commençait à craindre que cette affection n'eût une issue fâcheuse, lorsque Cagliostro entreprit la cure de son disciple. En huit jours, le seigneur fut rétabli. Le seul remède qu'il avait pris était un électuaire pectoral, à la dose d'une cuillerée à café, le matin à jeun. Je demandai au comte sa recette. Il me la donna sans difficulté. La voici :

Manne en larmes 2 onces.

.Suc de réglisse purifié ) a \ j

jT„:,„ j„ „. ^ /.., } aa demi-once.

Huile de sucre candi- )

1. V. le Bulletin de pharmacie, 5" année, n" XII (décembre 1813), Û76 et suiv.

2. Une lettre ultérieure de M. P... K... nous apprend (jue Ihuile de sucre candi se prépare de la même manière que l'huile de myrrhe. On coupe en deux un œuf dur, on enlève le jaune, on meta la place du sucre candi en poudre, on rejoint

HSO MfKURS INTIMKS DU PASSK

« Depuis, je me suis souvent servi pour inoiinême de cette préparation, elle m'a réussi. »

Le comte avail l'hahitude de priser du tabac ; le matin, on lui voyait une très belle boite, dans la(|uelle elail mie poudre slerniitatoire. dont il faisait usa^e et dont il (d:)lenait, disait-il. de 1res bons clfels. ( ".iiriciix (Veu connaître la composilidn, l'auteur de notre récit en deiiiaiide à Cagliostro la recette ; celui-ci s'empifsse de salisfair(^ sa ciiriosil*'.

*< (^(ite poudre cephaliqiie, lui dit-il, n'esl aiilre chose (|ue le m«'dange suivant :

liucine de pyrèthre

Racine d'ellébore blanc ....

Feuillett de béloinr \ - ■

^, j, . \ Mil 1 once.

Semencea a/anis i

Semences de fenouil \

Fumelerre ,

" On t'ait avec ces snbslanccîs une poudre moyenne, et l'on ajoute huit «crains d'ambre oris |)ar once du mélange. »

Cagliostro, voyant cju 'il recueillait a\(>c tant de soins les formules qu'il employait, dit a son in- Icrloculeur* :

« Monsieur J'... E..., jjc \ous gène/ j)as avec moi, je ne fais point mystère des moyens <pie

les deux moitié.s de l'œuf, qu'on ntiuf avi-r un til et qu'on su.>^pend à la cave au-des?<us dun va-^e. An bout de quelque tempî?. il en découle une liqueur sucrée : c'est l'Uuile de sucre candi.

j'emploie. La médecine n'est pour moi (prune occasion de rendre service; si vous croyez pouvoir applitjuer utilement mes recettes, je vous les oftVe bien volontiers. »

A ces niots, il prit dans son |)orlefeuille deux formules, <it ajouta :

« Voici une poudre purgative, très (efficace et très commode, parce qu'elle n'enlraîne pointde dégoût avec elle. Prenez :

Séné mondé ) < \ ,

,,.,,, > .lA 2 (Mites.

Lreme de larlre j

Semences de fenouil ( ^ . •

,, ' . Aa (lenii-onre.

Semences d anis \

Diagrède W drachmes.

(( J-'aiLes du lout une poudre très fiuc cL très égale. La dose est d'un gros poui- les adultes et d'un demi-gros |)Our les enfants. .\j)rès avoir pris la poudre, il faut boire un l)ouillon gi-as. »

C>ette aulre formule, à laquelle Cagliostro atlachait plus de prix encore qu'aux |)récétlentes, est celle d'un électuaire aiili\ cncrien, « qui convient parfaitivnieut dans les maladies syphilitiques an cienru^s, rebelles aux m«'rcurianx », On le piépare a\èc :

Séné mondé ^ ■ • ^ i i

,, , , aa 4 (Irachines.

ilermoUacles )

Hacines de tiirliilli <î di-achnics.

Ecorces de ijniac

Salsepareille AA 1 drat-limes.

