FIG. 32. — LE BAIN DE PIEDS
(D'aprè.s Albert Durer).
Outre les bains réservés à Tun des sexes, tel que celui dont nous venons de faire la description, les
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bains communs étaient fort nombreux : (1) hommes et femmes du peuple s y baignaient, presque entièrement nus.
Dans les classes aisées, les femmes portaient une sorte de tablier; les hommes, un linge de bain (2); des spectateurs venaient assister à ces scènes.
(1) A Plombières, au dire de dom Calmet, « on se baigne indistinctement, hommes, lemmes, filles, hommes de guerre, prêtres, religieux et religieuses dans le même bain: on sue dans la même étuve ; on y prend la doiige (douche) la chair nue ; on est assis dans les bains l'un auprès de l'autre, et, dans rétuve, on est, pour ainsi dire, l'un sur l'autre sans lumière, presque nus, dans un espace de dix à douze pieds. Bien des gens y trouvent beaucoup d'indécence ». Il y avait cependant peu dabus : « il est vrai, ajoute Calmet, que comme tout cela se fait à la vue de tous les baigneurs, s'il arrivait la moindre légèreté ou la moindre liberté, tout le monde crierait ou huerait, et on chasserait le coupable ». J. 1). Haumonté, Plomhièrea ancien et moderne^ par Jean Parisot; Paris, Champion, 1905, p. 58.
(2) En Suisse, écrit Drantômc (t. IX, 299), <( les hommes et femmes sont pesle-meslc aux bains et estuves sans faire aucun acte déshonncste, et en sont quittes en mettant un linge devant: s'il est bien délié, encore peut-on voir chose qui plaist ou déplaist, selon le beau ou laid ». La nudité, d'ailleurs, nous croyons l'avoir déjà dit, netVarouchait pas nos ancêtres, qui se faisaient de la pudeur une idée toute différente de celle que nous nous en faisons. Voici, à cet égard, quelques textes du commencement du dix-seplième siècle, particulièrement expressifs à cet égard. Parcourons le récit du voyage du sieur Giustiniani, dont M. RoDOCANACFii a publié la narration : « Le marquis, ditil, se prit à contempler le paysage; soudain, la porte à laquelle
Certaines villes n'étaient réputées que pour la distraction qu'offrait pareil spectacle : Bade, par exemple, capitale assez opulente d'un petit comté allemand devenu suisse, au moment où le célèbre Pogge la visita.
A entendre ce dernier, les baigneurs du Bade helvétique étaient des gens pleins de santé, en quête de sensations d'amour et de voluptueuses impressions.
Les amants, les galants, les femmes sensuelles, celles qui, stériles, aspiraient à la fécondité, ou celles qui désiraient seulement montrer leurs riches étoffes d'or et d'argent, tout un monde bruyant, avide de
il était adossé s'ouvrant, il faillit tomber à la renverse et deux superbes filles, d'au moins dix-huit ans, entièrement nues et les cheveux dénoués, en sortirent le plus tranquillement du monde, pour aller, de l'autre côté de la cour, prendre un bain dans le lac ». Voyages et Aventures du sieur Giusliniani, p. 55. Voici, d'autre part, ce que nous relevons, dans le Voyage de France, de Sébastien Locatelli, à peu près de la même date. Arrivé à Turin, notre voyageur se rend au Vieux-Parc ; « ... Les amants s'y promènent par couples, et les dames y passent le temps avec les cavaliers, parmi les baisers et les galanteries. Ces gens-là cherchent toujours les endroits où personne ne se promène ; si les dames ne veulent J)as être connues, elles se cachent sous un petit masque de velours noir avec un léger voile blanc. Au milieu du parc coule la Doire, de petites murailles de marbrje la bordent à certaines places. Les dames vêtues de taffetas blanc, noir ou d'autre couleur, vont s'y asseoir sur des sortes de petites banquettes, dans l'eau qui leur vient alors au cou ; elles restent là quelque temps en causant avec leurs cavaliers et, quand elles sont au bain, tout le monde les peut aller voir librement. » Voy. cité, p. -i.
plaisir, se pressait, à la saison estivale, dans cette station balnéaire adoptée par la mode.
