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1 s piu>Ki;ssi:i rs K.\ CHAiKK, ai; movkn a«;i: (D'nprcs un bas-relief île l'Universilt'' de Paris, au xv" sircle).
payer à leurs cauiaradcs queUfues tournées de tvin, selon un tarif déterminé.
Un nonce devait arroser ses adieux. Déléguait-on
jns<Ti|)lion, qtii Iftnait lieu d'criMeigne : VArhalèlc, VAn(/e ou Ifls Deux AiujeR, le Cerf, le Berceau, lo Chaudron. \.cn ciisoignfs .1 rinuii/e de la Sainle-Vicn/e Hi\icn\ noml)fouSes; il y av.'iit, pp oiili'f», rios caharotH, .1 l'Ifnage S"-Calherine, S'-DenlK, S*-Jacquen, S'-Jean, S'-Julien,S'-Loaii,IS'-Michel. \iï\on a rendu célèbre
3C, MœURS INTIMES DU PASSE
quelques députés, pour s'occuper de réparations aux immeubles ou au mobilier, ils ne manquaient pas de conclure l'afTaire avec des entrepreneurs sur les bancsd'une taverne, aux dépensdelaNatiou.
Cha(|ue fois (|i('un étudiant recevait la liceniin docendi, il payait à sc^s nouveaux collègues un bon tbiicr, an-osé de vins généreux.
Ce ])anquet était assez coûteux, si nous eu jugeons par la It'Ui-e d'un étudiant' dOrli'^ans, (pij réclamait à son père cent livres (environ 250 fraucs de notre monnaie), pour fêter son succès.
A Gahors, à la rentrée des cours, il était d'usagt! que les consuls onVisseiit tbîs réjouissances (|ui, en l'an 1367, occasionnèrent 137 livres tournois de déptmses. A la lin de Tannée, c'était de nouvelles l'êtes en l'honneur d(;s pi-ofesseurs et des étudiants qui s'étaient distingués et auxquels on distribuait des cou|)es et des plats d'argent. Enfin, trait de mœurs d'une rare simplicité, avait lieu un bancjuet où, seuls, les plus i-éputés des professeurs et les plus méi'itants des élèves étaientadmis à jnanger des conlilures, ollerles par les consuls ^
?>laitres et étudiants \ivaieut en commun.
la Alaison de la Mule, ain^JÏ que c»*lle de la Pomme de Pin. Rarement, les t'hjdiants s'éloignaient du (luartier de l'Université; ils ne passaient le t^etit-I^ont, que pour se rendre dans quelque établissement de la Cité renommé pour son vin.
1. La Faculté de médecine dans l'ancienne Universilé de Cahors (1332-1751), parle docteur Paul Laff.uille; thèse de l^yon, 189ô.
LA VIE n'KTUniANT AU MOYEN .Mil: 39
fiCs professeurs accompagnaient leurs élèves dans les expéditions nocturnes et prenaient leur part, <[ui n'était pas toujours la moindre, de leur dissipation. Couverts des immunités dont jouissait l'I'niversité, professeurs et élèves se croyaient tout permis; d'autant que la royauté les protégeait presque ouvertement, les exemptant d'impôts, les comblant de franchises, cherchant par tous les moyens à se les concilier'.
[lenri II d'Anglotciic, dans sa ii\alilc avec rhomas Becket, prenait les étudiants de Paris comme arbitres
l. Les inédecinis étaient dispensés de faire la garde, de nuit et de jour, aux portes de la ville et de la collecte des tailles. iJes .lettres patentes, du 12 février I3(>0, exemptèrent << les maîtres lisans et étudians en l'Université de Paris, de port, gabelles, impositions, aydes et subsides ». Une déclaration du 20 septembre I.%9 étendit cette exemption aux écoliers, libraires, enlumineurs et parcheminiers. Dès 1H50, Jean I", à Lyon, dans une lettre portant les privilèges de la ville d'Aigues- Mortes, édictait : « Les pauvres, les veuves, les pupilles, les notaires, les jurisconsultes, les physiciens, les médecins ne seront pas obligés de servir, ni d'envoyer personne à leur place » (MoNTARioL, .Sur l'élude et l'exercice de la médecine depuis le qualorzièine siècle jusqu'à la Révolution française, thèse de doctorat en médecine de Toulouse, 1912). Charles V, en confirmant, par des Lettres du 1(5 mars 1879, l'exemption des tailles et des impôts, en faveur des maîtres et étudiants de rUrùvcrsité de médecine de Montpellier, reconnaît expressémentqu'ils jouissent de cette exemption de temps immémorial (Germain, op. c/7., III, lOô, note 1). Les rois de France, successeurs de Charles V, ont non seulement maintenu, mais étendu les privilèges et exemptions accordés aux médecins.