Sassafras )

« Pulvérisez le tout, incorporez-le avec une livre de miel réduit à la consistance de sirop par une forte décoction de (juinquina.

« On prend une demi-once de cet électuaire, le matin, de deux jours l'un. »

Cagliostro est-il le véritable inventeur de ces préparations, il est permis d'en douter : il était trop ignorant en médecine pour les avoir imaginées ; sans doute avait-il trouvé ces recettes dans quelque vieux dispensaire, ou un homme de l'art les lui avait-il communiquées.

Mais il aurait pu exploiter ces remèdes, faire prôner leur excellence, publier en tous lieux les guérisons qu'il en avait obtenues, demander au gouvernement, à l'exemple de bien des charlatans, des privilèges, des rentes, des pensions; il avait dédaigné de pareilles ressources. 11 avait, il est vrai, recours à d'autres moyens pour s'en procurer, si nous en croyons d'indiscrètes révélations.

A l'hôtel qu'il habitait, avec sa compagne Lorenza Féliciani, on se rendit longtemps en pèlerinage. Cet hôtel existe ^ à peu près tel qu'il était ([uand il abritait le couple mystérieux; on n'a guère changé que la porte, qu'où a remplacée

1. A l'angle du boulevard Beaumarchais et de la luo Saiiil- Claude.

par une des anciennes portes provenant des démolitions du Temple i.

La maison convenait admirablement pour la destination qu'on lui avait .assignée. Au fond d'une cour étroite, sous un porche, un escalier à rampe de fer ; par cet escalier montaient les adeptes, pleins de foi et de ferveur.

C'est dans cet antre que se déroulèrent les scènes que l'imagination la plus affolée aurait peine à se représenter; c'est là que Gagliostro évoquait les ombres et faisait souper ensemble les vivants et les morts.

Cédant aux instances qui, de toutes parts, l'assaillaient, Mme Cagliostro avait consenti à ouvrir un cours de magie. Pour s'y faire inscrire, il fallait être de qualité et déposer au préalable, dans une caisse appropriée, une somme de cent louis. D'autres conditions, non moins bizarres, étaient imposées au\ adeptes, dont le nombre ne devait pas dépasser trente-six.

« En entrant dans la première salle, chaque femme était obligée de quitter son cul {sic), sa boulFante, ses soutiens, son corps, son faux chignon et de vêtir une lévite blanche avec une ceinture de couleur. Il y en avait six en noir, six en bleu, six en coquelicot, six en violet, six eu

l. V. la Libre Parole, 4 juillet 1899 (article de Gaston Méry).

M(IEORg INTIMES, IV. 38

aai MtHîURS INTIMES nu PASSK

oouleui- tic ruisc, six en impossible. On los fil ensuite entrer dans un temple éclairé, garni de trente-six bergères garnies de satin noir.

« Mme Cagliostro, vêtue de blanc, était bur uii<' espèce de tinine. Quand la lumière fut presque éteinte, la grando-prèlresso ordonna de découvrir la jambe gauche jusqu'à la cuisse, puis d'élever le bras droit. Alors, deux femmes ayant un glaive en main, entrèrent et attachèrent les trente-six dames par les jambes et par les bras. Cette cérémonie fut suivie d'un discours de la grande-prêtresse et l'on soumit Ic^s dames h diverses épreiixcis. Rnfin, le (jénie parut sous les traits de Cagliosti^o ; toutes les dames se dépouillèrent de leui-s voiles et un souper suivit K »

Le cours de Lorenza n'aurait eu, dit-on, <|u'uue seiinee : la police, avertie, fit ifne descente dans l'hôtel de la rue Saint-Claude et Cagliostro, ainsi que son épouse, furent mis suus les verrous. Pendant lin an, Paris les y oublia.

1. Les Uciiioiselleii de Verrières, [nw (iASTON Mauoua», l'' (noie).

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Toute grande qu'elle ait été, la vogue de Cagliostro fut de moindre durée que celle de son émule, de l'homme qui, pendant près de dix ans, avait t<Miu l'opinion en haleine, avait vu accourir vers lui toute l'élite de la société, avait tenu à sa merci les plus belles et honnestes dames.

