FIG.JO. — DAME GRECQUE A SA TOILETTE
fums. L'artiste a, vraisemblablement, voulu expliquer le sens de ces préparatifs, en faisant présider par l'Amour cette scène gracieuse.
Ailleurs, une source jaillit de deux mufles de lion ; elle est placée sous un portique, supporté par trois colonnes doriques et surmonté d'un fronton. Deux baigneurs, un homme barbu et un tout jeune homme, reçoivent, sur la nuque et sur le dos, les jets d'eau
fraîche (fîg. 13). De chaque côté se tiennent deux éphèbes : Tun d'eux saisit une fiole, suspendue par un cordon à un arbre, en verse le contenu sur la main et se dispose à frictionner le corps de son camarade (1). La scène se passe en plein air.
Les femmes (fig. 12), se baignaient plutôt à l'intérieur d'un édifice en forme de portique, et recevaient sur le corps le liquide qui jaillissait des têtes de divers animaux ; elles étaient placées debout, plongeant dans l'eau jusqu'à mi-jambe.
Il y avait aussi des bassins en forme de piscines, où elles pouvaient nager, et qui étaient alimentés par de l'eau vive. Il existait cependant, dans certaines régions de la Grèce, des bains alimentés par deux sources, l'une froide et l'autre chaude, avec des bassins à ciel ouvert l'été et d'autres fermés pendant l'hiver. Platon, dont le témoignage est d'une grande autorité, rapporte qu'une tradition, basée sur les plus anciens monuments, constatait l'existence d'une île qui, recouverte à son époque par la mer, avait autrefois réuni tous les genres de délices, notamment les bains les plus recherchés : Partim sub divo, partim sub teclo.
' (( Deux sources intarissables, écrit Platon, Feau
(1) Nous renvoyons, pour l'iconographie des bains antiques, aux livres de Gerhard, de Tighben, au très précieux Répertoiredes vases peints, de M. Salomon Reinach, et au non moins utile Dictionnaire des Antiquités, de Daremberg et Saglio
froide, l'eau chaude, toutes deux admirables par l'agrément et la salubrité de leurs eaux, fournissaient à tous les besoins. Il y avait pour les bains des bassins découverts et des bassins voûtés. Il y en avait pour les rois et pour les particuliers ; d'autres, séparés, pour les femmes; d'autres, pour les chevaux et les bêtes de somme : chacun d'eux était disposé et décoré suivant sa destination »,
Sans doute s'agit-il, dans ce passage, de l'Atlantide, où existaient des bains distincts pour les princes, pour les riches particuliers et pour les femmes.
Fio. 11. — vfVpkmknts kt accessoires de bains, a l'kpoqce grecoue.
Si les bains étaient regardés en Grèce comme un moyen de fortifier le corps, on les considérait aussi comme capables de conserver et de rehausser les charmes du beau sexe.
La peinture sur vases nous renseigne encore sur cet épisode de la vie domestique chez les Grecs.
Ici, une suivante verse le contenu d'une hydrie sur le dos et les reins de sa maîtresse ; là, une autre femme, dépouillée de tout vêtement, intercepte de la main le jet d'eau froide qui s'écoule de la bouche d'un masque de Pan, fixé au mur, dans un bassin reposant sur un pied élevé.
Mais la peinture la plus intéressante est celle d'une amphore, conservée au musée de Berlin, et qui fait revivre à nos yeux Tinstallation complète d'une chambre de bains grecque.
L'architecture de la maison est du style dorique ; un rang de colonnes partage l'intérieur en deux pièces, dont chacune contient deux baigneuses. L'eau est poussée, au moyen d'une pression, dans des colonnes creuses, reliées par des tuyaux, à une hauteur de six pieds du sol.
Ces tuyaux devaient servir à la fois pour faire sécher le linge et pour le réchauffer. Des têtes de sangliers, de lions, de panthères, forment Pembouchure des robinets, d'où jaillit, en pluie fine, le liquide sur les différentes parties du corps des baigneuses. Celles-ci ont eu
LA VIE Aut BAINS
la précaution de natter et de rouler au sommet de la tête leurs cheveux, afin de pouvoir plus aisément se peigner, en sortant de la douche (1).