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LA VIE d'Étudiant a la renaissance 171

Le même musicien joue parfois de trois instruments : le hautbois, alors très commun; la viole et la guitare, encore dans leur nouveauté.

Le 12 février, «jour du carnaval de la noblesse », ce sont réjouissances d'autre sorte.

Le mardi-gras, des jeunes gens parcourent la ville,portantattachés autour du cou des sacs pleins d'oranges. « Ces fruits sont à vil prix dans le pays et la douzaine ne coûte pas plus d'un patart, ce qui fait deux deniers. » Les corbeilles servant de boucliers, la bataille s'engage. Toute la place est bientôtjonchée des débris de ces projectiles d'un nouveau genre.

Ce qui nous paraît aujourd'hui de simples gamineries d'écoliers suffisait à mettre en joie les futurs médecins ou les avocats de l'avenir. Félix Flatter conte, avec ingénuité, comment lui vint l'idée de dévaliser, avec l'aide de quelques amis, la cave de son hôte, l'apothicaire Catelan, et par quel moyen il réalisa son audacieux projet. Tandis que l'un s'introduisait par-dessous la porte et remplissait une cruche d'hippocras, les autres en vidaient le contenu dans des gobelets, faute de pouvoir faire passer la cruche par la seule voie dont on disposât.

Un autre jour, nos garnements s'attaquaient aux raisins secs, que le brave apothicaire avait suspendus sans méfiance dans sa chambre ; ils

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â'atnusèreiit à les décrocher avec une perche et les mangèrent^ en ayant soin de rejeter les grappe» dans la pièce.

Catelan demeura convaiticu rjue les râls étaient les seuls auteurs de ce méfait, w C'était mal de notre part^ il faut l'avouer^ ajoute ingénument Félix, » qui lût, à son tour, victime d'une plaisanterie traditionnelle : ses camarades l'avaient invité à une collation nocturne, où on lui servit un soi-disant pâté de lièvre; (|uand il en eut mangé, on lui fit voir que c'était du chat! Il en fut, confesbe-t-il, « médiocrement satisfait ». Nous le comprenons sans peine.

Les passe4emps de nos étudiants ne sont j)as toujours aussi innocents. Quand ils sont hors de vue de leurs |)arents ou de leurs maîtres, ils sont bientôt débridés. Visitent-ils une ville^ leur premier mouvement est de se diriger vers les rues lual famées. Si timide 8oit-il> l'étudiant (|ui nous a livré ses ini])ressionë, dans un récit à la fois naïf et piquant ^ ne manque pas d'entier, à ce sujet, dîins (juelques détails qui ne sont pas dé- • pourvus de saveur.

« En traversant la ville (Avignon), dahs l'aprèsmidi, écrit-il, nous traversâmes les deux rues qu'on nomme Pont Truncat eiPeyre. Des femmes, dont quelques-unes richemeht vêtues, se tenaient

assises dans les maisons, nous criaient : lani:^ hiszer hasier; l'une d'elles enleva inênie la barrette d'un des nôtres et se sauva avec dgns la maiisoni Plusieurs de H troupe s'épUpsèrent, qu'o»n ne manqua pas de plaisanter, par la suite, sur la belle Champenoise, de Troyes, demeurant à Avignon *. »

C'est la seule allusion que nous ayons trouvée aux « plaisirs défendus », dans cette relation si abondamment explicite par endroits.

Nous sommes mieux renseignés sur ce qui se passait en ï^spagne,

li'Espagne a eu autrefoi^i de nombreuses universités, pourvues de chaires de toutes sortes et de savants professeurs. Celle de Salamanque a été oélèhre entre toutes : on y a compté jusqu'à dix^huit mille personnes jouissant des immunités universitaires. Parmi ces immunités, l'une des plus prisées étftit l'interdiction ^ux gen^ dç> justice de faire des perquisitions dans les maisons habitées par les maîtres et par les étudiants.

L'indépendance de, ces établissements était telle qu'on les qualifiait de petites Hépubliques. Les étudiants intervenaient dans la nomin^ition du recteur et des professeurs, et dans quelques détails de l'administration.

Beaucoup d'étudiants pauvres y menaient une

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