Philippe le H(^l s'jippuyail sur ri'iiiversité, dans sa lutte coiilic Honiface \ 111. Il avait assez l)ien traité les écoliers, pour (|ue C(Mix-ci lui rendissent, en échange, (|ueI(|Mes services; outre <|u'il les avail dispensés de douuer des ari'lies aux bour^^'eois, poui' rac(|uillenienl des loyers, il avait afïVanchi les ohjels à leur usage de tous droils de péage sur ses lerres; il avait négocie pour obtenir de; ses vassaux la uièiue immunité.
A un seigneui' (|ui résistait à ses injonctions, le loi uiandait: « Nous croyons (|u'il est dû de ii'rands euai-ds aux travaux, aux veilles, à la disette de toutes choses, aux peines et aux périls (|u'eiidur'enl les étudiauls, t;n vue d'acfjuérir la piirle précieuse de la science. Nous considérons (ju'ils (|uillenl souvent leurs amis, leurs parents, leurpatrie;, (|u'ils viennent de pays éloignés, afin de satisfaire! la soif ardente (ju'ilsont de puiser à la soui-ce des eaux vives, dont ils inondent ensuite toutes les parties du monde ^. »
Phili])pe-Auguste avait mis sous la dépendance de l'Université le prévôt de Paris, chef de la justice dans la capitale. Le prévôt était dit « conservateur des |)rivilèges de l'Université » al,
1. Du BuuLAY, Hisloria Universitatis Parisiensis, t. 1V^ Kw : cité par Alf. Fkanklin, la Vie privée an temps des premiers Capétiens, l. II. Paris, Éniilc-Paul, éditeur.
42 M(h:urs intimes du passe
à ce tilre, il prèlail S(!rmeiil (Mitre les mains du lecleur, ce qui le plaçait vis-à-vis des iiiailit^s et des écoliers dans une sujétion aJ)soIue. Ci; vass( lage persista jus(|u'au\ premières années diTclixseptième siècle.
Les prérogatives dont jouissaient les étudiants iMîiidaient à peu près illusoire l'action de la police. La miniature, qui représente saint Louis recevant sur le chef le contenu d'un vase innommable, tandis qu'il se rendait, de nuit, à matines, aux Ciordeliers de Paris, et ordonnant non seulement de ne pas punir le coupable, mais de lui octroyer une riche prébende, parce qu'il ne pouvait être qu'un écolier studieux, pour veiller encore à cette heure, cette curieuse miniature donne une idée de l'indulgence que ce souverain témoignait aux « Universitaires ^ ».
Pareille tolérance ne pouvait qu'encourager ces derniers à s'insurger contre l'autorité, qui osait mettre une entrave à leurs coupables fantaisies. Les rixes se multipliaient entre étudiants et ])ourgeois,ces derniers soutenus par le prévôt du roi, c'est-à-dire par la police. Celle-ci finissait par avoir le dessus, mais ce n'était pas sans qu'il y
l. Philip[)e-Auguste disait d'eux : « Ils sont plus hardis que les chevaliers. Ceux-ci, couverts de leurs armures, hésitent à se battre ; les clercs, à la tête tonsurée, qui n'ont ni haubert, ni heaume, se jettent les uns sur les autres, en jouant du couteau. >»
eût, de pari et d'autre, effusion de sang, comme dans les circonstances que nous allons narrera
Un clerc d'une grande famille allemande, (|ui avait été proposé pour l'évêché de Liège, étudiait à Paris. Son domestique, entrant dans une taverne acheter du vin, se querelle avec le marchand ; il reçoit des coups et on lui brise sa cruche.
Furieux, les étudiants allemands prennent lait et cause pour leur compatriote. Ils envahissent la boutique et laissent le tavernier à demi mort.
