Mesmer et le Magnétisme animal (Paris, 1863), ch. n
AUTÔÛh Dt BAi^ÙËT tilî. iWëSMeb Hf;{<
;^ujot, ils fd'Ditieriàiëiit, tlevdtit ou Hiii' sort fcôrpfe, Id bagliPtté n1{igic|ue, dést'endaienf dës éjiàulief? ûut extrémité?; des bi-às. (oiuiiaieïit lès jiartiës dôuiUU* h*nses, iiotàmirieiil les hy|JocWftdregfet là t'egiHii dti bâs-véntrë. t*affois, ils se côiilëiitàieiil de Idiichcf le ffont, du de fji'endrë les mâihs, où dé fcioisër ël décroiser les bràS dveë iitië pltis bu tilolils ,«+f'aride rapidité.
Alors, conte iin téiTlttin de tes ^tèrtëS ëtràri^ës ', les ilialades dffrëtlt un tablëdu tt^ès val-ié.
«' (^)tiëlques-uiis sont cdlitiëi; et h'éjil'où Vêtit riëri; d'autres toiièsëilt, crrliihetlt, sentent C|iieltilie légë^e dotilëul*, une cliàleur locdlë od Utië cllàlëUr (iniVërSellë, et ont ties ëiieur?^; d 'a utiles ftdiit à^U tés et tourmentés par des coiivulsioilf^.
llé^ ëdiivUlsions sonl ëxtraordlnallës pdr leur nonibrë, par leur dul*éë oit jJàr [ëiir tot'ce... Eliës sdrit caràctérisëës pûv lëë mouvements Jil*éci[}itës, iflvrtldritàirës, de totis les ffiëfrîbt-ës et dil ëorpfe ëillier', par' te i-ëSsërrefnëfit à la ^ofgë, |ial' des soubresauts des llypdcdhdtes et de l'épl^aStrë, jiai* le trouble et l'égarement des yeux, pai' deS ciis perçants, des pleurs, des hoquets et des rires imijiddél-és. EÎiëS Sdflt prëcédéëfe ott suivies d'tin état de liingilëtir'ou de rêvè/'ie, d'titië Sorte d'abiitte^fjënt et m6hië d'assoupds^ëmëtit. Le moinilrë
1. liailiy, dans le rappoil dont il avait élé chaiL'é, an nom d^ l'Académie des Sciences.
hiuil imprévu cause des tressaillements ; cl lOu a i(Miiar(|U(' (|n(> le ('liaiii>;emeiitde ton et de mesure dans les airs j(ju('s sur le piano-forle influait sur les malades, en s(trt(' (|unn niouveuieuL |)lus xi! les ao-ilait da\aMlag(^ cl renouvelait la ^ivacité de leurs convulsions. On xoil des nuilades se chercher exclusixeiiienl ei en se pr('Hi|)ilanl l'un vers Tauti'e, se sourire, se pailer a\ee allention et adoucir muluellement leuis crises.
'i'ous soni soiini is a celui (pii uiaLl,iiel isc : ils oui beau èti-e dans nu assoiipissenieiil a[)j)aienl, sa voix, un reu-ard. un signe l(>s en relire... (]el (Uat con\ ulsir est a[)|)ele t'/76V'.. . dans le n(>nd)i-e des malades eu crise, il y a toujour-s heaucou|)(le fcmnn's et peu d'honinu s. »
Au milieu de celte l'ouleagitée, .Nh^smer ciiculait, vêtu (l'un habit de soielilas ou de Idiile autre couleur agi'éable à Tiril, promenanl sa hagiiel le avec une autorité souveraine, landis (pie ses aides opéraient dans d'autres salles, sinoji avec la même maestria, au moins a\ec la même apparence de conviction.
Le guérisseur à la mode s'était logé dans undes plus beaux hôtels de l;i place Vendôme. Tous les jours, cabriolets, chaises à porteurs en vernis Martin, carrosses armoriés encombiaient la porte de l'idole.
AUTOUR nu BAQUET DE MESMER 37]
Les liois baquets réservés aux riches étaient re- Umuis longtemps à l'avance, connue actuellement i!o;is taisons réserver une loge pour uu jour de première ^
La maison de M.Mesmer est, [)our employer le langage d'un contemporain-, «comme le temple de la divinilé qui réunil tous les états.
