‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 82 sur 134 · JEAN-JOSEPH SUE · texte numérisé non relu

JEAN-JOSEPH SUE

Professeur d'analomie (1710-1792).

dans leur état naturel ; on les disséquoit ensuite pour en démontrer la structure. Il présentoit aussi ces mômes parties bien desséchées et bien préparées, et enfin gravées sur de grandes feuilles et bien enluminées.

Au commencement du printemps, Tenon don-

MœURS INTIMES, IV.

noit, à Saint-Gôme, un cours particulier de pathologie et de maux d'yeux.

En mai et en juin, les mercredis et samedis, Brasdor professoit à Saint-Côme la thérapie à onze heures du matin, et Hévin à trois heures d'après-midi.

Au mois de juin, Macquer commeriçoit son cours de chymie ; pendant la leçon, l'on préparoit toujours, dans un appartement séparé par une grille, des opérations, expliquées ensuite par RoëH, apothicaire.

A la même époque, Jussieu enseignoit la botanique au Jardin du roi, partie dans sa classe, partie dans le jardin, auprès des plantes ; Louis, la physiologie, à Saint-Gôme, le matin, et Bordenave l'après-midi; Fabre et Tenon, la pathologie, au même endroit, l'un le matin, et l'autre l'aprèsdînée, deux fois seulement par semaine, le mardi et le vendredi, jusqu'au mois de novembre.

Les mardis et jeudis, à une heure et demie d'après-midi, Pean démontroit, à Saint-Gôme, les accouchements aux élèves en chirurgie, et Barbeau, aux sages-femmes, les mercredis et samedis, à onze heures du matin.

En mai et juin, les lundis, mardis et vendredis, |i| à onze heures du matin, Gendron traitoit des

.1. Rouelle.

LA VIE d'Étudiant a la fin du règne de louis xv 259

maladies des yeux ; il démontroit toutes les parties de cet organe de deux manières, anatomisées et gravées en couleur sur de grandes feuilles. Les maladies des yeux sont représentées en émail.

Pendant l'hiver, les lundis, jeudis et samedis à onze heures, il y avoit un cours gratuit de physique expérimentale au collège de Navarre ; le professeur et les instruments sont sur une estrade un peu élevée et environnée de gradins, sur lesquels s'asseyent les auditeurs.

On donnoit des leçons à l'Ecole de médecine, six jours par semaine, d'abord pour l'anatomie et la pathologie, ensuite pour la chymie. Le professeur d'anatomie lisoit, pendant une demi-heure, son texte latin ; quand il avoit fini, le démonstrateur présentoit les objets même dont on avoit parlé, et faisoit les explications en françois: c'étoit toujours Leroux qui faisoit les expériences de chymie.

La même marche s'observoit pour les opérations chirurgicales : le professeur Dionis parloit latin ; tout ce qu'il disoit étoit répété en françois par Franc, démonstrateur.

L'après-midi, à la même école, M. Millin don- [noit aux sages-femmes des leçons anatomiques [d'accouchemens ; il avoit Goubelly pour démonstrateur. Voilà rénumération des cours publics et fratuits.

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Les professeurs, principalement ceux de médecine et de chirurgie, donnoient beaucoup de leçons particulières, quoiqu'il semble que les cours publics doivent suffire. Aussi suit-on ces leçons moins pour apprendre la théorie, que pour acquérir un peu de pratique, et procéder par soimême aux opérations chirurgicales.

C'est cette considération qui me détermina à souscrire promptementchez MM. Dubut et Dumai pour un cours d'opérations en chirurgie, afin de manier journellement le scalpel sous leurs yeux, et pour un cours d'accouchement chez M. Solairis ^ afin d'apprendre les opérations nécessaires quand l'enfant se présente dans une mauvaise position.

M. Didier, savant chirurgien, enseignoit tout ce qui concerne les maladies des os. On peut, moyennant 30 livres, disséquer un cadavre entier chez M. Riel, et assister à la leçon. M. Sue, au contraire, prenoit 100 livres pour un cours d'anatomie, qui ne duroit que quatre mois.

Guérin et F'errand donnoient des leçons particulières, l'un pour les maladies des yeux, et l'autre pour les opérations chirurgicales. Quant 3,*| aux accouchemens, il n'y a pas moins de six pro- ^| fesseurs qui en donnent des leçons particulières.

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