‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 65 sur 134 · Mémoires, t · texte numérisé non relu

Mémoires, t

17e MOEURS INTIMES DU PASSÉ

dire, étaient des raffinés de perversité, ou des amateurs d'idylles romanesques. La plupart des étudiants, « jeunes corbeaux qui s'abattent sans discernement sur toute espèce de chair », se satisfaisaient d'une proie plus facile.

Toute l'après-midi, d'aimables personnes, d'abord engageant et de vertu peu farouche, se tenaient sur leur balcon, exposant aux regards un visage fardé et une gorge fort découverte ; le soir venu, on allait les retrouver à la taverne ; parfois, on réussissait à les introduire dans les pensions et dans les collèges, et c'étaient alors des fêtes inoubliables, dont l'inquiétude doublait le plaisir.

Celles qui consentaient à cette libéralité de leurs corps étaient, en général, de pauvres filles, dont les dentelles de bas prix, des bijoux en toc, ou de maigres présents, comme «.limons, oublies, pastilles de bouche », suffisaient à assurer la conquête.

Mais ily avait des «horizontales » de plus haute marque, qui n&cédaient qu'aux colliers de perles, aux guipures de Hollande, aux chaînes d'or de cent ducats. 11 n'y avait que ceux qu'on appelait, à Salamanque , les generosos , les Sud-Américains jetant les doublons par les fenêtres, qui pouvaient s'offrir le luxe de ces belles étrangères, oiseaux de passage qui disparaissaient aussi brus-

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