‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 127 sur 134 · SCÈNES DE LA VIE D'ÉTODIANT · texte numérisé non relu

SCÈNES DE LA VIE D'ÉTODIANT

(Au tempii de Mui^er).

474 MCœURS INTIMES DU PASSE

vacarme au cours de Nisard ? Ce professeur avait soutenu qu'il existait deux morales : l'une, pour les particuliers; l'autre, plus élastique, à l'usage des chefs d'Etat. Pour ce subtil distinguo, Nisard fut vigoureusement conspué et reconduit, jusqu'à son domicile, avec accompagnement de cris variés ; l'attroupement ne se dispersa qu'à l'arrivée de la police.

Nisard ne fut pas le seul à recevoir des horions ; l'Impératrice eut sa part des gracieusetés de la jeunesse gouailleuse du turbulent quartier.

Arrivée seule à l'Odéon, en attendant que l'Empereur vint l'y rejoindre, la souveraine était accueillie par la chanson, alors en vogue, du Sire de Framboisy , dont on ne manqua pas de souligner ironiquement le refrain frondeur :

Corbleu^ Madame, que faites-vous ici ?

C'est dans ce même théâtre qu'eut lieu, le 4 janvier 1862, la première de Gaëtana, pièce d'Edmond About.

Soit parce que l'auteur était bien en cour; soit, a-t-on dit, parce qu'il avait insulté la Grèce dans un de ses ouvrages, les étudiants s'étaient concertés pour troubler la représentation. Ce fut une bordée ininterrompue de sifflets ; le lendemain, les argousins veillaient, il y avait presque autant

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