‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 53 sur 134 · La Vie de l'Étudiant à Caen, op. cit · texte numérisé non relu

La Vie de l'Étudiant à Caen, op. cit

2. La Renaissance à Montpellier, par A. Germain. Montpï lier, 1871.

La bibliothèque profitant du reliquat des fonds demeurés en caisse chaque année, les étudiants exerçaient certains droits sur elle. Chacun d'eux possédait une clef, qui lui permettait d'y pénétrer à sa convenance.

A 4 heures du soir, le claviger fermait le dépôt de livres à la grosse clef, afin que nulle personne du dehors ne pût s'y introduire.

Les lecteurs s'engageaient, par serment, à ne pas maltraiter les livres qui leur étaient confiés, à ne les maculer ni d'encre ni de notes marginales ou interlinéaires. Violaient-ils ces engagements, non seulement l'accès de la bibliothèque leur était interdit, mais ils étaient contraints de payer le dommage qu'ils avaient causé.

Un code scolaire, datant de la première moitié du seizième siècle, atteste que l'organisation de nos Facultés de médecine continue de reposer, comme au moyen âge, sur la base religieuse.

Chaque dimanche, depuis la Saint-Luc jusqu'à Pûques, l'étudiant est tenu d'assister à la messe; à défaut, il paie deux deniers à titre d'amende, s'il est étudiant non gradué ; quatre deniers, s'il est bachelier; six, s'il est 'licencié ou docteur: le tout au profit du trésor de l'Ecole.

L'un des jours qui suivent la Toussaint, l'Ecole faisait célébrer une messe particulière, pour les morts de l'Université. On disait aussi des messes d'actions de grûces, des messes pour les bienfaiteurs. La fête de Saint-Luc, patron des médecins, donnait, aussi, lieu à de pieuses manifestations

Dans le courant de l'année scolaire, tout le monde s'approchait ou était censé s'approcher des sacrements plusieurs fois. La veille de la

COURS DK FACULfÉ (commencement du xvr siècle) {Bibl. nat., Ms fs. 1537 : Chants Royaux).

cérémonie, les cours étaient suspendus confessionis causa. En 1572 (l'année de la Saint-Barthéleiny), Jean de Gorris, fils d'un doyen protestant, n'ayant pas voulu prêter le serment, sur les Saints Evangiles, d'assister aux messes de la Faculté, fut exclu de l'examen du baccalauréat en médecine'.

Aucun docteur, bachelier ou étudiant, atteint d'excommunication, ne pouvait fréquenter l'Ecole. L'entrée lui en était expressément interdite, jusqu'après son absolution 2.

L'Ecole était placée sous le haut patronage de l'Evéque, bien qu'elle fût, en réalité, régie par le doyen, c'est-à-dire le plus ancien docteur en fonctions.

Le chancelier se bornait à juger, prononçant judiciairement soit entre les maîtres et les étudiants, soit entre les divers membres de la Compagnie et le public. 11 convoquait les assemblées où l'on s'occupait des diverses affaires de l'Ecole, notamment de l'élaboration du programme des cours, de l'administration financière, etc. Au-des sous du doyen et du chancelier, venaient les procureurs des docteurs, au nombre de deux, et le procureur des étudiants.

1. Les Éludianls en médecine de Paris au seizième siècle; essai historique, par G.-J. Henri de Boyer de Ciioisy; thèse de Paris, 190Ô, 105.

Page 1