‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 64 sur 134 · Magasin pittoresque · texte numérisé non relu

Magasin pittoresque

LA VIE d'Étudiant a la renaissance 175

sèches, sucreries, flacons de ce vin del San/o, que récoltaient sur leurs coteaux arides les moines de l'Escurial, étaient sûrs de rencontrer bon accueil.

Tout en faisant honneur à la collation, on devisait, pendant de longues heures, avec les nonnes et leurs invitées; et les c'onversations qui s'engageaient autour du brasero, dans la solennité des grands parloirs, roulaient quelquefois sur des sujets assez brûlants. On y discutait volontiers des questions de morale galante ; l'on se demandait, par exemple, ce qui vaut mieux, en amour, de la possession ou de l'espérance, et les jeunes religieuses n'étaient pas les dernières à dire leur mot.

De telles libertés nous paraissent choquantes ; à l'époque de la Renaissance, et plus tard, nul ne songeait à s'en indigner. On n'a qu'à lire, dans les Mémoires de. Mlle de Montpensier, ce que la Grande Mademoiselle raconte sur les nonnes de Perpignan ^, pour être édifi'é à cet égard.

11 fallut un éclat pour qu'intervînt l'autorité ecclésiastique : en 1564, Tévéque de Lérida rendit un édit, interdisant l'accès des couvents de femmes aux étudiants âgés de plus de 14 ans, sous peine d'excommunication.

Ceux qui les fréquentaient, est-il besoin de le

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