Grand émoi dans la bourgeoisie parisienne : ce n'était pas, cependant, la première fois qu'elle avait à se plaindre des écoliers.'
Le prévôt de Philippe- Auguste, suivi des bourgeois en armes, entre dans la maison des clercs allemands, pourarréterlescoupables, qui résistent.
La police, comme il arrive trop souvent, eut la main lourde. Cinq universitaires, dont plusieurs clercs, restèrent sur le carreau.
Sans plus tarder, maitres et étudiants portent plainte au roi. Ils menacent de'suspendre les cours et de quitter Paris, si l'on ne châtie pas lesmeur triers.
Une grève de professeurs, la cessation des
l. Nous en empruntons le récit, pittoresquement imagé. ■TU savant historien de l'Université sous Philippe-Auguste, le regretté Achille Luchaire.
4t MOeURS INTIMKS DU PASSÉ
cours! Aujourd'hui, l'incouvénient serait grave; au temps de Philippe-Auguste, le iail étail considéré comme une calamité publique, presque comme une ofiense à la religion. L'importance de l'Université de Paris ])our le recrutement du clergé était telle, qu'une suspension de l'enseignement équivalait à un arrôl. brus(|ue dans la vie ecclésiastique de l'I^urope. *
Le roi de France accorda loiil ce (jii'on lui (h;nianda. Le prévôt de Paris fut jeté en prison, avec ceux de ses complices qu'on put retrouver. Uni; partie des meurtriers ayant pris la fuite, Pliilippc fil démolir leurs maisons et arracher huiis viirncs.
Un peu plus tard, les écoliers priaient le roi de r-clàchiM- le |)rvv()L et les autres détenus, condamnés à la pris(m perpétuelle, mais à la condition qu'on leur remettrait les coupables : on les fouetterait dans une école, puis on les tiendrait quittes de leur peine. Philippe-Auguste refusa, disant <|u'il était de son honiKMii- de ne pas pei-miitlrc (|ue dt!S homiiK'S du loi fiisscnl châtiés par (I a u très" q u e pa r l e ro i .
Trente ans plus tard, survenait un nouvel incident.
Le 26 février 1229, quelques étudiants, Flamands et Picards, étaient allés prendre leurs ébats à Saint-Marcel ; après avoir joué, on se mit à boire, et quand on eut bien bu, on en vint à se disputer aigrement avec le cabaretier, qui avait l'audace
LA VIE D ETUDIANT AU MOYEN ArtE 45
de vouloir se faire payer son dû. Mal lui en prit, il fut roué de coups par les écoliers.
A ses cris, des voisins accourent, et après force horions, parviennent à délivrer des mains des clercs l'infortuné aubergiste.
Mais ceux-ci ne se tiennent pas pour battus; le lendemain, ils reviennent en nombre, armés d'épées et de bâtons, saccagent la taverne et, bousculant tout, sans distinction d'Age ni de sexe, rouent de coups hommes, femmes, enfants, tous ceux qui se présentent sur leur passage.
Dès la nouvelle de l'événement, le prieur de Saint-Marcel porte plainte au légat et à l'évêque. La régente. Blanche de Castille, prescrit à son lieutenant de police de mettre à la raison les fauteurs de trouble.
D'après un historien du temps ^, les innocents payèrent pour les coupables: des étudiants qui jouaient entre eux aux portes de la ville et qui n'avaient pris aucune part aux violences commises, furent saisis et fort malmenés; à en croire le narrateur, la police, bien (pielle les eût vus sans armes, les avait dispersés, après avoir tué les uns et blessé les autres. Ceux-là seuls avaient échap[)é, ([ui s'étaient cachés dans les vignes et dans les carrières.
1. Mathieu de Paris, cité par R. Df.lkoue, De l'Université (le Paris (1224-1244). Paris. 1902.
Si le tableau est poussé au noir, il semble, iifianmoins, qu'il y ait eu (|uelques vieil lucs : ce qu'apprenant, le Pa[)e, dans tb^s b^llres ;uliessées à rtnôfjiie do Paris, au roi et à la régente, réclama justice des vexations siil)ies pai- les étudiauls.
