‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 66 sur 134 · COUUTISAN'ES AU BALCON · texte numérisé non relu

COUUTISAN'ES AU BALCON

(Par Carpaccio).

MCKUBS INTIMES, IV.

LA VIE d'Étudiant a la renaissance 179

quement qu'ils étaient venus, volant vers d'autres cieux, en quête de pigeons à plumer; à moins qu'intervenant à propos, le corregidor ne confisquât un bien mal acquis et ne condamnât l'aventurière à demeurer tout un jour sur une des places de la ville, attachée à une échelle, coiffée du bonnet pointu, exposée aux risées du petit peuple.

Notons, en passant, une singulière correction infligée aux individus non pourvus de titres et qui étaient surpris dans la pratique dé la médecine : les docteurs et les étudiants avaient le droit, sans autre forme de procès, de placer le coupable « à rebours sur un âne, avec la queue dans la main en guise de bride », des verges enflammées à la figure, aux mains et aux jambes, et de le promener par la ville, au milieu du cortège des étudiants en armes, et poursuivis par les huées de la populace, « qui le couvre de boue et d'ordures de la tête aux pieds ' ».

Thomas Flatter, qui avait pris part à une exécu-

1. Ce cliAtiment fut infligé, en 1526, à un individu dans l'escarcelle duquel avaient été trouvés des onguents et des poudres ; un antre fut surpris, le 18 juillet 1532, achetant chez un libraire des livres de médecine ; comme il ne put justifier d'aucun grade et malgré ses protestations que, depuis nombre d'années, il exerçait l'art de guérir en France et en Espagne, la Faculté le déclara empirique et il fut condamné à monter sur l'àne de parade, la mitre en tète et les verges aux mains et aux pieds.

tion de ce genre, nous en a conservé les péripéties. « Nous enfermâmes, dit-il, le délinquant dans la salle d'anatomie pour le mettre sur l'âne; mais sa femme courut partout, criant que «ous voulions disséquer son mari tout vif ; le quartier s'ameuta, prit pitié pour le pauvre diable, et nous l'arracha de vive force : on ne le revit plus^ »

Défense était faite à tous médecins ambulants, marchands d'onguents et de thériaque, de vendre ou d'exercer dans la ville; la même prohibition atteignait les docteurs étrangers, non pourvus d'une autorisation de l'Université. Il était non moins sévèrement interdit aux apothicaires de délivrer des remèdes, sans prescription de médecin, à l'exception de quelques drogues insignifiantes, comme suppositoires, clystères communs, etc.'-.

Les charlatans qui s'improvisaient praticiens ne pouvaient exercer leur métier dans une entière sécurité. On faisait aux empiriques une guerre sans merci et le grotesque châtiment qu'on leur infligeait les empêchait, au moins pour un temps, de s'adonner à leur dangereux com-' merce.

D'autre part, on recommandait plus de sévérité dans les épreuves conduisant à l'obtention des"

1. Félix el Thomas Flatter à Montpellier, édition citée, 190.

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