Paris qui passe, par Paul Belon et G. Price
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UN ETUDIANT SOUS Lli SECOMJ EMPIUE MOtURS INTIMES, IV. 31
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que faisait du quartier, en 1898, un de nos plus verveux chroniqueurs ^ :
Au quartier latiu moderne, on bûche, on potasse, on brigue — il écrirait à l'heure actuelle : on bridge — et on iiilrigue.Aulieudes vareuses de jadis, on arbore des complets très anglais et très corrects, les jours de laisser-aller; la redingote et le bosselard à triple colonne lumineuse sont l'ordinaire uniforme de cette jeunesse morose, pondérée, pratique, rêvant conférence Mole, conseil d'État, mariage riche et la députation les vingt-cinq ans sonnés.
Qu'il est loin, le temps où
jeunes, gais, débraillés, sans rien perdre de la distinction native, coquettement vêtus de velours et de toutes sortes de costumes de fantaisie, coiffés de bérets basques ou de chapeaux à la Rubens, les étudiants s'en allaient par les rues, chantant, flânant, bayant aux corneilles, seuls ou par couples ou par groupes, ou trois par trois, volontiers vendant leurs livres chez le bouquiniste, pour entrer au cabaret!
L'étudiant que peint ici Th. de Banville est l'étudiant du second Empire; il a disparu, et son souvenir s'est effacé, comme est perdu celui de l'étudiant de 1830 et de 1848; le premier, fraternisant avec l'artisan dans l'émeute, tandis que l'autre, fasciné par la magie du verbe inspiré de Lamartine, acclamait le poète-tribun, vaticinant sur les marches de l'Hôtel de Ville.
1. Écho de Paris, 15 juillet 1898 (article d'Edmond Lepelletier).
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