Pogge s'était rendu à Bade en l/i15, de la ville de Constance, où se tenait le Concile chargé de donner un successeur à Jean XXIIÏ, dont le spirituel Florentin était le secrétaire apostolique.
Le secrétaire apostolique ne fut pas le seul des personnages ecclésiastiques à se permettre cette distraction mondaine ; il conte avoir aperçu aux bains de Bade nombre de tonsures monacales, qui ne craignaient pas de s'y montrer, en compagnie des sirènes enchanteresses do l'endroit.
A Bade, il y avait des bains publics et des bains privés. Deux des réservoirs livrés au public servaient de lavoir à la plèbe et aux petites gens.
Dans ces banales piscines s'entassent pêle-mêle hommes et femmes, jeunes garçons et jeunes filles, s'ébaltant en toute liberté. Une cloison intérieure sépare, il est vrai, les deux sexes ; mais il n'en est pas moins risible — selon l'expression du Florentin — de voir entrer dans l'eau des vieilles décrépites, en même temps que des jeunes filles, les unes et les autres entièrement nues et montrant à tout le monde leurs hanches, leurs reins et le reste (1).
Les bains des maisons particulières — car chaque
(1) Les Bains de Ikide au (quinzième siècle, par Bogge, Florentin ; scène de mœur:5 traduite en français pour la première fois par Antony Mékay; Paris, Académie des Bibliophiles, 1868.
maison possède à l'intérieur des bains particuliers, à Tusage desquels ont seules droit les personnes qui viennent y loger, — ces bains privés sont plus propres et plus décents que les bains publics.
Est-ce une plaisante ironie de notre conteur ? On serait assez disposé à le croire, en lisant la suite de son récit.
« Les deux sexes, poursuit le narrateur, y sont également séparés par une cloison, mais cette séparation est criblée de petites fenêtres, qui permettent, aux baigneurs et baigneuses, de prendre ensemble des rafraîchissements, de se causer et de se caresser la main selon leur habitude favorite.
« Au-dessus du réservoir général sont établis des promenoirs, qui permettent aux hommes d'aller regarder les dames et de plaisanter avec elles. Chacun est libre de passer dans le bain des autres et d'y venir examiner, causer, brocarder pour se récréer l'esprit. On peut à sa fantaisie se placer de manière à voir l'entrée à Teau et la sortie des baigneuses qui se montrent à peu près nues ; ces dames n'observent aucune précaution préliminaire ; elles ne redoutent aucun danger et ne soupçonnent pas la moindre indécence dans cette naïve façon de prendre les eaux.
(( 11 y a même plusieurs de ces bains particuliers où le passage qui mène à l'eau est commun aux deux sexes, de sorte qu'il arrive très fréquemment qu'une
femme dévêtue se heurte à un homme dans le même état de costume et réciproquement. Le costume des hommes consiste en un simple caleçon ; celui des femmes est un léger vêtement de lin ouvert sur le côté, sorte de peignoir transparent qui ne voile nullement, d'ailleurs, ni le cou, ni la poitrine^ ni les bras.
« Elles font souvent dans Peau des repas en piquenique, servis sur des tables flottantes, auxquels les hommes sont invités. » . ' "
Bien qu'on l'en prie très vivement, Pogge refuse l'invitation, non par « excès de pudeur et de sauvagerie », mais parce qu'ignorant la langue du pays, il eût semblé ridicule, en restant « muet comme un poisson et sot comme si on lui eût coupé la langue ».
Deux de ses amis, plus hardis, se mettent à Teau à côté de ces aimables baigneuses, à qui ils prodiguent joyeusement les caresses, a buvant et mangeant avec elles, sans aucune préoccupation. Ils ess^ayèrent de prendre part à la conversation par interprètes ; l'essentiel était qu'ils fissent du bruit avec leurs lèvres ».
Tout cela peut nous paraître bizarre, cette promiscuité nous choque, mais il ne faut pas oublier que le moyen âge avait moins de délicatesse et que la pudeur n'était pas aussi chatouilleuse qu'elle l'est de nos jours.