Les mailres de Tl niversité, après avoir siispen(bi leuis cours, se présentent devant \a rrgente et le légat, pour demander réparation. Us s'indignent que, j)Oiir une faute imputable à ((uelques clercs, l'rniversité tout entière en subisse le dommage et réclament sui- l'Iieiiic l(> ebàtiment de l'officier de j)olice <|ui a fait preuv<^ i\<\ tant de brutalité.
Ce que, trente ans avant, un monarque absolu avait accordé, la reine-régente n li(';sita pas à le refuser: celle souxei'aine imp<'Mieiise, ayant nouIu a\()ir raison de la communauté naissante, eelle-ei décrétait la suspension d(;s cours.
î^e 27 mars (1229), les maîtres prennent d'énergic|ues résolutions : ils décident, d'un commun accord, (|ue si, trente jours après J'àques, satisfaction n'est pas donnée à l'Université, ils quitteront Paris pendant six ans; durant c(; laps de temps, tout enseignement, public ou privé, sei'a suspendu dans la capitale. La régente restant o])stiriéedanssa détermination, les universitaires ne se montrèrent pas moins fermes dans leur r<''soIution.
Au terme lixé, maitres et élèves quittaient Paris, se répandant en tous lieux : les uns, se dirigeant sur Reims, alors célèbre pour les lettres et la philosophie; les autres, vers Angers, qui devint le principal centre d'émigration.
A Angers, les éliidianls laisanl maigri! chère, se j)laignirent qu'on leur vendait « de mauvais pAté à un prix excessif ; que le sel y était trop cher et mêlé do sable et de poussière ».
Les Toulousains, ayant eu V(;nt do louis doléances, s'olTrironl à recueillir les plaignants. In pros|)ectiis-réclanie, émanant dos membres de n nivorsilé languodocionno, vantail la beauté du silo, la salubrité du cliinal, les millo avantages (|uo Toulouse' résorvait aux étudiants.
A entendre ces beaux parleurs, lour pays est « une terre promise, où coulent li' lait ol le miel, où verdoient les pâturages i'éconds, où pullulent les arbres fruitiois. L'aii- y est su[)érieur à celui de toutes les autres régions ». Les escholiers trouveront à Touhnise le pain, le vin, la viande, le poisson, à un prix qui défie toute concurrence. Comment résister à une pareille invite ?
Mius la capitale du Languedoc n'attira qu'une partie des dissidents ; certains poussèrent jusqu'en Italie, dont les Universités, celle de Holog\ie en particulier, étaient des plus florissantes.
Quelques-uns se rendirent en Espagne ; d'autres avaient préféré passer le détroit et se réfugier en Angleterre, dont le roi leur avait fait les plus (laiteuses avances.
Compatissant aux maux et aux tribulations qu'une loi ini([ue leur faisait endurera Paris, Henri Vlll mettait à la disposition de ceux qui voulaient venir étudier en Angleterre, des villes, des bourgs et des propriétés, dont ils pourraient jouir en toute liberté. Plusieurs allèreiil s(^ lixer à Oxford, d'autres à Cambridge.
Cet exode produisit, dans toute l'Europe, une impression profonde. A Paris, on feignit, en haut lieu, de ne pas s'en émouvoir. Le légat et l'évéque, loin de chercher à apaiser la querelle par une mesure de conciliation, excitaient, au contraire, à la haine contre les clercs: maîtres et écoliers lurent excommuniés. Le concile provincial de Sens alla jusqu'à priver du revenu de leurs bénéfices, pendant deux ans, les maîtres et étudiants retirés à Angers; (|uant à ceux qui en étaient dépourvus, il leur était interdit d'en posséder jamais, s'ils ne se soumettaient sans retard. Les écoliers se vengèrent du légat et de la régente, en répandant contre eux les bruits les plus malveillants.
Mais l'Université ne s'en tint pas à la guerre d'épigrammes, elle en appela au pape des sentences portées contre elle. Le pontife n'avait
LA VIE n KTUDIANT AU MOYEN A'.E I!)
pas atleudu cotte démarche pour intervenir.
Tout en conseillant au roi et à l'évéque de
i*aris de donnej' satistaction à l'Université, il
• scLAi; iJii 1,'uNiVERSiTii t)K l'Aiiis (xiv sièclc)
demanda aux maîtres et étudiants de lui soumettre leurs revendications. Enfin, après deux années de longues et laborieuses négociations, un traité de paix était signé entre les belligérants.