En 1766, un jeune docteur ^ soutenait, devant la Faculté de Vienne, une thèse intitulée : De planetariim in/hixu {De Vinfluence des planètes sur le corps humain).

Comme les planètes agissent les unes sur les autres, comme le soleil et la lune agissent, d'autre part, sur notre atmosphère et sur nos mers, le jeune docteur concluait que ces grands corps agissent aussi sur les organismes, particulièrement sur le système nerveux, par le moyen d'un fluide subtil, ressemblant, par ses propriétés, à l'aimant et qui fut désigné, pour ces motifs, sous le nom de magnétisme animal.

1. Il avait alors treate-trois ans. Certains de ses biographes ie font naître à Meersbourg, en Souabe ; d'autres à Itzmang. )rès du lac de Constance, sur le territoire suisse ; cette opinion "semble la plus fondée (cf. le Manuscrit, infrà cit., 149),

L'auteur de la découverte se vantait bien un peu en se l'attribuant et, dans le monde scientifique, on ne manqua pas de protester conLic d'aussi téméraires assertions,

Mesmer avait eu, en réalité, de nombreux précurseurs. Mais le public ignorait que, cent ans avant Mesmer, Valentin Greatrakes avait obtenu plusieurs guérisons remarquables par la simple apposition des mains ' ; que Guillaume Maxwell -, presque dans le même temps, érigeait en corps dp doctiine le magnétisme animal; et qu'avant eux, Paracelse, Van Helmonl, Ivi relier avaient eu plus que la prescience de cette thérapeutique dont on affirmait si bruyamment la nouveauté. .

D'ailleurs, Mesmer lui-même convenait qu en 1774 il avait fait la rencontre d'un Père jésuite, professeur d'astronomie à Vienne : le P. Hell se flattait d'avoir guéri nombre de maladies avec les fers aimantés, notamment une affection chronique du cœur et un rhumatisme aigu. Instruit de ses procédés, Mesmer ne songea plus qu'à la façon de les exploiter: il ouvrit une maison de santé, où devaient être traités gratuitement tous ceux

1. CL Mesmer et le Magnétisme animal, par Ern. Bersot (Paris, 1853), ch. IV.

2. De Medicina maç/nelica, l'rancloil, 1679 {le Transformiume médical,, finv le docteur H. Ghasset, 492/.

Une commission avait été nommée, par l'Académ de Mesmer. Un des membres de cette commis; lumière, qui mettent en déroute Mesmer et ses a

iM ( -, le 12 mars 1784, pour vérilicr les expériences 1 n main le rapport, d'où s'échappent des flots de

AUTOUR nu BAÇUET DE MESMER ««3

qui seraient justiciables de la nouvelle médication..

Tout d'abord, il s'en tint, aux lames et aux anneaux aimantés, suivant les indications du Père Hell ; peu à peu il s'affranchit de cette tutelle encombrante et, en 1773, il soutenait l'existence du magnétisme animal, qu'il disait essentiellement distinct de l'aimant, comme de l'électricité.

Les corps savants n'acceptèrent pas, sans protestation, cette théorie du prétendu novateur; en présence d'une opposition qui menaçait de s'étendre, Mesmer jugea prudent, pour se faire oublier, d'entreprendre un voyage.

En Suisse, il ouït parler des cures miraculeuses qu'avait obtenues un ecclésiastique, dont la manière de procéder était des plus simples : Gasner se contentait d'exorciser les malades, mais quand il avait reconnu, au préalable, que la maladie était d'origine diabolique.

Gomment y parvenait-il ? En ordonnant à Satan de se déclarer par trois interpellations et trois signes de croix. S'il ne répondait pas, le mal était naturel et était traité par les remèdes ordinaires.

Survenait-il des convulsions, la présence du diable était manifeste et le bon curé s'empressait de le chasser du corps du possédé, par des paroles sacrées et des attouchements d'objets religieux. S'il se produisait une rechute, c'est que le sujet avait,

364 MœURS INTIMES DU PASSE

dans l'intervalle, péché ou manqué de conHance.