« Une telle simplicité de manières, la bonne foi avec laquelle les maris laissent caresser leurs femmes
aux étrangers » remplissent néanmoins d'étonnement notre voyageur. « Rien ne les émeut, écrit-il à son correspondant ; rien ne les trouble ; ils prennent tout cela du bon et du meilleur côté. Une entreprise d'amour, si téméraire qu'elle soit, devient aisée avec une pareille facilité d'humeur. Ces bons Allemands auraient fait d'excellents citoyens de la République de Platon, où tout devait être en commun. Bien que fort ignorants de la théorie, ils eussent été — n'en doutons pas — très experts dans la pratique. »
Passe pour les femmes en puissance d'un époux complaisant; mais, à Bade, on voit de « jeunes vierges, prêtes à marier et dans toute la maturité de la jeunesse, montrer leurs formes splendides sous le costume complaisant des déesses. Quand elles dansent ainsi avec leurs légères draperies de lin, voltigeant en arrière ou flottant sur l'eau, on les prendrait toutes pour la blanche Vénus en personne.
« La coutume de ces belles filles est de réclamer gaiement une récompense aux: spectateurs qui prennent tant de plaisir à contempler leurs jeux; aussi ne manque-t-on pas de leur jeter, surtout aux mieux faites, quelques petites pièces d'argent, qu^elles reçoivent dans leur court vêtement soulevé. Elles luttent alors entre elles et, dans leurs ébats, elles laissent quelquefois s'égarer le regard sur leurs charmes les plus secrets. On leur jette aussi des couronnes
de fleurs, dont elles ornent triomphalement leurs jolies têtes en nageant. »
Pogge passe son temps à courir d'un bain à l'autre et se plaît surtout à « jeter aux jeunes filles des écus et des couronnes, selon la mode du pays ».
Nous avons là un aperçu fidèle et piquant des mœurs du quinzième siècle. On pourrait, à première vue, douter de la véracité du conteur, mais d'autres témoignages corroborent celui de Pogge.
Il y eut, mais plus tard, dans les bains de certaines stations thermales, des lois très sévères, pour maintenir l'ordre, au double point de vue de la salubrité et de l'honnêteté. Ainsi Montaigne, qui visita, en 1580 et 1581, les plus fameux bains de la France et de l'Italie, y cherchant la guérison de sa gravelle, rapporte tout au long les instructions que le bailli des Vosges faisait publier tous les ans, au nom du duc de Lorraine, pour la police des eaux de Plombières.
Dans ces instructions et statuts, rédigés en allemand et en français, affichés devant le grand établissement des bains, il y avait trois articles, concernant les mœurs, que voici :
« Prohibition est faite à toutes filles prostituées et impudiques, d'entrer auxdits beings ny d'en approcher de cinq cents pas, à peine du fouet ; et sur les hostes qui les auront reçues ou recelées, d'emprisonnement de leurs personnes et d'amande arbitraire.
« Soubs mesme peine est défendu à tous user, envers les dames, damoiselles et autres famés et filles, estant auxdits beings, d'aucuns propos lascifs ou impudiques, faire aucuns attouchements deshonnestes, entrer ni sortir desdits beings irréverremment contre l'honnesteté publique.
« Et parce que, par le bénéfice desdits beings, Dieu et nature nous procurent plusieurs guerisons et soulagemens, et qu'il est requis une honneste mundicité et pureté pour obvier à plusieurs contagions et infections qui s'y pourroient engendrer, est ordonné expressément au maistre desdits beings prendre soingneuse garde et visiter les corps de ceux qui y entreront, tant de jour que de nuit, les faisant contenir en modestie et silence pendant la nuit, sans bruit, scandale ni dérision. Que si aucun personnage ne lui est à ce faire obéissant, il en face prompte délation au magistrat, pour en faire punition exemplairement. »
Le moraliste n'ajoute aucune réflexion personnelle à la citation de ces statuts de bains, d'où Ton doit inférer qu'il ne les désapprouvait pas.
