LA VIE D ETUDIANT, DE MURGER A NOS JOURS
rants à prix fixe, à 22 sous, chez Bléry, chez Viot « et autres gargotiers, plus ou moins aquatiques et empoisonneurs ».
Les privilégiés fréquentent les tables d'hôte ou les pensions bourgeoises.
Les principaux hôtels du quartier ont leur table d'hôte, réservée aux locataires et à leurs invités. Le prix en est des plus abordables ; encore faut-il ne pas trop regarder à la qualité des mets qui sont servis : pour 36 sous, on a, généralement, potage, entrée, légumes, rôti, salade, desserts, demi-bouteille de vin... violet, et pain à discrétion, même à indiscrétion. C'est propre, c'est sain, c'est abondant ; que peut-on demander de plus ?
Quant au logement, nous le connaissons, ou nous le devinons : il en subsiste, du reste, encore des vestiges. Ne parlons pas des hôtels aux portiques artistiquement décorés, comme les hôtels du Mont-Blanc, de Seine, du Sénat, des Américains, mais de ceux, en bien plus grand nombre, accueillants aux petites bourses.
Vous poussez une grille de bois, peinte en vert, avec ces mots en jaune : Hôtel meublé; vous entrez: un escalier raide et glissant se dresse devant vous, droit comme une échelle de moulin.
Vous montez, vous trouvez la loge du concierge, garnie de ses chandeliers de cuivre et de ses clefs, pendues à leur place numérotée. Vous
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montez un étage encore, et vous apercevez, déta chées sur un fond badigeonné en blanc, autour d'un palier dallé de briques, trois ou quatre poî'tes peintes en jaune.
Pénétrons dans le sanctuaire et inventorions le mobilier : un lit, dur et bas ; une table, un secrétaire, une commode sans serrures, deux fauteuils de velours d'Utrecht passé, trois chaises en crin, une pendule sous globe, une toilette et... c'est tout !
C'est simple, de mauvais goût, toujours très sale, — et cela coûte de 30 à 40 francs le mois; mais ce n'est plus la mansarde : il y a progrès !
Nous avons suivi l'étudiant dans les actes de sa vie journalière ; nous n'en avons omis qu'un, le principal au surplus. Nous attendions et nous entendons votre question : quand l'étudiant étudie-t-il ?
Nous ne ferons pas, à cette place, un horaire des cours ; nous rappellerons seulement qu'en dehors de ceux de leur Faculté respective, les écoliers travailleurs pouvaient puiser à de multiples sources d'instruction. A la Sorbonne, les cours de l'abbé Bautain, ceux surtout de Demogeot, de Saint-Marc Girardin, attiraient une foule d'auditeurs, empressés et respectueux.
Respectueux, n'est-ce pas trop dire ? Oublierions-nous qu'en 1856, les étudiants firent grand