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MAROTTE DE LA MERE-FOLLE

d'une jeune fille, aussitôt la compagnie organisait son cortège, les Fous se mettaient en branle.

Le but de cette société était la joie et le plaisir.

Les représentations de la Mère-folle se faisaient tous les ans, en temps de carnaval ou en d'autres saisons, à l'occasion de quelque événement d'importance.

La Compagnie ne fut entièrement abolie que le 21 juin 1630.

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La Société des « Gonards » ou « Gornards »

Sceau en cire rouge, attaché aux lettres patentes de chevalier, accordées à Henri de Bourbon, prince de Condé.

d'Évreux avait quelque analogie avec la précédente.

LES FOLIES DU CARNAVAL igr,

Les Conards avaient « droit de jurisprudence » pendant le temps de leurs divertissements. Ils nommaient, à la pluralité des suffrages, un abbé, qui était reconnu le chef de cette compagnie de chansonniers, diseurs de bons mots, épigrammes et facéties.

Chapeau du Guidon, couvert de velours vert et galonné d'argent.

On menait promener Monsieur l'Abbé par toutes les rues de la ville et dans tous les villages de la banlieue, monté sur un âne et grotesquement habillé. Pendant toute la marche, on chantait des couplets burlesques, contenant des allusions, plus ou moins voilées, à des événements ou à des personnes connus.

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Ces censeurs publics n'épargnaient rien ni personne, et la vertu était aussi maltraitée que le vice.

Des bouffonneries on passa aux impiétés et à des débauches scandaleuses, rappelant celles de la Fête des Fous.

L'Abbé des Couards était raitré, crosse, chape, comme un évêque des Fous, quand, solennellement, on le traînait par les rues, dans un chariot à quatre chevaux, le dimanche gras et autres jours de bacchanales.

On a pu être étonné de voir la qualité d'abbé si trivialement accolée, et la dignité que ce titre implique si bassement travestie. Le titre (Vabbé une fois avili, on ne craignit plus de le profaner et l'on en fît l'appellation distinctive des chefs des Sociétés les plus dévergondées.

Dans certains chapitres de cathédrales, il y avait un abbé des fous', qu'on élisait solennellement le 18 juillet de chaque année, sous un gros orme, devant le portail de l'église principale.

« On plaçait en cet endroit des bancs, des tapis et une table en forme de bureau : tous les messieurs du chapitre y assistaient, même le bas-chœur ; et là, à la pluralité des voix, on choisissait un abbé, que de vieux titres appellent abbas siultorum. Les folies que cet abbé était chargé de réformer n'étaient que certaines ridiculités (sic) grossières, qui peuvent quelquefois arriver par abstraction ou inadvertance,

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comme si un chanoine paraissait au chœur avec un habit pour un autre ; ou s'il oubliait de s'habiller entièrement avant que d'entrer à l'office et ainsi des autres indécences (1) ».

Dans tels endroits, comme Rodez, l'abbé chargé d'exercer cette sorte de magistrature temporaire, s'appelait Vabbé de la malgouverne ; dans d'autres, comme à Viviers, il se nommait, plus simplement, Y abbé du clergé.

Le bas-chœur, jeunes chanoines, clercs et enfants de chœur, procédait à l'élection.

L'abbé élu et le Te Deum chanté, on portait, sur les épaules, le nouveau dignitaire dans la maison où tout le chapitre était rassemblé. Tout le monde se levait à son arrivée, l'évêque y compris. Après quoi, avait lieu le repas collectif, où «le chœur, haut et bas, chantait des versets qui n'avaient ni sens ni suite. Gela finissait par une procession générale.

C'était une réédition de la fête des Fous ; mais l'évêque fou, que représentait un jeune clerc, différent de celui qui jouait Vabbé du clergé, l'évêque fou, bien qu'élu dès le jour des Innocens de l'année précédente, ne jouissait, à proprement parler, des

(1) Leber, t. IX.

droits de sa dignité, que les trois jours de Saint- Etienne, de Saint-Jean et des Innocens.

i-^^Pour en revenir à Vabbé des Conards, d'où nous

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