« On y voit des coiclons bleus, des abbés, des » mar(juises, des grisettes, des militaires, des traitants, des frelu(|uets, des médecins, des jeunes liiles, des accoucheurs, des gens forts et via;ourciix, etc. Tout y annonce un attrait, un pouvoir inconnus; ce sont des barreaux magnétiques, des ba(|uets fermés, des baguettes, des cordages, des arbustes lleuris et magnétisés, divers instruments de musique, entre autres l'harmonica, dont les sons flùtés éveillent celui-ci, donnent un légerdélire a celui-là, excitent le rire, et quelquefois les pleurs; joignez à ces objets des tableaux allégoriques, des caractères mystiques, des cabinets matelassés, des lieux particuliers destinés aux crises ; un mélange confus de cris, de hoquets, de soupirs, de chants, de gémissements ; le tout se lait |)ar l'opération d'un principe inconnu. »
1. C.ï. Un ronlral enire Mesmer cl {{oiielle, médecin de l'Ilôlel- Dieii de Rouen (1784;, par le docteur 1». IIi'i.oï [Renne médicale lie Normandie, 1SK)4).
2. Mesmer justifié iI7Sl), in les Demoiselles de Verrières, p.ii- (i. Mau(;ras, 17, n.
mim:i'I!S i\riMi:s diï passi:
Les sallos ()(i CCS scciics se piissiiicii I ii\ai(Mil l'ccii dans le iiioikIc le nom il'cnfc/- à conrtilsions.
()n ne se conlcnlail pas de tnai^-ni'l iscr l'Iioninie, on niai^in'li'-ail des (d)jels inanimés, snrioni des arhi-cs cl on allacliail an lionc, an\ hr-anclics, des coi-des(|ne les malades appl i(| naien I a leurs man\.
(hiand celail de l'ean (jn'on manuel isa il. elle prcnail. ponr le snjel eu (dal de ciise, un<' Icinp('raLni-e cl niii^-onl pari icnlicis.
(iC fui. pendani nu lem|)s, nue \ (»L;iie inci'ox ahlc ; Ions cl I on les. cl des j) In s I ilres cl des pins linpp('es, lairojaicnl de Mesmer.
Le mcsmcrisme es! conresse par .Mnies de Lainl)alle, de ( lleou. de Sa i n I - Ma rli n ; il es! pia'cln'' aux in('r('Mlnlcs par la mar<|nise de (lojslin, sons la présidence de la(|(ndle se l'ont li's expericuces do -M. de Fnyse^nr.
(^)nanl aux admiialenrs, ils sont légion.
Ils s'app(dlenl La l'avelle ', Monles(piion, le pi-inc<' de ('.(HhIc, les ducs de lionrhon cl de (loigny.
La diu'hesse de IJonihon esl nm- adeple ('niérile, adeple ipii dépense s(ni lemps à l'aire (\\\ proscdy I isuH". .\(ni conlenle d assister aux expé-
1. V. le coiili-.il ciHic l,;i l'aycllc et Mcsiiicr, ii'iiroiliiil (i.iris l;i C.liroti. inéd.. ]'.mi|, (o:',. C C-l mi ;niU-<' cdiinvit i|iii ;i rlé [Hilili»'' jiar le ducteur P.. IIli.u j , ikais. I;( Ueinw liicUicalc de .\urntandiL'.
MOS FACULTÉS SONT i;\ UAl'l'ORT 1
(Estampe satirique de l'époque.
AUTOUR DU HAOUliT Di: MliSMIiU 375
liciices, clic se mêle de propager la doclrinc do l'initiateur; et la voilà qui se met eu quête de Ions les individus dont le fluide peul calmer la susceptibilité nerveuse.
Elle a bientôt sa clientèle d'hystériques et de névrosés et, dansson hôtel de la rue de Varennes, !<; ba({ucl magique occupe la place d'honneur. Sa vie était remplie, dès l'instant qu'elle était persuadée que les malheureux revenaient, par ses soins, à la santé.
l)n moins colorait-elle de ce piétcxte sa nouvelle fantaisie ; car nulle plus (|u'elle ne fut éprise (le ces fantasmagories. La mettait-on sur ce chapilre, elle était d'une verve intarissable.
(hélait elle (|ui racontait qu'une découverte 1res impressionnante avait été faite au Palaislloyal, du vivant de sa mère. C'était, au fond d'une cachelte, creusée dans un mur épais, réiu)rme et sinistre appareil de magie, dont le RégenI s'était servi pour ses mystérieuses expériences : grimoires indéchiffrables, instruments inconnus, tètes de morts, squelettes d'animaux, herbes et poudres, produisant, par l'odeur seule, des effets stupéfiants. Et, en rappelant les conjurations cabalistiques de son aïeule, elle laissait entendre que, volontiers, elle eût entrepris le grand œuvre à son exemple, sj elle eût vécu dans le même temps ^. l.LaMèreduducd'En(jhien,nav\iiComleDvco>i(PaviH,l900),ch.ix.
