‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 125 sur 134 · Le Quartier latin. Paris, chez tous les libraires · texte numérisé non relu

Le Quartier latin. Paris, chez tous les libraires

pas de se montrer « avec une maîtresse en bonnet ou en cheveux ».

Ceux qui pratiquent la polygamie, les monogames sont l'exception, vont, le soir, chez BuUier ou chez Markowski, comme allaient leurs aines à laGloserie ou à la Chaumière, pour y sceller, selon leurs ressources, les bases d'un accord, transitoire ou durable, avec une vierge folle ou une lorette en quête d'amours vénales ou, plus rarement, désintéressées. C'est dans ces lieux, stigmatisés par le bourgeois^ que se déroulent «les saturnales duLatium », qu'officient les grandes prêtresses du cancan et de la polka, alors dans sa nouveauté.

La Closerie des Lilas, que de souvenirs elle évoque ! « Toute la France vivante a passé pari là », s'écriait dans un accès de lyrisme lord Pilgrim, un Anglais qui n'engendrait pas la mélancolie. Il n'y a pas que les étudiants, il y a aussi les curieux et les fcurieuses, qui viennent là en partie déplaisir, pourvoir de près les « créatures » qui leur disputent avec succès leurs amants... ou leurs maris.

Les jours où la Closerie est fermée, et où Ton ne va pas à Bobino, on monte au théâtre Montparnasse, à dix minutes du Luxembourg, et où l'on joue tous les soirs, un drame bien sombre, ou un vaudeville très gai : l'étudiant ne peut guère mener ailleurs sa compagne, ces « demoi-

L'Ftudiani (Par Gavarm).

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selles » trouvant rOdéoii <* trop sérieux et trop littéraire ».

Les soirées qu'on ne passe pas au théâtre, le café les réclame. Les principaux cafés du quartier sont, à l'époque, le Procope, qui a pour habitués des littérateurs en herbe et des savants en expeclalive. Le Molière lui dispute ce genre distingué de clientèle.

Au Voltaire se donnent rendez-vous les jeunes Moldo -Valaques, les Haïtiens et autres « Sud- Américains », dont on commence à déplorer l'envahissement.

Après le café luxueux, le modeste caboulot. Au Buffet Souf flot, situé dans la rue de ce nom, « on prend des prunes, du tabac, des Chinois et du papier Vautour ».

Vielle de Calypso est une brasserie de la rue Dauphine, la première brasserie de femmes, tenue par une matrone d'âge incertain, qui, si elle se console du départ d'Ulysse, prend plus malaisément son parti de la perte de sa jeunesse et de ses charmes.

Nous avons dit où l'étudiant trouve à se désaltérer ; comment s'alimentait-il ?

Quelques-uns, ménagers de leur estomac, mangent dans les crémeries; d'autres, dans les restau-

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