‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 99 sur 134 · Jeannel, la Morale de Molière · texte numérisé non relu

Jeannel, la Morale de Molière

KONTENELLE

(D'après une peinluie de Voiriot, gravée par P. -G. Langlois)

C'est alors que Molière intervient et flagelle, on sait avec quelle vigueur, ces Précieuses ridicules, que Boileau, avec son robuste bon sens, achèvera d'accabler, dans des vers qui ne sauraient trouver meilleure place :

D'où vient qu'elle a l'œil trouble et le teint si terni ?

C'est que, sur le calcul, dit-on, de Cassini,

Un astrolabe en main, elle a, dans sa gouttière,

A suivre Jupiter passé la nuit entière.

Gardons delà troubler: sa science, je croi,

Aura pour s'occuper ce jour plus d'un emploi ;

D'un nouveau microscope on doit, en sa présence,

Tantôt, chez Dalencé, faire l'expérience;

Puis, d'une femme morte avec son embryon

Il faut, chez du Verney, voir la dissection ^

Guichard-Joseph du Verney était le grand anatomiste à la mode.

Il n'avait pas seulement des connaissances profondes dans la science qu'il professait; ce qui contribua, au dire de Fontenelle-, à le mettre promptement en vogue, ce fut « l'éloquence avec laquelle il parlait sur ces matières... C'était un feu dans les expressions, dans les tours et jusque dans sa prononciation, qui aurait presque suffi à un orateur. Il n'eût pas pu annoncer indifférem-

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