;î7(; .M(»i;i;i<.s i\r|Mi> m l'Assii
l-"itlik' i1<' iiijriix, la (|iic|i(Vss(» s(> Vii\)i\\ sur M<'^M!<'!'. <|ui jrav'i'a pas de pailisaii plus tléci(lé.
Le l'ondaleiir «lu uiai^uclisujc racciM'ille avec la ])onii(' oràce (|u'ou suppose, sijiloul quaful elle lui auièiie (pie|([ue auiie de hriu' J)ai'age, coniipe la baioiiiu' (I ( )l)ci-lsii-cli. ai'ssi eiii^ouiie (pTelle du Uia^i;-icif'n ddiil loiil i'aris seiilicîlien t ; el (luaud celui-ci \(MiL ht\(in, ^ leu'" iuleuti»ui, l'aire mie scaiicc spc'ciale, elles ne taiisseni pas sur sou ecuiiple d Cjjiliicltîs laudalives.-
Ce fut, pour Mesuiej-, l'ère li-i(uuplial(\ 'IVus aecouraieut à la place \ eiidôme, ne l'ùt-ce que pour' loucher les basques de son li£\bi(:. Quand on n'avait pas la somme suffisante poui- <^\oir un baquet à soi tout seul, on se cotisait entre amis. Ou recevait des invitations dans le genre de celle-ci : (f \'ieutlr-e/.-vous ce soir avec uous!' j'ai uiou ba- (luet. »
Bientôt l'appartenieul d(; la f)lace Nendùme ne fut plus assez grand pour contenir la l'ouïe des iufirmes qui l'assiégeaieJit. Mesmer dut transporter ses pénales à l'hôtel BuUion, entre la rue Montmartre et la rue Jean-Jacques-Rousseau ; plusieurs malades s'y mirent en pension, au prix de dix louis par mois ^
1. Le Merveilleux au dix-hailiènie siècle, par Ern. D'IlAuriiHivE (Paris, s. d.), ch. xi.
AUT()U» DU lîAyUKÏ UK MliSMliH iiTT
l'ciihujiL urgeiiL (le lo^L bois, -Mosnier se mil à veu4re cies petits baquets, des baquets-millifiture, à ceux qui ne pouvaient, pour une raison quelconque, s'approcher du grand. En présence de raffluence toujours plus nombreuse de ses dévots, il imagina de magnétiser... nn arbre du boulevard, à r^j^trptnité de la vue de Bondy,oii des milliers de nialades vinrent s'attacher avec des cordes, dans l'espoir d'une guérison qui survenait souvent, chez des personnes qu animait une foi invincible.
Devant un tel engouement, les pouvoirs [)nblics commencèrent à s'émouvoir : le ministre, M. de Maurepas, fit offrir à JVJesmer 20.000 livres de rente viagère, s'il voulait s'engager à former des élève^ et unP somme de lO.OOQ livres, qu'il devait employer à louer une maison propre à recevoir des malades. Mesnier auiait répondu, dit-on, qu'il préférait une terre et un château.
On essaya d'intéresser le roi à l'affaire. Mais Louis XVI ne témoignait que d'une foi très relative aux cures du nouveau prophète, Il raillait ceux qui lui vautaient ses prodiges. On connaît son mot à La Fayette, lors de son départ pour l'Amérique: « Que pensera Washington, quand il saura que vous êtes le premier garçon apothicaire de Mesmer? » Dans une autre circonstance, il eut une riposte qui ne manquait pas d'à-propos. Au mo-
;î7S MlKUIiS INTIMKS DU PASSE
meut où il se rendait ;i la messe", un jeiirie homme, tivs convenablement vêtu, fend la foule el s(î jelte aux [)iecls du loi, eu s'écriaut:
— (irAce, Sire, ce damné de Mesmer m'a ensorcelé !
— Messieurs, dit tran(|uillenient le souveiain, en s<' retournant vers son aumônier et ses clia|)claijis, il s'ay^it du démon : cette affaire vous rei>;ard('.
Le soir, le [).iMvie dél raque couchait à hi IJastille, pour avoir osé troubler les méditations d'un iiMtnarijue.
