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oc LE MAGNKTISME ANTAT.il.
Mksmek, dans une peau d'une, est en train de magnétiser une jeune beauté, prôte à se pâmer.
la Faculté et l'Académie allaient lui donner le coup de grâce.
Deslon ayant réclamé une enquête, on s'empressa de saisir cette occasion d'en finir avec ces charlataneries.
Une commission de la Faculté, composée de MM. Borie,Sallin, Darcet, Guillotin, s'était adjoint cinq membres de l'Académie des Sciences, Franklin, Leroy, Bailly, de Bory et Lavoisier. Les commissaires s'attachèrent, d'abord, à constater l'existence du fluide magnétique, puis ils se soumirent à toutes les expériences, prirent place autour du baquet, observèrent les effets produits sur les sujets. Leur opinion fut bientôt faite : l'imagination avait la plus large part dans les phénomènes qu'ils avaient eus sous les yeux. L'attouchement entrait aussi en ligne de compte : le magnétiseur, en touchant des parties très sensibles du corps, mettait en jeu, par des moyens connus, une puissance non moins connue. Ajoutant à ces deux causes l'imitation, on avait tout le secret du mesmérisme. En môme temps qu'ils publiaient leur rapport, les commissaires en remettaient un autre, secret celui-là, au ministre, à qui ils ne dissimulaient pas le danger que faisaient courir aux bonnes mœurs les expériences auxquelles se livraient Mesmer et ses disciples.
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Peu après, la Société royale de médecine arrivait à des conclusions à peu près analogues. Mesmer était jugé... etexécuté; iln'allaitplus lui rester de partisans qu'en quelques provinces attardées ^
Jusqu'au fçnd de la Bretagne, Mesmer avait ses fervents. Dans le vieux manoir de la Mancellière, à deux lieues environ de Dol, le comte de Ranconnet de Noyan, gentilhomme de vieille souche, que Mesmer avait guéri d'un asthme obstiné, et qu'il avait initié, moyennant finances, à la science nouvelle, dès son retour en Bretagne tint baquet ; tous les matins, il se faisait magnétiser et magnétisait ses gens '.
1. Cf. le ch. vu du livre de Bersot. — Chartres paya son tribut à cette manie extravagante, écrit un auteur du cru. L'eau magnétisée ne se vendait pas à vil prix, en voici la preuve : « Trois cents bouteilles magnétisées, pour ceux qui désireraient former chez eux un réservoir ou baquet magnélique, à vendre, à 12 sols la bouteille. S'adresser au bureau d'avis, on donnera la manière de les arranger dans le réservoir. » Puis, les Chartrains enthousiastes chantèrent en vers les cures du médicastre :
Vers pour mellre aa bas de mon baquet. Gloire, honneur, amour, confiance Au plus étonnant des mortels; Puisse un jour la reconnaissance, Mesmer, te dresser des autels ; Malgré les fui-eurs de l'envie Et les cris du peuple ignorant, Tu seras le Dieu de la vie.
Ton baquet en est le garant.
(Par M. l'abbé M..., de Chartres.)