Lettre du 12 juin
Le lendemain, des distributions gratuites de comestibles, et surtout de vin, mirent le peuple en goguette, et le soir un feu d'artifice des plus beaux attira une population immense aux Champs- Elysées et aux Tuileries.
La correspondance d'Amédée Pichot est, pour tout dire, la chronique de la vie parisienne dans toutes ses manifestations.
Parfois le conteur ne dédaigne pas la note tant soit peu graveleuse ; mais n'est-il pas médecin, et, comme tel, ne jouit-il pas, entre autres privilèges, de celui de tout dire... avec bienséance ?
Au mois de décembre 1819, il n'est bruit à Paris que « de certains pique uns, qui attachent les jeunes filles et les lardent avec de petites broches. Il y a de quoi en rire et de quoi en avoir peur.
C'est un diable qui- est dans Paris; d'autres disent un certain lord anglais, assez mauvais sujet ^ ».
Nous avons vu reparaître de nos jours, sinon sur les boulevards, au moins dans les annales judiciaires et médico-légales, ces singuliers érotomanes. Mais combien ils ont fait de progrès depuis ! Leur imagination fertile leur a suggéré bien d'autres dépravations.