Mémoires, t. I
Pringle, un jour qu'il visitait le musée de cire de Mlle Biheron. Et cette opinion était l'écho de l'admiration publique.
Grimm^, le chroniqueur le mieux informé de son temps> ne manque pas de lui consacrer une mention dans ses tablettes : « Elle avait, dit-il, beaucoup de netteté dans les idées et faisait des démonstrations avec autant de clarté que de précision. » Puis il nous communique ces détails sur la dame :
« Cette fille, âgée de plus de quarante ans, pauvre, subsistant d'une petite rente de douze à quinze cents livres, infiniment dévote d'ailleurs, a eu toute sa vie la passion de l'anatomie. Après avoir longtemps suivi la dissection des cadavres dans les différents amphithéâtres, elle imagina de faire des anatomies artificielles, c'est-à-dire de composer non seulement un corps entier avec toutes ses parties internes et externes, mais de faire aussi toutes les parties séparément dans leur plus grande perfection. Si vous me demandez de quoi sont composées ces parties artificielles, je ne pourrai rien répondre ; ce que je sais, c'est qu'elles ne sont pas de cire, puisque le feu n'a pas d'action sur elles ; ce que je sais encore, c'est qu'elles n'ont aucune odeur, qu'elles