Si Montaigne a pu vanter l'excellente tenue des bains de Plombières et de Bade et les recommander aux dames qui veulent « se baigner avec respect et délicatesse », un contemporain de Montaigne se montre beaucoup moins élogieux. Le docteur Panta-
leoni, médecin des eaux de Bade, sans aller jusqu'à reproduire le tableau, peut-être un peu poussé à l'outrance par l'imagination du conteur florentin, avoue toutefois que la morale du pays n'était pas très sévère : pour remédier à la prétendue influence soporifique des bains chauds, on chantait des chansons, le plus souvent licencieuses. Les déjeuners ou autres repas pris dans le bain étaient de véritables orgies, précédées d'ailleurs du Benedicile et suivies des « Grâces n-
Un des amusements de ces collations était d'élire et de couronner un roi du festin. Un gentilhomme, qui avait une lettre de recommandation pour une comtesse française, fut reçu par elle dans sonbain^, où elle se tenait assise, le buste nu, hors une chaîne d'or au cou et une paire de bracelets. Deux garçons et une fille d'environ treize ans étaient également tout à fait nùs.
Un voyageur, qui visita Bade une vingtaine d'années après Montaigne, nous fait de cette station une description qui diffère peu de celle de Pogge.
Hommes et femmes, dans un déshabillé des plus sommaires, se réunissaient au même bain, pour jouer, boire et manger ensemble, sous les yeux des spectateurs qui, du haut des promenoirs, contemplaient leurs ébats. Et, en manière de conclusion, le voyageur proclame les bains de Bade « un second pa-
radis, le séjour des Grâces, Tasile de l'Amour, le théâtre du Plaisir (1) ».
Cette coutume de prendre le bain en commun est à peu près générale à cette époque; elle s'observe aussi bien dans les habitations privées qu'aux étuves.
Sans trop s'inquiéter de la décence, les membres de la famille se baignaient dans le même baquet de bouleau ou de sapin. Quand l'eau tiède était versée dans la cuve du foyer hospitalier, l'hôte n'hésitait pas à y entrer en présence de ses nombreux amis (2).
Prendre le bain avec son prince était un honneur vivement ressenti par celui qui en était gratifié. Les fabliaux ne manquent pas de blâmer, à cette occasion, l'abus que firent certains monarques de ce privilège, qui, trop souvent, ressembla au droit de jambage ou de culage. Le Lai d'Eqiiitan^ composé par la spirituelle Marie de France, nous parle d'un roi qui, après avoir séduit la femme de son sénéchal, s'accorde avec la coupable, pour faire entrer par surprise son fidèle serviteur dans un bain d'eau bouillante, pendant que, de son côté, le roi entrerait dans un bain d'eau tiède.
(1) Voyages et Voyageurs de la Renaissance, par Ed. Bon- NAFFÉ, p. 138.
(2) La Vie au temps des Cours d'amour, par Ant. Méray, p. 277.
La dame fet les bains tremper Et les deux cuves aporter ; Devant le lit, tout à devise, A chacune des cuves mise, L'aue (l'eau) bouillant fet aporter, Où li senescal deust entrer.
En attendant Tarrivée de son mari, et pour passer le temps,
La dame vient parler au rei [roi], Et il la mist de juste sei.(so/) ; Sur le lit al seigneur couchèrent.
Et déduisirent et devisèrent...
Le sénéchal s'empresse de se rendre au bain que lui offre son maître. Une servante veillait à la porte, pour empêcher qu'il entrât sans prévenir, ce qui arrivait souvent dans un temps où l'étiquette n'existait guère que dans les cérémonies publiques. Cette précaution put à peine retarder d'un instant la grande hâte de l'époux trompé. Le roi surpris, pour éviter Tesclandre, sauta prestement du lit dans le bain ; par malchance, il se trompa de cuve et, cette fois au moins, le vice reçut son châtiment (1).
