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LA MÈRE-F

gouverneur de Bourgogne, avait introduit dans ses Etats une Société des Fous, qui existait déjà dans son pays d'origine : ainsi naquit la compagnie de la Mère-folle de Dijon.

Le chef de cette compagnie avait une cour com-

posée d'officiers : tout comme un prince ou un souverain, il avait pleins pouvoirs. Les jugements qu'il rendait étaient exécutés nonobstant appel ; les convocations, les réceptions, les entretiens devaient se faire en vers burlesques ou comiques ; de même, les

N, inUNCE DE CONDÉ, LORSQU'IL FUT UEÇU EN LA COMPAGNIE DE

lettres qu'on s'écrivait l'un à l'autre. On ne recevait en cette Compagnie, composée de cinq cents hommes, que des notables bourgeois ou des personnes de condition.

Les associés portaient un bonnet de trois couleurs.

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jaune, rouge et vert ; les habillements devaient être de même.

Les officiers se distinguaient par la forme de l'habit, la qualité des étoffes, l'arrangement des grelots et des sonnettes ; ils tenaient en mains des marottes ornées d'une tète de fou.

BONNET DE LA COMPAGNIE 1>E LA Ml;RE-FOI.LE .

Sur le guidon, sur le drapeau étaient peintes des têtes de fous avec leurs chaperons, accompagnés de la devise : stultorum plena sunt omnia.

Quand ils s'assemblaient, chacun portait son plat.

Lorsque la compagnie marchait dans les occasions solennelles, c'était avec de grands chariots peints, traînés chacun par six chevaux caparaçonnés. La Mère-folle (un homme, le chef de la compagnie) était sur un chariot, tiré par deux chevaux seule-

ment ; d'autre fois, il était accompagné d'acteurs, de musiciens et le char était alors de dimensions plus considérables.

Arrivait-il dans la ville quelque événement singulier, larcin, meurtre, mariage bizarre, séduction

Cruche de porcelaine dont on se servait dans les repas de cérémonie/ à la réception d'un chevalier.

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