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LA VIE D ETUDIANT A LA FIN DU REGNE DE LOUIS XV

malades, principalemenl des enfants qui sont couchés quelquefois quatre dans un lit. Dans l'étage supérieur, on voit les malades qui ont besoin de l'office des chirurgiens ; au-dessus, les femmes en couche, ou qui n'attendent que le moment. Les malades des deux sexes sont servis par des prêtres et par des religieuses.

On apporte le manger sur des tables : et on le distribue aux malades dans des écuelles.

Chaque lit a sa chaise percée couverte. De grosses lampes éclairent les chambres pendant la nuit.

Quand un malade meurt, on le porte dans la salle des morts, où ils sont ensevelis dans de la toile d'emballage. On sépare soigneusement ceux qui sont morts le matin ou l'après-midi. Le nombre des morts se monte ordinairement de dix à vingt par jour, et celui des malades quelquefois à trois mille, dont deux mille soignés par les médecins, et mille pansés par les chirurgiens.

Le 1^*^ mars 1771, on comptoit à l'Hôtel-Dieu de Paris trois mille neuf cents cinquante malades, et trois mille sept cents huit la semaine suivante.

L'hôpital de la Charité est plus propre et plus beau que l'Hôtel-Dieu, mais bien moins considérable. M. Sue, qui en est économe, donne des billets pour y être admis.

L'Hôtel des invalides, où l'on entretient les

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vieux soldats estropiés, â une grande salle pour les malades, et est situé à l'extrémité occidentale de la ville, sur la gauche de la rivière; l'église, qui est très grande, a un chœur fort beau, ol extrêmement élevé, revêtu de différentes espèces de marbre; au milieu, est une espèce de caveau où le roi seul a la permission d'entrer. C'est pourquoi il y a une sentinelle comme aux portes d(> l'hôtel. Cette garde est en partie composée de vieux soldats estropiés. Non loin des Invalides est l'Ecole militaire.

Bicêtre, hôpital où l'on traite les maladies vénériennes, est hors l'enceinte de la ville. On ne peut y entrer sans une permission.

Le Jardin du roi ou des plantes, dirigé par le savant Thouin, est très vaste, et consiste en deux longues portions de terrains environnés de charmilles. Les plates-bandes sont bordées en buis. Le bas du jardin est un bois agreste, composé de toute sorte d'arbres. Sur le côté sont les orangeries et les serres, devant lesquelles on a ménagé un espace pour y transporter en été les pots et les caisses, avec plusieurs petits carrés envi ronnés de taxus pour les plantes. Ces bâtimei sont dominés par une hauteur, sur laquelle trouvent une couple (sic) de serres, le logement dl jardinier, et différentes pièces où l'on conserve h

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semences : au-delà, et toujours sur la même éminence, il y a des allées, un petit bois et une monticule assez élevée {sic) pour que, du sommet, on découvre tout Paris.

Le même jardin est borné, du côté de la rue, par le cabinet d'histoire naturelle, composé de plusieurs salles; la première renferme différentes espèces de bois, d'écorces, de semences, de racines, de fruits et autres objets semblables, dans des flacons et dans des armoires vitrées, avec les noms en françois. .

La salle suivante offre une magnifique collection de pierres, dans des armoires et sur des tablettes disposées en gradins.

Il y a des pétrifications et beaucoup de différentes espèces de marbres polis.

Dans la troisième salle on voit des oiseaux. Les armoires sont divisées en trois parties : la partie inférieure contient les nids et les œufs des oiseaux ; les deux supérieures, les oiseaux mêmes, avec des coraux et des coquillages, ainsi que des insectes dans les tiroirs dç verre quarrés.

Dans la quatrième salle les amphibies sont suspendus au plancher. J'y remarquai la peau du zèbre apporté du Cap par La Caille, et que l'on a empaillée. On y conserve aussi des insectes, des poissons, des vers dans de l'esprit-de-vin; la chambre destinée aux préparations anatomiques

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n'étoit pas encore achevée. Ce cabinet s'ouvre les mardis et jeudis, depuis deux heures jusqu'à ciii€{. Il y a dans chaque salle une sentinelle qui ne laisse entrer que les gens bien mis.

Les botanistes entrent partout, et le jardin forme une promenade publique. Les charmilles sont formées de buis, d'if, d'orme, de houx, de tilleul, de cornouiller mâle, de chèvrefeuille, de cerisier, de gaînier, de liciet de Chine, de coronille des jardins, de lilas, d'érable commun et de troëne.

Les arbres les plus remarquables de ce jardin sont l'érable plane, l'érable de Montpellier, l'érable commun, le chêne yeuse, le chêne à cochenille, le cyprès, le genévrier de Bermude, l'if, l'orme, le tilleul, le marronnier, le gainier, le filaria, le platane^ le poirier, le cognassier, etc.

L'eau de la Seine qui traverse la ville incommode souvent les étrangers, auxquels elle donne la diarrhée, par la craie qu'elle dissout.

Chaque matin, les tombereaux emportent les ordures, que les balayeurs rangent au coin des bornes.

Les maisons sont, pour la plupart, couvertes en ardoises et assez obscures, parce que l'on perce les fenêtres dans l'intérieur même de la muraille, ce qui ne contribue pas non plus à embellir rex-

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