‹ Moeurs intimes du passé (volume 4)Chapitre 38 sur 48 · LES BAINS PERSANS · texte numérisé non relu

LES BAINS PERSANS

Entre les baÎQS égyptiens et les bains persans — bien que les deux pays soient musulmans — existe une différence importante.

Les bains persans, si nous nous en référons à la description d'un médecin de Tauris (1), se composent d'une pièce d'eau figurant une vaste baignoire de 100 mètres carrés, où les baigneurs sont plongés jusqu'aux épaules. A côté, se trouve un réservoir, pour remplir cette sorte de piscine, ou pour en renouveler le liquide, si c'est nécessaire. L'eau de la baignoire est chauffée par une chaudière qui se trouve sous la pièce d'eau et dont le foyer est continuellement alimenté.

« C'est dans cette baignoire publique, écrit le docteur Pas- CHAYAN, que les gens prennent leur bain pêle-mêle. Les femmes y prennent aussi leur bain pêle-mêle et y lavent en même temps leurs enfants, qu'elles tiennent dans les bras; elles ne se contentent pas de prendre leur bain dans le même bassin que les hommes, mais encore elles apportent au bain leurs

(1) Archives orientales de médecine el de chirurgie, 2" année, II» 4.

lasses (timbale en cuivre) et prennent dans la baignoire un peu d'eau pour se laver la tête. C'est pour cette cause que Teau de la baignoire diminue ; on la remplace à mesure au moyen de la citerne. Si l'eau ne diminuait pas ainsi, il est probable qu'elle ne se renouvellerait pas même en partie. »

Les bains sont à la disposition des hommes jusqu'à midi, et après midi ils sont ouverts aux femmes.

« C'est à midi qu'on place dans la baignoire des Séhénks (espèce de cruche), pour ramasser les saletés et les ordures qui flottent à la surface de l'eau et qui entrent très facilement dans les cruches. Les lecteurs peuvent tirer de ces observations cette conséquence, que l'eau que contient le bassin ne se renouvelle jamais entièrement ; les débris lourds, les ordures, les saletés de l'épiderme du corps humain s'accumulent à chaque instant au fond de la baignoire. Les débris ainsi accumulés forment une couche fétide, putréfiée, septique et nuisible, d'une épaisseur de 30 à 40 centimètres, qu'on enlève tous les six mois... et on renouvelle en même temps l'eau de la baignoire ! »

On peut pressentir le rôle important que jouent, dans la diffusion des maladies contagieuses, les bains persans ; au lieu d'être un agent de propreté et de salubrité, ces bains constituent un véritable foyer d'infection et de contagion. Aussi, en Perse, la plupart des maladies de la peau, érysipèle, gale, eczéma, etc., de même que la syphilis, se propagent par les bains publics (1).

(1) Au Brésil, il existe, paraît-il, d'après certains auteurs et d'après les pécheurs indigènes, des poissons de petite taille capables d'attaquer l'homme. Parmi ces poissons, certaines espèces, appelées vulgairement candizu dans le pays, seraient capables à l'état jeune de se loger dans l'urèthre. Leur extraction serait rendue très difficile par suite des épines dont sont armés leurs opercules. Il est, par suite, dangereux de se baigner dans certaines eaux. Pour se mettre à l'abri du danger,

Le docteur Paschayan ajoute — nous lui laissons toute la responsabilité de son assertion — que « les jeunes filles et les femmes veuves deviennent enceintes, en prenant leur bain dans ces baignoires ; » car, dit-il, « jusqu'à midi, les hommes se trouvant dans le bassin, peuvent expulser leur sperme dans l'eau ; et, dans l'après-midi, les femmes, en se plongeant dans cette eau, s'exposent probablement aux dangers de devenir grosses ! »

En résumé, les bains persans seraient de véritables sources d'infection et d'inoculation, même spermatique .

les pécheurs indiens adaptent à l'extrémité du pénis une petite noix de coco, maintenue en place par un petit filet en fibres de palmier, qui est lui-même attaché à une ceinture de même tissu. Ces sortes d'étuis péniens sont sans doute analogues à ceux dont les Coniaguis (Haute-Guinée) « se coifîent », pour empêcher les hautes herbes de la brousse de leur blesser le gland.

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