LE BARON DUBOIS
Accoucheur de l'impéralrice Marie-Louise.
Le premier médecin du roi avait été choisi comme président de la société rivale, composée de 30 associés ordinaires, tous docteurs-régents, dont20dela Faculté de Paris ; 12 associés libres, résidant à Paris ; 60 régnicoles ; 60 étrangers et un nombre indéterminé de correspondants. Ce
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fut l'embryon de notre Académie de médecine.
La Faculté n'était donc plus le seul corps dont les pouvoirs publics sollicitaient les avis ; son esprit de domination et d'inlolciaace avait porté ses fruits.
Les étudiants eux-mêmesdésertaient ses amphithéâtres et se pressaient, qui, aux cours du Jardin du Roi, où étaient enseignées l'anatomic, la botanique et la chimie; qui, au Collège de Navarre, où le maître de physique et d'histoire naturelle des Enfants de France faisait, toute l'année, un cours de physique expérimentale; qui, enfin, aux Ecoles de chirurgie, dont l'enseignement était également très suivi.
Sur la vie même de l'étudiant et sur ses premiers pas dans la carrière médicale, au cours de la seconde moitié du dix-huitième siècle, nous avons un témoignage aussi précis que précieux, qui nous vient très opportunément en aide, car les documents vécus de cette époque sont d'une rareté insigne.
Sous le titre de Souvenirs de la fin du dlx-hultlènie siècle et du commencement du dix-neuvième, ou. Mémoires de R. D. G., Roger Desgenettes nous a laissé une autobiographie fidèle, qui ne vise à être ni une apologie de son temps, ni un panégyrique de sa personne.
Desgenettes, qui appartenait à une vieille famille normande, mais dont la mère était bretonne, avait été mis, de bonne heure, dans un collège de la capitale. Vers la fin de 1778, ses parents l'avaient envoyé, pour terminer ses études, à Sainte-Barbe, dont les élèves suivaient les exercices du collège du Plessis. 11 y avait été le condisciple de Desbois de Rochefort; de Corvisart, qu'il retrouvera plus tard dans les hôpitaux; de Marc-Antoine Baudot, le conventionnel-médecin; de Baudelaire, précepteur du duc de Choiseul-Praslin, le père du poète des Fleurs du mal, etc.
Après avoir passé deux ans à Sainte-Barbe, il avait fallu songer à faire choix d'une profession. Le jeune Desgenettes ne se sentait pas encore une vocation bie^n déterminée.
Sur ces entrefaites, il fut présenté à BufFon, par une amie de sa mère qui lui portait intérêt.
Gomme Franklin, Bufl'on avait l'heureux privilège d'être embrassé par toutes les femmes; sa célébrité et surtout son âge excusaient la familiarité de ses manières. Il reçut avec force caresses la visiteuse et sa sollicitude voulut bien s'étendre au jeune homme qu'elle chaperonnait; il lui conseilla de choisir une profession scientifique et parla avec ellusion « des délices et des consolations que l'étude avait versées sur sa vie entière »
Il y avait alors, aux environs du Jardin du Roi,
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une pension, tenue par un sieur Verdier, à la fois docteur en médecine et avocat au Parlement. M. Verdier avait, tout d'abord, fondé un établissement d'orthopédie, afin de prévenir et corriger, chez les enfants, les difformités du corps; puis il lui avait joint une maison d'éducation, conçue sur un plan nouveau.
Les premières familles de France lui avaient confié leurs enfants ; un grand nombre de savants, de littérateurs et d'artistes allaient visiter cet établissement, que les Encyclopédistes, notamment d' Alembert, Diderot, Cou rt de Gébelin , prônaient el défendaient contre les attaques dont il était l'objet.
Desgenettes occupait, à la pension Verdier, une chambre particulière, donnant sur le labyrinthe du Jardin du Roi; mais il ne suivait presque aucun des exercices littéraires delà maison. Par contre, il se rendait aux cours du Collège de Navarre, où le savant Brisson enseignait et démontrait, avec succès, la physique expérimentale; au Collège de France, où il pouvait entendre Raulin, qui professait la médecine pratique; Portai, l'anatomie; Darcet, la chimie; Daubenton, l'histoire naturelle, etc. Par goût personnel, il suivit aussi les leçons de littérature latine et française et i n'eut pas lieu, plus tard, de regretter cette incur sion dans le domaine des lettres.
Sa famille pressait Je jeune étudiant de se proïi
noncer : on lui donnait à choisir entre les armes et l'administration, il préféra l'art de guérir.
Avant de prendre ses inscriptions à la Faculté de médecine, il fallait être pourvu du grade de maître es arts. Desgenettes présenta sa requête au tribunal de l'Université et fut admis aux épreuves, conformément à l'usage. 11 subit deux examens distincts, le premier sur les humanités, le second, surce qu'on appelait alors la philosophie.
Le premier examen eut lieu au Collège d'Harcourt, chef-lieu de la nation de Normandie : nous avons expliqué les origines de cette appellation '.^
Le second examen se passa dans une des salles basses de l'Archevêché. Les épreuves terminées, les candidats reçurent, à genoux, dans l'église de Notre-Dame, la bénédiction du chancelier, qui leur conféra le grade de maître es arts, au nom et par délégation du Saint-Siège.
Les candidats étaient au nombre de six, « tous en soutane et rabats ». Seul, Desgenettes portait un gros catogan, bien poudré : on appelait ainsi un nœud de cheveux retroussés, fort à la mode à la fin du dix-huitième siècle.
A part l'enseignement de la Faculté, trois autres enseignements avaient la faveur des étu-