‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 3 sur 134 · GARGOUILLE VOMISSANTE DE LA CATHÉDRALE DE LAON · texte numérisé non relu

GARGOUILLE VOMISSANTE DE LA CATHÉDRALE DE LAON

GARGOUILLES VOMISSANTES DE Lf EGLISE SAINT-URBAIN DE TROYES

duits, par le ciseau, sur les édifices religieux de cette époque.

Les obscœna, peints ou sculptés sur ces monuments, sont loin d'être rares. Une des plus anciennes reproductions de cette nature se voit, ou se voyait il y a quelques années, sur le portail de l'église de Cénac (Dordogne), qui remonte, présume-t-on (1), à l'époque de Cliarlemagne. On en a signalé aux modillons extérieurs de Villeneuve-d'Ornon (Gironde) ; dans plusieurs églises de Basse-Normandie (2) ; dans les cathédrales de Bazas et de Poitiers ; à l'église Saint-Sernin, de Toulouse.

A l'église de Gourgé (Deux-Sèvres), « trois modillons se partagent, écrit l'abbé Auber (3), une même action, au-dessous d'un entablement qui règne sur la porte d'entrée. Celui du milieu, composé de deux objets réunis, ne laisse aucun doute quant à sa signification dissolue {partes ulriusque sexus coeuntes). Les deux autres, de chaque côté, sont un homme et une femme grimaçant à loisir et dont le sentiment ainsi rendu ne reste pas étranger à cette vilenie. » De même à Saint-Pompain (Deux-Sèvres), on voit « deux femmes se livrant séparément à des

(1) Bulletin monumenlal, I, 208.

(2) Bulletin monumental, VIII, 16 et suiv. (a-) Op. cit., t. III.

lubricités dégoûtantes », selon l'expression indignée du même ecclésiastique (1).

MODILLON I)K LEMPDE, l'IUiS BRIOUDE.

Mérimée, dans ses Voyages en Auvergne (2),a indi-

(1) Histoire el théorie du symbolisme religieux, III, 427.

(2) V. nolammerU aux pp. 83, 283, 373.

que, comme particulièrement libres, les stalles, enbois sculpté, de Saint - Léonard (1); deux modillons, à Lempde, près Brioude, que cet auteur, pourtant peu chaste à l'ordinaire, n'ose décrire qu'en latin, ainsi que deux autres modillons d'Ennezat. Il croit, néanmoins, à « la bonhomie innocente des sculpteurs du onzième et douzième siècles, qui n'entendaient pas malice, quand ils représentaient un péché tout crûment, comme il se fait (2) ».

A citer dans lé même ordre d'idées, les chapiteaux de Mauzacet d'Orival; ceux de Saint-Pierre-le-Moutier, dans la Nièvre, qui ont été brisés; ceuxd'Avesnières, près Laval (3), etc.

Dans l'église de Bourg- Achard, arrondissement de Pont-Audemer, un homme présentait à une jeune femme son autre visage, aux joues particulièrement rebondies.

A Semelay (4), on avait représenté des vices infâmes auxquels la législation de l'époque appliquait la peine du feu.

En différentes villes d'Auvergne et de Basse-Bre-

(1) Les stalles de Saint-Léonard onl^té décrites, par M.Tripon, dans l'Histoire monumentale du Limousin (1837, I, 246).

(2) Voyage dans le Midi, par Prosper Mérimée, p. 295.

(3) Il figurait de non moins bizarres sculptures sur les chapiteaux de Marcillac (Lot), d'Antheuil (Orne), de Notre-Dame de la Roche (Seine-et-Oise), de Saint-Nectaire (Allier) ; à Saint- Étienne de Beauvais, sous le portail de Notre-Dame de Caillouville, etc.

(4) Bévue archéologique f 1854.

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