Le Manuscrit (2« année, n
Hy2 AUTOUR DU BAQUET DE MESMER
Alors les épigrammes de pleuvoir ; c'était bien
la fin.
Le nuiiiiK'tisme est aux abois :
La Faculté, l'Académie L'ont condamné tout d'une voix, Et l'ont couvert d'ignominie.
Après ce jugement, bien sage et bien légal, Si quelque esprit original Persiste encore dans son délire, Il sera permis de lui dire :
« Crois au magnétisme... animal ! »
Le rapport de Bailly avait mis Mesmer en fuite. Il se retira en Allemagne, après un court séjour en Angleterre et en Italie. Les 340.000 livres dues à la générosité des Français ne lui durèrent pas longtemps, puisqu'il se trouva réduit à solliciter un poste de médecin dans un hôpital de la République helvétique 1 : il devait avoir, à cette époque, soixante-huit ans, s'il faut ajouter foi aux trentecinq années de médecine qu'il se donne, et en supposant qu'il ait commencé à exercer cet art dès qu'il avait été reçu docteur. Mesmer mourut en 1815, à Meersbourg, en Souabe, dans l'oubli le plus complet, après avoir parcouru une des carrières les plus extraordinaires qu'ait eu à enre- S'istrer l'histoire de la crédulité humaine.
1. Cf. le Marquis de la Rouerie et la conjuration hrelonne, par Lenotre, 1899, cil. II.
LA VIE D'ETUDIANT
sous LE PREMIER EMPIRE
Le vieux Plutarque, qu'on ne lit plus, a écrit quelque part ^ que, « loin d'accuser les uns et les autres d'avoir outrepassé leurs confins, il faudroit plus tost les blasmer s'ils ne levoient et ostoient entièrement ces bornes pour labourer comme en un champ commun ». Nous sommes trop portés, au temps où nous vivons, à catégoriser chacun, à lui imposer l'étiquette de sa profession, comme si un médecin n'était capable que d'examiner et traiter des malades ; un avocat, de plaider la cause de la veuve et de l'orphelin; un industriel, d'aligner des chiffres.
Il fut une époque, pas si lointaine, où il était interdit au physiologiste de s'occuper de philosophie ; où l'on blasphémait, si l'on osait prétendre que l'exercice de la pensée pût être influencé par