Mesiner vit opérer. Gasner, constata les guérisons et les attribua au magnétisme animal. Retourné à Vienne, il voulut essayer son pouvoir sur une fille de dix-huit ans, aveugle depuis Fàge de quatre ans. Il publia partout qu'il lui avait rendu la vue; il faut croire que tout le monde n'en fui pas convaincu, car l'impératrice lui envoya l'ordre de « finir cette supercherie ». Mesmer était démas- ([iié, il n'avait plus qu'à partir pour aller exercer en d'autres lieux 3es talents.

Au mois de février J778, notre aventurier faisait route vers Paris, Paris le grand consécrateur des renommées, le théâtre où pouvaient le mieux se déployer toutes les ressources de son génie inventif.

A peine débarqué dans la capitale, Mesmer lance son manifeste. Dans son Mémoire sur la découverte du magnétisme (1779), il annonce sa panacée.

Pourvu ;qu'il connaisse et qu'il sache diriger le fluide magnétique, le méd(Miii a jugera sûrement l'origine, la nature et les piogiès des maladies, même les plus compliquées, en empêchera l'accroissement et paivieiidia à leur guérison sans aucun danger. Il guérira directement les maladies de nerfs, indirectement toutes les autres. »

Mais comment faire profiter le plus grand nombre de sujets du fluide bienfaisant ? Ici se révèle

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A.UTOUH tJU luyi KT UE MESMER Hftî

l'ingéniosilc du médicasire ; là nous voyons appalaîtie le Baquet magnétique.

Au milieu d'uue graiule salle on plaçait une cuve en bois de chêne, de quatre à cinq pieds de diauièlre, d'un pied de profondeur, feraiée par un couvercle en doux pièces, s'enchâssant dans cette cuve ou baquet. Au fond du baquet on avait disposé des bouteilles en rayons convergents et couchées de manière que le goulot fitt tourné vers le centre de la cuve. D'autres bouteilles paplaienl du (;entre en sons contraire ou en rayons divergents, toutes remplies d'eau, bouchées et magnétisées. On mettait souvent plusieurs lits de bouteilles; la machine était alors à haute pression.

La cuve renfermail eHc'mème de Teau et dans cette eau baignaient les bouteilles; €|uelquefois, o)i y ajoutait du verre pilé, de la limaille de fer et autres substances conductrices.

Il y avait aussi des baquets à sec, c'esl-à-dire où les objets que nous venons d'énumérer étaient mis, sans être plongés dans un li(piide.

Le couvercle était percé de Irous, donnant issue à dci» tringles en fer, coudées, mobiles, plus on moins longues, atin de pouvoir être dirigées vers C*

les différentes régions du corps des malades qui s'approchaient du baquet. Une corde parti^il d'un

:{(;s MoiiURS intimes du i^sst

anneau du couvercle, doul. |des patients s'entouraient les membres inférieurs, sans la nouçi-.

D'autres fois, on formait une seconde chaîne, en communiquant par les mains ; on appliquait son pouce entre le pouce et l'index du voisin ; alors on pressait le pouce qu'on tenait; l'impression reçue à la gauche se rendait par la droite et circulait à la ronde.

A ceux qui, altérés, demandaient à boire, on donnait de Peau où était dissoute de la crème de tartre ^

On n'admettait pas les atîections pénibles à la vue, telles que les plaies, tumeurs et difformités.

Pour ajouter à l'action magnétique, on jouait ou on chantait, surtout à la fin des séances. Les sons de l'harmonica, depuis peu introduit en France, alternaient avec les accords d'un pianoforte, les symphonies d'instruments à vent ou de chceurs insivibles.

Les portes et les fenêtres de la salle étaient sioiirneusement fermées; une lumière douce et faibli filtrait à travers les rideaux.

Quand toutes les personnes étaient rangées autour des baquets, les magnétiseurs paraissaient, tenant dans leurs mains une baguette de fer, longue de dix à douze pouces. Fixant les yeux sur le

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