Quand les époux ou les amants prenaient ensemble le bain, la fête n'était pas complète sans accompa-
(1) La Vie, au Xemps des Trouvères, par Ant. Méray, p. 37-39.
gnement de musique et de rafraîchissements. A côté de la baignoire se tenaient des ménétriers sonnant de leurs instruments, comme on peut le voir dans une des gravures qui ornent les premières éditions lyonnaises du Compost des bergiers. (fig. 34).
Dans cette image naïve, que nous reproduisons d'après l'original, les deux époux ou les deux amants ont, devant le cuvier de bois où ils délassent leurs membres nus, une table toute servie, qui leur permet de prendre le repas sans sortir de l'eau, pendant que trois jongleurs jouent, en leur honneur, de la cornemuse, de Idiguiîerne et du rebec.
Un grand nombre de vignettes de manuscrits, des quatorzième et quinzième siècles, nous montrent des personnages prenant des bains dans des sortes de cuviers (1) de bois installés dans une chambre.
Chez les particuliers, ces cuviers servaient de baignoires, que Ton plaçait dans une chambre lorsqu'on voulait se baigner : on appelait cela tirer le bain. «... Il fit tantosttirer les bains, chauffer les estuves; » cette expression se trouve dans un passage des Cent nouvelles nouvelles : « un jour entre les autres, Madame eut voulenté de soi baigner, et fist tirer le baing et chauffer les estuves en son hostel. »
(1) Nous ne ferons que rappeler, à ce propos, le Conte du Cuvier, qui date du treizième siècle. (Voy. l'extrait qui en est donné dans le Recueil de fabliaux des douzième et treizième sièclea, t. III, p. 135).
Pour compléter une bonue réception et honorer grandement ses hôtes, on ne pouvait leur offrir rien de mieux, après le repas, que le bain pris en société.
Le 10 septembre l/i67, l'épouse de Louis XI est invitée à dîner chez le président du Parlement. Elle
FIG. 34. — Lt!5 l'LAlSIHS L>U BAIN AU XIV® SIKCLK-
(D'après un almanach du temps.)
s'y rend, accompagnée de sa sœur, Bonne de Savoie, et de plusieurs dames de la cour.
Elles furent très bien « reçues et festoyées » , dit une chronique du temps(l); mais ce qu'on admira le
(1) La Chronique scandaleuse du roi Louis XL (Collection Michaud et Poujoulat, 1" série, t. iV, vers 1490. (Attribué à Jean de
plus, ce fut l'attention délicate qu'avait eue l'amphytrion, de faire préparer pour ses hôtesses de marque (( quatre moult beaux baings et richement aornez », pensant que la reine s'y plongerait. Par malheur ou diplomatie, elle se sentit « un peu mal disposée et aussi le temps estoit dangereux ».
L'une dos baignoires préparées fut occupée par Mme de Bourbon et Mlle Bonne de Savoie, tandis que Mme de Montglat et Perrette de Châlons, bourgeoise de Paris, se mettaient dans l'autre, où, ajoute le choniqueur, « elles firent bonne chière ».
Cette mode d'offrir le bain à ses convives était tellement dans les mœurs de la bonne société, que le panelier du roi, ayant à recevoir Louis XI, lui fit préparer un bain « honnêtement et richement attintelé ». Mais, comme il était enrhumé ce jour-là, le roi s'abstint de se mettre dans l'eau.
Etait-ce un prétexte imaginé pour les besoins de la cause ? Quoi qu'il en soit, Louis XI croyait à la vertu médicatrice des bains, dans des circonstances déterminées. Des pièces d'archives témoignent que ce roi usait fréquemment de bains de* vapeur et de bains chauds (1). Quand on sait que la médecine du
Roye, serviteur de la maison de Bourbon). Ces Chroniques, monument authentique du règne de Louis XI, sont dites scrt/2d«/eu«es, parce qu'elles enregistrent les intrigues domestiques, les amourettes, l'histoire des maris trompés, des femmes infidèles, en un mot, les scandales de la société de l'époque. (1) On conserve, au musée de Glermont-F'errand, une pièce
moyen-àge recommandait ces sortes de bains, surtout les premiers, contre les convulsions et que l'on