Bien persuade; (|u il n'avail aucune^, chance d aboutir aii|)rès de Louis \\'[, MesuHU- s'étail toiirm; v<m-s Marie-Antoinelle, (pron lui avait assurée d'abord plus facile. Il eut l'audace d(; lui adresser une lettre, dont quelques extraits sufliront à montrer la suflisance ' de son auteui-.
« l Jiiquement par respect pour Votre Majesté, é(M-ivail-il à la i-eine, je lui ol'fi-e l'assurance de |)rolon<^er mon séjour en I lance juscju'au 18 septembre prochain, el de continuer jusqu'à celte
1. Pour donner une idée de son ouUecuidanLC, rapjteloiis le pMï^sage d'une de ses lettres au célèbre Franklin : « .le suis coinnie vous, monsieur, au nombre de ces hommes <iui, parce •lu'iis ont fait de grandes clioscs, disposcnl de la honte, coiiiiiie les hommes puissants disposent de Tautorilé. Ma découverte intéresse toutes les nations, et c'est pour toutes les nations «lue je veux l'aire mon histoire el mon apologie. »
AUTOUR nu RAQUET DE MESMER 381
époqtie mes soins ^ ceux de mes malades qui itie continueront leur confiance. Je cherche, Madame, un (louvernernerit qui aperçoive la nécessité de ne pas laisser introduire légèrement dans le monde une vérité qui, par sotl influence sur le phv'siqué des hommes, peut opérer des changements que, dès leur naissance, la sagesse et le pouvoir doivent contenir et diriger dans un coui's et vers un but salutaire. Dans une cause qui intéresse l'humanité au premier chef, Targent ne doit être qu'une considération secondaire aux yeux de Votre Majesté; quatfe ou cinq ceflt mille francs de plus ou de moins employés à j)ropos ne sont rien. Ma découverte doit être accueillie et moi récompensé avec une miinificettce digrie du mouarqiie auquel je m'attacherai. »
La re(|Uète ne l'ut pas accueillie, la missive resta saus réponse. Huit Uiois plus tard, Mesmer (juittait la F'Patice et se ietiraît à Spa.
C'était plus qu'une iin prudence, une maladresse.
Donnalil raison ail provéïhe que les absents ont louj()iirs torf, un de ses élèves, (|ue Mesméi- avait laissés à Paris^ lé médet'irt Déslon^ Un des premiers (|iril eiUiuiliésà s(is dociriues, uiit loiil «mi (nivi-e pour 1(^ sii|)planler. Le danger élail pressant, il fallait a\iser.
Un des disciples du jnaitie, un malade reconnaissaal. ravocat liergasse, avec l'aide d'Ufl bàH-
S82 MOI-IHS INTIMKS Dr l'ASSl.
quier du nom de Korniuaiiii, « pour acquitter euvers Mesniei- la dette de rhviuianité' », ouxril une souscription : ccdle-ci devait être couiposée de cent actions, à cent louis chacune; les cent actions remplies et leur prix acquitté, le docteur Mesmer devait rassembler les actionnai les et leur rt'Vf'der !c svslrnie de ses connaissances, dont ceux-ci pouri'aieiU disf)Oser ensuite comme d'une pi-opriété à eux -.
Ainsi fut londée la Société de i IJai-monic.
Il n'axait pas jalln plus de dix nrois |)oui- recruter les cent [)îemiers adhérents, les cent chevaliers de l'ordre de l'Ilarmonie. La sou^cri|)tion atteignit le chiflie respectables de 340. ()()() livres.
Un pareil succès lit naître les conxoilises. Mesmer |)r<Mendail exploiter seul son secret; certains de ses élèxes rc'plicpiaiiMit (ju'ils axaient acheté le droit de répandre la découverte : d'où querelles sans lin, notamment entre Mesmer et son disciple de la [)remière heure, Deslon. L'uîi avait pour lui son autorité de chef d'école; l'autre, les grâces de la jeunesse et de l'esprit. Il y eut le camp des mesmériennes et le camp des deslo-
1. Considérai ioni^ >^ur le magnétisme animal, ou nur la théorie (lu monde et des rires organisés, d'après les principes de Mesmer, par 1^>ERG.\SSK ; L;i Haye, 1784 (30, n.).
2. Observations de M. Bergasse sur un écrit du docteur Mesmer agant pour titre : fj'ilre de rinvenleur du nuigiiétiame animal, de (Londres, 1785), 11.
