‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 80 sur 134 · V. le chnpitre sur l'HIlidiunl en médecine au moyen âge · texte numérisé non relu

V. le chnpitre sur l'HIlidiunl en médecine au moyen âge

diants : aux Ecoles royales de chirurgie, on professait l'anatomie, la physiologie, la pathologie, la thérapeutique; la chimie et la botanique appliquées à la chirurgie; les accouchements et les maladies des yeux.

Outre l'instruction qu'offrait l'Ecole pratique, il y avait plusieurs cours particuliers, où l'on enseignait l'anatomie et la physiologie, la pathologie et les opérations.

Desault et Pelletan avaient, l'un et l'autre, un cours libre, très suivi. Rien de commun n'existait entre ces deux professeurs, si ce n'est un grand talent pour enseigner, avec des moyens complètement différents : « l'un était positif dans ses doctrines, mais très négligé dans son élocution... ; l'autre était facond jusqu'à la séduction, et ingénieux dans ses aperçus, ses rapprochements et ses applications ».

Au Jardin du Roi, les étudiants en médecine pouvaient apprendre la botanique au cours de Le Monnier ou de Jussieu; l'anatomie et la chirurgie, à ceux de Portai ou de Mertrud. Il y avait aussi grande affluence aux leçons de chimie de Macquer, et surtout à celles de son remplaçant* Fourcroy, où l'on se pressait en foule.

Le Jardin des apothicaires, devenu dans la suil l'Ecole de Pharmacie, offrait un enseignemeni varié, que beaucoup d'étudiants en médecine n<

dédaignaient pas de suivre. Ils pouvaient y entendre les excellentes leçons de Deyeux, de Mitouard, de Demachy et de quelques autres professeurs moins connus.

Desgenettes se contentait de suivre le cours de chimie de Fourcroy qui, outre son cours public du .Jardin du Roi, donnait des leçons particulières dans son laboratoire de la rue des Bourdonnais.

Notre étudiant ne négligeait pas, pour cela, l'hôpital et, pour être plus à portée de la Charité, où Desbois -de Rochefort et Boyer faisaient leur visite journalière, il s'était logé, rue de Seine, au faubourg Saint-Germain, dans un hôtel garni, donnant en face de la rue du Colombier. 11 y occupait, au-dessus de la loge du portier, une petite chambre isolée et à cheminée, où l'on accédait par un escalier d'une vingtaine de marches.

Ses études commencées à Paris, Desgenettes alla les poursuivre à Montpellier, après une interruption de plusieurs années, pendant lesquelles il visita l'Italie.

Il arriva dans la vieille cité universitaire en 1789, à l'aurore de la Révolution.

Montpellier était alors « une ville de second ordre et renfermantune population de 30 à 35.000 habitants », mais renommée pour la douceur de son climat, autant que par la célébrité de son École.

Desgenettes y passa ses épreuves de baccalauréat

en médecine, et, pour la circonstance, revêtit la fameuse robe de Rabelais, qu'on avait, est-il besoin de le dire, remplacée plusieurs fois déjà, pour cause de vétusté.

Puis vinrent les triduanes et l'examen dit point rigoureux. Ce dernier examen avait lieu à huis clos, dans la salle appelée le Conclave, et en présence de tous les professeurs rangés autour d'une table oblongue. Le candidat, debout et en robe rouge de bachelier, se plaçait, devant un pupitre, en face du président de l'acte. »

L'examen fini, le candidat était invité à passer dans une pièce voisine, d'où il était rappelé au bout d'un quart d'heure, pour entendre prononcer son admission ou son ajournement.

Quand le candidat, admis ou ajourné, se retirait, il trouvait, venant à sa rencontre, le secrétairegreffier de la Faculté, portant dans le Conclave, sur une assiette, autant de tartines de beurre qu'il y avait de professeurs, dans l'intention de faire croire que l'examen, qui avait pourtant lieu de midi à une heure, était constamment fait par des juges à jeun K

Desgenetles conquit ensuite ses gfades de lil cence et de doclorat, suivant les us habituels mais qui, à l'époque, étaient sensiblement diff^

]. Souvenirs de la fin du dix-huitième siècle (Paris, 1836), par-^ H. D. G., t. II, 36.

rents de ceux pratiqués un demi-siècle auparavant.

Molière a pu trouver dans les actes de la Faculté de Montpellier matière à plaisanter: car, la procession de la jnaison du lauréat à l'Université, les violons de la ville jouant la marche des apothicaires jusque dans la salle royale, la chaîne de cuivre, l'anneau de même métal, qui complétaient l'investiture, tout cela existait encore, en 1750, à Montpellier. Mais si nous convenons que le cérémonial devait paraître un peu archaïque et anachronique, à la veille de l'orage révolutionnaire, nous nous prenons à regretter ce qu'il y avait de véritablement paternel, et ^confraternel à la fois, dans le dernier acte de la réception du nouveau docteur.

On avait alors, il faut le reconnaître, l'impression d'entrer dans une grande famille, dont tous les membres étaient mus par l'esprit de solidarité et de confraternité, alors qu'aujourd hui le nouveau docteur cherche, dès qu'il a quitté les bancs de l'Ecole, à s'affranchir des derniers liens qui l'unissent à VAlma mater.

APPENDICE

LA VIE DÉTUDIANT

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