FIG. 58. — SERVANTE- DE BAIN, APPORTANT LA COLLATION
(D'après une estampe en couleurs).
[Collection)CT. Hartmann
La libre concurrence avait encouragé les spéculateurs. C'est ainsi que furent fondés, en 1799, les Bains de Tivoli, par Jurine et Triayre (1), au n*' 88 de la rue Saint-Lazare.
Aux bains Tivoli se rendent les personnes « vraiment distinguées », qui vont y soigner leurs nerfs fatigués, leurs spasmes et leurs « nébulosités de cerveau ». Des voitures élégantes, des laquais galonnés encombrent les avenues qui y conduisent. Une petite-maîtresse doit pouvoir dire : « Je viens de chez Le Roy — la marchande de modes de la rue Richelieu; de chez Despeaux — Thabile faiseuse du passage des Panoramas, ou des bains de Tivoli ».
La spécialité de la maison est le bain nuptial.
Le bain nuptial coûte ordinairement un louis ; il est spécialement destiné aux hommes à la veille de se marier et qui ne veulent pas rester au-dessous de ce qu'on attend d'eux. C'est un bain aromatisé par des vins étrangers généreux, tels que l'alicante, le vin de l'Ermitage, qui passent pour « confortatifs ».
Le bain est suivi d'une collation stimulante, dont le menu est savamment composé : truffes cuites dans du vin de Champagne, sirop de bouillon de veau, pain de fécule de farine, émincé de gigot à la sauce tomate.
(1) Lefeuve, Histoire des Maisons de Paris, t. II (rue' Saint- Lazare) p. 394 ; Tableau des hôtels garnis (1817), p. 158 (cote de la Bibliothèque Lk*'' 6127) ; les Bains de Paris, de Cuism (1822) t. I, p. 92.