‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 75 sur 134 · V. Gayelez dEsculape, par Witkowski et Cabanes · texte numérisé non relu

V. Gayelez dEsculape, par Witkowski et Cabanes

3. « Au médecin seul, écrit Dumonchau, dans sa Bibliographie médicinale raisonnée (Paris, 1756), appartient la science de la médecine ; le chirurgien ne peut prétendre qu'à l'art... Un chirurgien qui entreprend de guérir seul une maladie et qui ne prétend se guider que par ses lumières, franchit les bornes de

roger, puis à dicter sa sentence. C'eût été déroger que de se livrer à un travail manuel. On abandonnait cette tâche vile au porte-seringue et au porte-lancette.

Quelques exceptions à part, la profession ne rapportait guère plus d'honneurs que d'honoraires. Ainsi qu'aujourd'hui, on était peu empressé à acquitter la note de son médecin. Les « huit mille bonnes livres de rente » de M. Purgon^ pouvaient être le produit de la vente de ses drogues ; mais il nous est permis de présumer que les deux Diafoirus n'en avaient pas acquis autant à saigner et à purger leurs nombreux clients ou clientes. En réalité, il fallait posséder déjà quelque aisance, avant d'entreprendre les études médicales.

On n'était reçu docteur qu'après plusieurs années passées à suivre des cours et à subir des examens ; et tout cela coûtait cher. En 1754, il fallait dépenser bien près de 6.000 livres-,

son état ou cesse d'être un chirurgien. . La chirurgie n'est point une partie de l'art de guérir ; elle est comprise dans les moyens que nous employons pour guérir ; la main du chirurgien est un médicament; armée de fer ou de feu, c'est au médecin à la diriger. La médecine commande, le chirurgien doit se prêter à ses volontés, ainsi que l'apothicaire... Encore un coup, cet art est mécanique et il s'en faut bien que la médecine et la chirurgie soient deux sœurs ; celle-là commande, celle-ci doit obéir... »

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