MOKURS INTIMES, IV. 4
Louis IX consentait à recevoir une délégation de l'Université, et après avoir écouté avec bonté ses doléances, il donnait des ordres, pour que, désormais, les bourgeois laissassent vivre les écoliers en paix et sécurité, obtenant de ces derniers, en échange, qu'ils auraient à l'avenir une conduite moins dissipée.
Peu après, Grégoire IX publiait une bulle confirmant et précisant les privilèges de l'Université cl, pour mettre en tous lieux les membres de la corporation à l'abri des violences ou des exactions, il mandait ses volontés non seulement à Paris, mais à Reims, Amiens, Soissons, etc., partout où professeurs et élèves avaient été plus ou moins molestés.
Si, dans les dirt'érends (jui sur\ luiaicnl cnlrc les éliidiants et l'autorité, les premiers ariivaii'iit presque toujours à triompher, c'était grâccv siirloiit à la solidarité étroite qui unissait maîtres et élèves.
Cette solidarité faisait leur force;. Gouverle de ses privilèges et immuuilés, l" Université avait conscience de son pouvoir. Pour savoir ce qu'il en coûtait, au début du ([uiuzième siècle, d'attenter à ses droits, écoule/, rauccdote que nous conta naguèi-e M. Maire, iv, syiupatliicjue et érudit ])il)liothécaire de la Sorbonne.
En t404, les pages de Charles de Savoisy, seigneur de la Cour, se prirent de querelle avec les étudiants ; pendant une procession que l'Université faisait en l'honneur de sainte Catherine, et, armés comme ils l'étaient, les [)ages en blessèrent plusieurs. L'Université cessa ses cours, suspendit tousses exercices et demanda justice au. Roi.
Gerson porta la parole au nom de l'Université. La senr^
.)2 MrtîURS INTIMES DU PASSE
teucc pionoucée, en présence du Hoi. ù l'iiôlel Saint- Pol, lut excessive de sévérité. Elle portait (|ue « la maison de Savoisy serait démolie; que ce seigneur fournirait le fonds de 400 livres de rente perpétuelle pour fonder cin(| cliûtellenies; qu'il paierait 1.000 livres de dommages-intérêts aux blessés et 4.000 livres à l'Université ». Ses gens, auteurs de cette agression, furent fouettés par le- bourreau, condamnés à faire amende honorable en chemise, puis bannis du royaume.
Trois an» à peint; s'étaient écoules (|ue survenait un noiivi^l éptKode, non moins lragi(|ue et où rUnivHfBité ne paraît pas avoir joué un rôle des plus honorables.
Le pré»v(H de Paris, le sire de Tignonville, avait lait arrêter deux étudiants convaincus de crimes multiples, Légier t>uni(Missel cl Olivier Bourgeois : il avait offert de remettre les coupables à la justice de l'Université ; mais, sur sa réponse qu'elle désavouait de pareils metubres, ils furent condamnés à être pendus et exécutés.
Le duc de Bourgogne, ennemi personnel de Tignonville, souleva contre ce dernier les étudiants de la Nation de Normandie, qui excitèrent tes passions de tous leurs coidrères. Sermons et études furent suspendus; l'Université, en corps, se rendit auprès du {^oi, le mena(janl de se retirer hors de la ville de Paris, si justice ne lui était accordée. Un arrêt du Conseil (féclara que le \n-évôt avait agi avec imprudence; il lui ordonna d'aller, en personne, détacher du gibet îes deux corps des coupables, de !es baiser sur la bouche et de payer les frais du convoi, qui serait conduit par le bourreau vêtu d'un surplis; le sire de Tignonville et tous ses gens devaient
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5i MœURS INTIMES DU PASSE
suivre le convoi; il fut ensuite destitué et remplacé par Pierre Desessarts!
