‹ Moeurs intimes du passéChapitre 4 sur 40 · X AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT PROPOS

ro^-ales, on devine comment était assurée la propreté de la rue : il y eut presque une émeute, à la veille de la Révolution, parce que le direcLcur général des bâtiments du roi avait eu l'audace g-rande de faire abattre, aux Tuileries, une allée d'ifs qui servait de retraite discrète aux promeneurs lourmentés par de pressants besoins, et parce qu'il avait fait construire à la place des latrines payantes !

Depuis que le peuple a conquis sa souveraineté, avonsnous le droit de nous targuer de plus de propreté ? Le spectacle que nous avons sous les yeux à Paris même, le Paris du vingtième siècle, n'est pas pour nous enorgueillir. Le tableau que nous fait un de nos confrères, au retour d'un voyage à l'étranger retrouvant ses lares parisiens, est rien moins qu'enchanteur; reconnaissons, en toute humiliation, qu'il n'est que trop conforme à la désolante réalité.

Lorsque, revenant de Befs^ique, d'Allemagne ou des pays du Nord, on rentre à Paris, écrit le docteur Mi-~ LiAN (1), on est désagréablement impressionné par l'aspect des rues et des maisons. Tout est sale et poussiéreux. Sur la chaussée, du crottin vieux de plusieurs jours se dessèche, se réduit en poussière et, soulevé par l'auto qui passe, voltige vers nos narines et se pose sur nos lèvres. Sur les trottoirs, des papiers partout chiffonnés, en feuilles, en boulettes, blancs, noirs, rouges, pour tous les goûts.

Il est curieux qu'une question de latitude transforme d'une manière si opposée les résultats d'une opération : à

(1) fievue des Hôpitaux, octobre 1908.

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