FIO. 23. — LE BAIN DE L'HOTE
écrit Paul Mcyer, faigait partie, jadis, des soins dus par une hospit^lit/î attentive. Au moyen Age, les d/itails de ^hospitalit<'^
gendrait des abus, on ne tarda pas à la supprimer. Ce n'est pas que la nudité effarouchât nos ancêtres; pas plus la' nudité du lit que la nudité du bain pris en compagnie n'offensait leur pudeur : dans un manuscrit du moyen âge, il est question de soixante « bacheliers », qui se baignent et ont chacun une « pucele » (1) pour les servir. Les « puceles » n'étaient rien moins que des filles de comte.
Durant presque tout le moyen âge, on s'est couché nu : les chansons, les miniatures, textes et images
tels que le coucher et le bain, étaient laissés aux femmes. Mais on comprend que, dans une société à certains égards beaucoup plus libre que la nôtre, non seulement en paroles mais en actions, ce qui était à l'origine un traitement purement hygiénique ait conduit à des abus. » [Romania, IV, 394.)
(1) Sur le massage du chevalier par les « puceles »,v.Méray, la Vie au temps des Cours d'amour, p. 255.
Là est Lancelot arrivez
Et lorsqu'il est venuz,
Quant il fu despoilliez et nuz,
En une haute et belle couche,
La pucele soef le couche
Puis le baigne, puis le conroie.
{Le Chevalier de la Charetle, p. 178, cité par Gay, Glossaire.) La figure 23 reproduit la scène : le personnage est couronné d'un chapel de roses par une « pucele », tandis qu'une autre lui masse le bras et qu'une troisième lui apporte une coupe à boire. Il n'est pas jusqu'au personnage qui soufffe le feu qui n'ait son utilité. La scène est d'un réalisme naïf, qui n'est pas sans charme.
en un mot (1), sont là pour en témoigner. Nobles ou bourgeois commençaient à se vêtir sur le lit ; ils y passaient leurs chemises, leurs braies et aussi leurs chausses (2).
A peine levés, ils appelaient leurs meschins ou va-