Les corps des deux étudiants furent inluimés dans le cloître des Mathurins et le monument qu'on leur éleva les représente attachés au i^ibet, avec une inscription relatant cet événement : « Ci-dessous gisent Légier I)umoussel et Olivier Bourgeois, jadis clercs, écoliers et ét\idians en l'Université de Paris, exécutés à la justice du Roi nolie bon Sire, par le prévôt de Paris, l'an 1407, le vingt-sixième jour d'octobre, pour certains cas à rn\ imposés; lesquels, à la poursuite de l'Université, furent restitués et amenés au parvis de Notre-Dame, et rendus à l'archevêque de Paris comme clercs, et aux députés de l'Université comme suppôts d'icelle, à très graiule solennité ; et de là en ce lien-ci furent amenés pour être mis eu sépulture, l'an 1408, le dix-lniitième jour de mai, et fureni lesdits prévôts et son lieutenant démis de leurs offices, ;'i la dite poursuite, comme plus à phîin appert, par lettres patentes et instruments sur ce cas : priez Dieu qu'il leui' pardonne leurs péchés. Amen^. »
Souvent l'autorité royale se brisa contre TUnivorsité, qui s'affranchissait de toute tutelle, \\v reconnaissant que sa juridiction propre et pratiquant le droit de coalition et le droit de grève, si justice lui était refusée.
1. En 1440, des huissiers avaient arraché de force, du couvent des Augustins, un maître en théologie, malgré la résistance des religieux qui avaient pris son parti; plusieurs de ces derniers furent blessés et l'un d'eux fut tué. Les Augustins étant membres de l'Université, celle-ci prit aussitôt leur défense et demanda justice, menaçant de fermer les écoles, si elle ne lui était pas accordée. Les huissiers, condamnés à
LA VIE d'Étudiant au moyen Age
Contre le Chancelier, contre les rois mêmes, l'Université invoquait la protection du Saint- Siège; mais elle ne se montrait pas toujours docile aux instructions ou aux ordres pontificaux.
Pas [)lus([ue leslaïquesde Bolognen'out incarné, au moyen âge, l'esprit révolutionnaire, les clercs de Paris n'ont été, comme on le croit communément, les représentants de l'esprit conservateur. La démocratie universitaire de Paris était moins orthodoxe ([ue l'aristocratie bolonaise, sous des apparences moins indépendantes. Ne possédant ni palais, ni reveuus fonciers, elhî était libre de toute attache et pouvait à sa volonté se transporter ailleurs; rien ([ue la menace de cesser les cours suffisait à lui fain; donner satisfaction.
faite amende lionorable, nn-piods et. une torche à la main, lurent ensuite bannis. Un bas-relief, représentant la scène de l'amende, fut placé au coin de la rue des Grands-Augustins et du ([uai de la Vallée. Ce bas-relief se trouve aujourd'hui au musée Carnavalet (Albert Maibe). V. page ôiî.
CO.NTKK-SCEAU DE I.A FACt.'LTK DK MEUECINK Dli PARIS
(xiv* siècle)
A cette époque, les vacances étaient raies, en dehors de la période prolongée durant laquelle, comme de nos jours, les travaux scolaires étaient complètement suspendus. (Test tout au plus si, à l'occasion de IV'tes plus ou moins solennelles, on cliùmait pendant une demi-journée; un, deu\, rarement trois jours entiers.
A Pâques, à Noël et à la Pentecôte, il y avait trois jours et demi de congé. Les jours de l'arrivée d'un personnage illustre dans la capitale : ceux 011 l'Université assistait, en corps, aux obsèques do l'un de ses membres ou d'une personnalité éminente, donnaient prétexte à des congés exceptionnels.
Il y avait quelques habitudes locales: à Montpellier, il était de coutume (|ue, le mercredi, on tie chômât en l'honneur d'Hippocrate, qu'autant qu'il n'y avait pas de fête religieuse dans la semaine, Les cours de la Faculté étaient sus-
pendus huit jours avant Noël et huit jours après ; durant les trois jours qui précèdent l'ouverture du Carême et pendant toute la quinzaine de Pâques K
Que devenaient les étudiants pendant ce chômage forcé, ? A Paris, les jours de congé ordinaires, la plus grande distraction des écoliers était la promenade du Pré-aux-Glercs^, vaste prairie, s'étendant le long de la Seine, depuis la clôture de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, jusqu'à l'emplacement approximatif de la Chambre des députés actuelle.
Les étudiants s'y livraient à leurs jeux habituels, dont Rabehiis nous a conservé l'interminable énumération. Parfois, trompant la surveillance des moines, ils envahissaient les vignes de l'abbaye voisine et, ne se contentant pas de déta»