AUTOUR DU BAQUET DE MESMER ;îH3
niennes. On se jura, de part et d'autre, une haine ipiplacable.
Bientôt Mesmer et Desion se réconcilient; puis, après une courte trêve, les hostilités reprennent (le plus belle.. Chacun se déclare pour ou contre le magnétisme.
Le P. Hervier, docteur en Sorbonne, était parmi les plus chauds partisans : c'était, à l'entendre, le retour de l'ûge d'or, le mesmérisme avait triomphé de la mort !
Le maguétisme guérissait tout, même les bêtes. (^)uand le prince Henri de Prusse vint en France, en 1784, on magnétisa devant lui uu vieux cheval malade. Les magistrats, en grands costumes de cérémonie, assistaient à l'expérience, que dirigeaient des médecins. On magnétisa l'animal sans le toucher, puis on dirigea vers son larynx l'action magnétique : il fut aussitôt [)ris d'une quinte de toux. Les médecins conclurent à une afl'ection des voies respiratoires, et l'autopsie confirma un diagnostic que, vraiment, ils n'avaient pas eu grand'peine à formuler
Des esprits avisés ne tardèrent pas à pénétrer le mystère; voyant clair dans le jeu de l'imposteur, ils dénoncèrent la mystification. Parmi ceux qui avaient payé cent louis pour être affiliés à la Société i\e l'Harmonie, se trouvaient quelques
aSI MOEUhS tNtlMfeS DU PAS<;i':
irjédecihi^, tels cjue.Cabatiis, Ijerthollet, et àiittes.
BerthoUet avait consenti à donner lu forte somme, mais il s'était réservé le droit de critiquer.
Le céièijre chimiste vient uti soir;>riiôtel iJoiirel dans de mauvaises dispositions. Le piano, l'harinotlica, les chants invisibles, tout cela n'arrivait pas â émouvdir le néophyte. Alors Mesitier, liii iippliquailt sa baguette de fe^ et l'y IrOlnant Itiséilsible, l'invective avec violence. liertlioUet se fâche loiil rouge, culbute le baquet, apostrophe les malades qili entraient en crise. On lui t'appelle son serment, il t-époild qu'il n'a pas juré le séei'et à une mascarade. Et il sort, en claquaiit les portes !
Le ttiagnêtisme eut â subir de plus rlides assauts aVatit de succomber. La caricatiir<^ les chritlSôns, la parodie, les représailles conimençaiént.
Le théâtre s'en mêlait à son toUr. Le 16 novembre 1784, avait lieu, à Paris, la première i-eprè*sentatiott, par les eomédietls italiens oïdinaireS dii lîoi, (le la comédie-flài'ade eri fin acte, intitulée : les Docteurs fntidernés.
C'est une satire contre le mesmériâme, hile sorte de vaudeville à couplets, qvii attire chaque soir adversàii'és et amis dit système, s'ihvectivaiit à qtii mièilx ilileux. Quand le public demandé lé nom de l'auteur, le régisseur s'avance dévftnt la ràtiipe ; « Messieurs, dit-il, j'd en rhônnetit- de
VOUS annoncer que l'auteur (Radet) était dans la salle des crises ; vos bontés l'en ont fait partir, et nous ne savons pas ce qu'il est dev.enu... >>
Cette innocente plaisanterie a le don de déchaîner les colères : les ferventes du baquet montent une cabale ; Tune d'elles envoie son laquais au théâtre, avec ordre de siffler vigoureusement ; le laquais exécute consciencieusement la consigne, mais il s'était trompé de pièce : il sifflait un lever de rideau insignifiant, qui n'avait jamais eu tant d'honneur.
D'autres, plus enragées, comme la duchesse de Villeroy, chassent Radet de chez elles, pour avoir osé attaquer le dieu et voulu « conduire, nouvel Aristophane, le nouveau Socrate Mesmer à la ciguë ^ ».
lien est qui se jettent plus furieusementencore dans la mêlée : tel le conseiller Duvald'Epremesnil, qui lance du haut de sa loge les exemplaires d'un mémoire destiné à défendre le magnétisme, ou ce bon M. Court de Gebelin, qui ne veut pas quitter cette vallée de larmes, sans annoncer urbiet vrbi qu'il a été guéri par Mesmer ; et les journaux d'enregistrer malicieusement : « M. Court de Gebelin, auteur du Monde primitif,\ient de mourir, guéri par le magnétisme animal. »
Le magnétisme ne battait plus que d'une aile,